lundi 17 août 2015

"Entrée en soins psychiatriques": La répression des comportements par le statut d'esclave.

Par Luc.

Hospitalisation et soins forcés: un instrument de contrôle social

L' "hospitalisation sans consentement" n'est pas une hospitalisation, mais la perte de tous les droits de la personne (et pas seulement de la liberté), sous la forme d'une dégradation sociale pire que l'emprisonnement.

Le "soin sans consentement" n'est pas un soin, mais c'est une sanction, et une peine faite d'incapacitation, de punition et de rétribution disproportionnées par rapport à des actes et des comportements passés et/ou futurs présumés qui le plus souvent n'ont pas été jugés ni prohibés par la loi.

Psychiatrisation ou prison: une idéologie et une imposture.

La psychiatrisation forcée ou soins forcés est souvent présentée comme une alternative aux peines de prison. Les promoteurs de cette pratique la présentent comme "plus humaine" voire comme "plus scientifique". Je souhaite vous montrer combien ces vues peuvent être trompeuses et produire des aberrations. (En France, on parle maintenant d'entrée en soins psychiatriques.)

La loi définit les comportements interdits, ainsi que des sanctions proportionnées...

Toute société est confrontée au besoin de réprimer les comportements qu'elle considère inacceptables. En démocratie, les lois votées par les représentants des citoyens déterminent quels sont les comportements que la société punit ainsi que les peines encourrues. Les sanctions sont en principe proportionnées à la faute.

La sanction poursuit en principe les buts suivants:
- La rétribution: Les victimes et leurs familles sont dissuadées de se venger elles-mêmes par le sentiment qu'une punition proportionnée a été infligée à l'auteur.
- La dissuasion: La punition est supposée dissuasive vis à vis d'une récidive du comportement inacceptable et supposée servir d'exemple pour autrui.
- L'incapacitation: La prévention directe des récidives par empêchement. (dans ce cas: empêchemnt par des moyens physiques ou pharmacologiques).
- La réinsertion:  La réintégration professionnelle dans la société.

... Mais la psychiatrisation des comportements est anti-démocratique.

La corporation médicale définit certains comportements comme pathologiques, c'est à dire comme des maladies, en fonction des demandes qui lui sont faites, et pas au nom des citoyens. Ces définitions sont vagues, et subjectives (lisez le DSM pour vous en convaincre). L'existence biologique de ces maladies n'est généralement pas prouvée, mais ce sont seulement des hypothèses statistiques. Pourtant l'imposture consiste pour cette profession à vendre aux patients, aux familles et à la société ces hypothèses statistiques comme des maladies prouvées.

La définition des comportements pathologiques se moque des lois et de la constitution.

Pour établir ces définitions, la corporation médicale ignore les lois, la constitution, les droits de l'homme. Cette corporation n'admet nul contre-pouvoir, mais rejette d'emblée toute critique qui n'émanerait pas d'un de ses membres. 'Taisez-vous, vous n'êtes pas médecin." Le dogme sous-jacent à ces prétentions est le monopole médical de la science de l'homme, l'omniscience du praticien, l'omnipotence de la médecine.

Par exemple la constitution reconnait la liberté de croyance, mais le psychiatre voit dans une croyance minoritaire un signe clinique de schizophrénie.

La sanction du comportement pathologique est une dégradation sociale irrémédiable. Elle n'est pas proportionnée à la faute.

L'entrée en soins psychiatriques, qui est forcée, représente une dégradation sociale et une déchéance des droits de la personne humaine, une forme de sous-citoyenneté et d'esclavage moderne, une objectification de la personne humaine par le pouvoir médical, une domination du corps et de la volonté de la personne, un viol des limites du soi. Son objectif n'est pas la dissuasion des récidives mais la transformation de ce qu'elle considère comme sa propriété, la personne humaine, car elle considère la personnalité comme une maladie à corriger.

Le mépris des principes de justice les plus élémentaires, comme la présomption d'innocence.

En psychiatrie le comportement jugé inacceptable n'a pas besoin d'être manifeste ni de faire l'objet d'une enquête ou d'un jugement équitable, contradictoire. Car la logique médicale autorise à faire de la "prévention" et du "dépistage" des "personnes à risque" et de les "traiter", sans trop d'égard vis à vis de leur consentement ou de leur droit à l'information. Il suffit par exemple qu'un "diagnostic" antérieur ait été porté antérieurement par quelque collègue, généralement sans la moindre preuve biologique, pour que la personne soit coupable d'emblée, au mépris des principes de justice les plus élémentaires.

Non conscience de la faute, de ses conséquences, déresponsabilisation.

Avec la psychiatrie biologique l'auteur du comportement qui a nui à d'autres n'est responsable de rien. C'est le médecin qui est responsable de le traiter, mais pas lui-même qui devrait considérer les conséquences de ses actes. Il ne comparait pas, il ne voit pas s'exprimer les souffrances que ses comportements ont causé. Il n'y peut rien, c'est sa "maladie", ses "pulsions". L'auteur du comportement se considère malade, pas criminel. Il ne parvient pas à s'amender.

La sanction psychiatrique est interminable.

Comme la responsabilité est tranférée au médecin et n'est plus celle de l'auteur du comportement, on comprend que le médecin soit fort réticent à prendre le risque d'être responsable des récidives. Comme les diagnostics sont établis sans preuve biologique, on ne peut guère prouver non plus une guérison. Avec la psychiatrie, la sanction, même pour une faute mineure, devient interminable.

Un "traitement" qui est une lente destruction de la personne.

Le traitement va consister à éliminer la personnalité qui est supposément à l'origine  des comportements  qu'on estime inacceptables, et à créer une nouvelle personnalité différente, qui ne manifestera plus ces comportements. Si toutefois, la personne survit à ce bras de fer terrible. Si l'institution échoue à réaliser cet objectif, alors l'escamotage de la personne se transforme en disparition à vie, dans une sorte d'oubliette de donjon, financée au moyen de l'argent des cotisations obligatoires.

"Alors que les médicaments peuvent aider les personnes qui ont à vivre avec un être humain en détresse, ils ne font rien pour aider la personne qui les prend elle-même, et au fil du temps ils entraînent de sérieux préjudices. Les drogues sont simplement un moyen de contrôler le comportement que ceux qui ont le pouvoir trouvent indésirable. La psychiatrie est un moyen de répression commode." Bonnie Burstow. (ma traduction de l'anglais).

L'hospitalisation psychiatrique involontaire est un crime contre l'humanité (Thomas Szasz).

Ce que propose la psychiatrie est une incapacitation des comportements qu'elle définit arbitrairement comme pathologiques au moyen de la destruction de la personnalité de leur auteur. Voilà une perspective attractive aux yeux d'un certain nombre de parents, de conjoints, de voisins, d'enseignants, de professionnels de la sécurité, de juges et de politiciens ... A ceci près qu'elle représente un crime contre l'humanité.

La psychiatrie criminalise des comportements dont la plupart n'ont rien de criminel:

Voici quelques comportements qui ont pu faire diagnostiquer la personne comme ceci et comme cela, et affirmer son besoin de "soins":

- Ne pas fournir un travail.
- Etre handicapé.
- Décevoir les attentes familiales ou scolaires, entrer en conflit familial ou scolaire.
- Entrer en conflit avec son conjoint, divorcer.
- Entrer en conflit avec son employeur ou une organisation sociale, menacer de témoigner.
- Etre indigent, SDF, mendier.
- Consommer des substances hors prescription médicale.
- Refuser les soins et ne pas se conformer aux prescriptions médicales, conflit avec le personnel ou l'institution médicale.
- Choisir son alimentation, altérer ou modifier son propre corps ou son genre et disposer de sa vie ou revendiquer un de ces droits.
- Pratiquer des sexualités non conventionnelles.
- Manifester des opinions ou des croyances non conventionnelles, changer de religion.
- Manifester une dissidence politique.






Une société malade de la psychiatrie.

C'est ainsi que la médecine s'arroge le pouvoir de remplacer la pénologie, et crée pour cela un espace de non-droits de l'homme, d'opacité, géré par la profession elle-même, et l'entoure d'un glacis de peur et de non-communication. Cette psychiatrie coercitive manie l'hypocrisie en parlant de soins, de santé, de thérapeutique pour des pratiques qui s'apparentent à de la torture, elle alimente une propagande au moyen d'un jargon pseudo-scientifique, elle pratique le recrutement actif auprès des familles, elle fournit aux media un language de discrimination et des mythes de dangerosité, enfin elle se drape dans la dignité du service et du soignant.

J'ai honte de mon pays.

Un exemple, en France, avec les "Unités pour Malades Difficiles" ou UMD: Notez que les victimes de ce système ne sont pas des personnes humaines, mais des "malades", appréciés non pas comme des criminels objectifs mais comme des objets qui posent un souci de gestion. Rappelons que c'est la psychiatrie qui a inventé le terme "psychotique" pour désigner les internés involontaires qui refusaient de coopérer... Rien ne semble avoir changé vraiment depuis les asiles où l'on internait de force les malades et les indigents pour répondre à la demande d'hygiène sociale. J'ai honte pour mon pays et pour cette passivité générale qui fait qu'on tolère ces sinistres enfers où chaque jour des innocents sont torturés sans espoir pour crime de handicap, et par là même sont devenus quasiment esclaves et propriété de l'état.



L'entrée en soins psychiatrique est un statut d'esclave.

Si on ne veut pas risquer de devenir un sous-citoyen au nom de l'idéologie psychiatrique, il ne faut jamais demander une consultation psychiatrique. Si on aime ses proches et qu'on veut que leurs droits soient respectés, il ne faut jamais les faire consulter pour un motif psychiatrique, et cela dès l'enfance. Et c'est à vie.


Références:

Hickey Philip, 2016, Psychiatry and Crime.
http://www.madinamerica.com/2016/01/psychiatry-and-crime/

Szasz Thomas, 1997: Insanity: The idea and its conséquences.

Szasz Thomas, 2011: Suicide prohibition: the shame of medecine.

Burstow Bonnie, 2015: Psychiatry and the Business of Madness: An Ethical and Epistemological Accounting.

Breggin Peter, 2016, forced treatment is torture.
http://www.madinamerica.com/2016/06/forced-treatment-is-torture/

France, un rapport accablant de la controlleure générale des lieux de privation de liberté, 2016
http://www.liberation.fr/france/2016/05/25/un-rapport-fustige-les-derives-d-hopitaux-psychiatriques_1455035


jeudi 6 août 2015

mardi 30 juin 2015

Arrêt de la coercion psychiatrique et réparations selon les principes de l'ONU

Pour les victimes de la coercion psychiatrique, hospitalisation forcée ou traitement forcé, nous demandons:

- Toute la vérité. Ce qui se passe. Ce qui s'est passé. Les conséquences. Des excuses publiques, première étape de réintégration sociale, de justice et de guérison. Des réparations individuelles et collectives.

- Des réparations:

1) Restitution de la liberté et de la jouissance de tous les droits du citoyen et de l'usager.

2) Compensation pour les dommages économiques, physiques et mentaux causés par la coercion, en particulier perte d'emploi, d'éducation, pertes matérielles et morales, frais de justice, de médecine et dépenses sociales.

3) Réhabilitation des victimes dans leur inclusion et participation entière à la vie de la société. Restaurer leur indépendance physique, mentale, sociale et vocationnelle.

4) Satisfaction: mesures effectives de cessation de la violation des droits. Enquêtes, sanctions, exposition publique des faits, excuses publiques, reconnaissance de responsabilité.

5) Garantie de non-répétition: combattre l'impunité, prévenir les violations futures, changer les lois qui les ont permis.


Références:

Decision-Making and Moral Injury By Tina Minkowitz, Esq. June 22, 2015
http://www.madinamerica.com/2015/06/decision-making-moral-injury/

Torture and other ill-treatment in psychiatry – urgent need for effective remedies,
redress and guarantees of non-repetition Side-event to the CRPD Committee, 30 March 2015
Hege Orefellen World Network of Users and Survivors of Psychiatry and We Shall Overcome, Norway 
https://dk-media.s3.amazonaws.com/AA/AG/chrusp-biz/downloads/294485/Side_event_CRPD_Art15_March2015_Hege.pdf

Basic Principles and Guidelines on the Right to a Remedy and Reparation for Victims of Gross Violations of International Human Rights Law and Serious Violations of International Humanitarian Law
Adopted and proclaimed by General Assembly resolution 60/147 of 16 December 2005
http://www.ohchr.org/EN/ProfessionalInterest/Pages/RemedyAndReparation.aspx



jeudi 28 mai 2015

L'origine du mot psychiatrie, jugements sans justice, dogme et religion sans spiritualité.

Par Luc.

L'organe de l'âme.

Le mot psychiatrie a été inventé en 1808 par le médecin allemand Johann Christian Reil. Le Dr Reil espérait comprendre et traiter la folie en postulant l'existence d'un organe de l'âme. Il proposa donc de concevoir une discipline médicale en propre qui regrouperait la "médecine psychique" avec la prise en charge asilaire des criminels dont la responsabilité pénale serait diminuée par des maladies de cet organe. 


Une fusion du médical, du judiciaire et du religieux.

C'est donc à une fusion du médical, du judiciaire et du religieux que pensait cet homme. C'est à dire une médecine qui serait aussi une sorte de religion et un monopole d'état définissant le vrai et le faux, la morale et la normalité (la théologie), et qui serait chargée de médicaliser et de réprimer les troubles du comportement (la pratique pénale). C'est à dire en pratique remplacer les pouvoirs de l'Inquisition pratiquant l'exorcisme basé sur une démonologie.


Une moderne Inquisition, des professionnels agréés aux pouvoirs étendus.

Hier nous disions Asmodée, Lucifer et Belzebuth. Aujourd'hui, nous disons hyperactive, schizo-quelque-chose ou borderline. On a remplacé l'Inquisition pratiquant l'exorcisme à partir d'une démonologie par une psychiatrie institutionnelle qui piétine les droits de la personne au nom d'une croyance dans le DSM ou ses équivalents. Les possessions démoniaques n'ont pas été mises en évidence, et cependant tout le monde y croyait, y compris la force publique. Les maladies psychiatriques restent plus ou moins hypothétiques et d'interprétation variable, ignorent la diversité humaine et le contexte social, et cependant chacun y croit et pratique le stigmate, y compris l'état, les juges, les employeurs, les assureurs, famille et amis, ainsi que les media.


Chasser le démon du possédé par les chocs et la torture.

En France aujourd'hui, l'exorcisme moderne pratiqué par la psychiatrie institutionnelle usant de coercion est comme l'exorcisme ancien et repose encore sur la torture: arrestations publiques, dégradations, humiliations, privation d'information et de moyens de communication, camisole chimique, punitions et traitements punitifs, menaces, contentions et souillures, séjours en cellules dite d'isolement et si cela ne suffit pas, chocs électriques.


Confesser, par l'usage de la force.

L'inquisiteur faisait signer la confession et le psychiatre fait signer le consentement. L'inquisiteur assimilait le refus de confession à une personnalité dite négative (negativos) qu'il fallait éxécuter publiquement. Le psychiatre assimile le refus de consentir à une personnalité dite psychotique, qu'il tentera de rendre plus docile au moyen de prescriptions plus ou moins destructrices de la personnalité.


La psychiatrie institutionnelle pratiquant la contrainte réalise une triple imposture.

Peu de personnes en France réalisent aujourd'hui que la psychiatrie usurpe ainsi le judiciaire, mais sans justice, le religieux/éthique, mais sans spiritualité(*), et ment dans son discours scientifique, avec des hypothèses présentées comme des certitudes, l'usage d'un jargon, la croyance dans le bien-fondé de pratiques brutales, une science biaisée par les intérêts industriels, un passé chargé de prétentions fausses.


L'engrenage: les traitements appliqués pour soigner la folie rendent fous les patients.

Il semble probable qu'une large part des maladies dites psychiatriques soient produites par les pratiques psychiatriques elles-mêmes, soit à la suite des traumatismes liés aux hospitalisations et traitements forcés, soit par dépression ou suicide face aux perspectives de vie détruites par la stigmatisation psychiatrique, soit par conduites de dépendance liées aux médicaments, ou par syndrome de sevrage des médicaments, soit par toxicité directe des traitements, comme l'hypersensibilité adaptative à la dopamine, la psychose tardive ou encore la déficience cérébrale chronique, ou par retentissement d'autres maladies iatrogènes comme les dyskinésies, l'obésité, le diabète. Les pratiques actuelles de chimie et de coercion altèrent les moyens de l'usager dans le sens d'une perte d'autonomie et d'une moindre capacité d'auto-guérison.


Le rôle social de malade mental, une sous-citoyenneté de fait.

L'effort psychiatrique porte aussi sur l'acceptation par l'usager du rôle social de malade mental, qui représente une sous-citoyenneté de fait, une forme de caste moderne. Ceci est réalisé en altérant la personnalité des usagers dans le sens de la docilité et de la soumission, en offrant l'élargissement en récompense de l'acte de guérison sous traitement. Cet arrangement est entretenu par la consommation chronique, éventuellement sous contrainte, de drogues prescrites, puis scellé par le bénéfice des prestations sociales associées à ce rôle. Cette acceptation est perçue comme la résolution du conflit entre l'usager et la famille ou entre l'usager et la société, mais n'est-t-elle pas faite au service de l'intolérance, de la déshumanisation des familles et des sociétés et finalement au détriment de tous ?








(*) Je désigne comme spiritualité les pratiques issues des religions qui visent à apaiser le mental, à exprimer les émotions et à traverser les deuils, à soigner les traumatismes, à résoudre les conflits par la communication, à développer sa personnalité, à se connecter à son corps, à sa naissance ou à ses ancêtres, à fournir des réponses, à (ré)affirmer son but de vie et à le réaliser, à souder les communautés et à favoriser le support et l'entraide mutuelle. 


Références:

Reil J, Hoffbauer J. Beyträge zur Beförderung einer Kurmethode auf psychischem Wege. Curtsche Buchhandlung, 1808.

Traduit en français: J.C. Reil, Rhapsodies sur l’emploi de la méthode de cure psychique dans les dérangements de l'esprit. Traduit de l’allemand par Marc Géraud DLE-20070307-12031 2007-40729
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k320020r.texteImage

Psychiatry’s 200th birthday, Andreas Marneros, The British Journal of Psychiatry Jun 2008.

Szasz, Thomas, The Manufacture of Madness: A Comparative Study of the Inquisition and the Mental Health Movement,1970, 1997.

L'équipe de Nancy Andreasen prouve que le rétrécissement cérébral des patients étiquetés schizophrénie n'est du qu'aux drogues administrées:
http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=211084

Une étude récente qui affirme le lien entre neuroleptiques et déficience cognitive retardée:
http://www.schres-journal.com/article/S0920-9964%2814%2900327-2/abstract

Peter R. Breggin parle de la déficience cérébrale chronique imputable aux traitements psychiatriques dans cet article: http://www.ectresources.org/ECTscience/Breggin_2011_Chronic_Brain_Impairment___Brain_Damage__Memory_Loss_.p

Les anti-dépresseurs sont concernés aussi:
http://www.toxicpsychiatry.com/antidepressant-brain-damage

Les benzodiazépines au long cours sont associées à davantage de démences de type Alzheimer.
http://www.vulgaris-medical.com/actualite-sante/le-lien-entre-benzodiazepines-et-maladie-d-alzheimer-est-confirme

Le sevrage des benzodiazépines peut réaliser une longue maladie iatrogène (étude Heather Ashton 2004):
https://sites.google.com/site/sevrageauxbenzodiazepines/Home/le-syndrome-de-sevrage/le-syndrome-de-sevrage-prolonge/le-syndrome-de-sevrage-prolonge---professeur-heather-ashton

Les traitements neuroleptiques sont fortement suspects de produire des crises psychotiques soit par syndrome de sevrage, soit par toxicité directe.
Autrement dit le médicament supposé soigner la folie rend fou. Joanna Moncrieff le montre pour la clozapine dans cette étude:
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1600-0447.2006.00787.x/abstract

"Supersentivity psychosis" (psychose tardive): altération du cerveau par les neuroleptiques au long cours, agitation, insomnie, manifestations psychotiques:

Etude Guy Chouinard, Virginie-Anne Chouinard, Montreal, 2008:
http://www.researchgate.net/profile/Pr_Chouinard/publication/5620936_Atypical_antipsychotics_CATIE_study_drug-induced_movement_disorder_and_resulting_iatrogenic_psychiatric-like_symptoms_supersensitivity_rebound_psychosis_and_withdrawal_discontinuation_syndromes/links/54429fe50cf2a76a3ccb02d8.pdf

Les neuroleptiques de longue durée sont un facteur de chronicisation et de non-guérison des épisodes dits psychose. Autrement dit les neuroleptiques fabriquent des maladies chroniques. Etude sur 7 ans.
http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1707650

Les hospitalisations et soins sans consentements provoquent des syndromes de stress post-traumatiques et des conduites d'évitement. Dans cette étude la moitié des patients sont traumatisés:
http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients


Rob Whitley, 2009, Is psychiatry a religion?
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2625374/






Anecdote:

Le docteur Reil dans ses Rhapsodies en 1803 suggérait l'existence de déséquilibres de trois "forces mentales", qu'il nomma conscience de soi-même en tant qu'entité, circonspection et attention. Il proposait de corriger de tels déséquilibres par des traitements dits de choc, comme de plonger le patient dans une baignoire remplie d'anguilles vivantes...

Reil, Johann Christian. Rhapsodieen über die Anwendung der psychischen Curmethode auf Geisterzerrüttungen. Halle: Curt, 1803


Et cette mise à jour sur l'histoire plus récente de la psychiatrie, grâce aux articles du Royal College of Psychiatry et The British Journal of Psychiatry:

En 1852, le médecin français Benedict Morel publia son "traité des dégenerescences" théorisant les malades mentaux comme des dégénérés.

1916: Ernst Rüdin, élève d'Eugen Bleuler, professeur de psychiatrie, et nazi, écrivit une étude sur la génétique de la schizophrénie et commença une campagne pour en "purifier" l'Allemagne.

En 1934 commencèrent les programmes de stérilisation forcée puis en 1939 d'extermination des personnes psychiatrisées par le troisième reich. Ainsi le programme d'euthanasie T4 et les camps de la mort étaient présentés comme un effort pour éradiquer la schizophrénie...

Outre l'Allemagne, des campagnes de stérilisations forcées furent pratiquées aux USA, Danemark, Norvège, Suède et Suisse. Ces persécutions furent pratiquées au nom de la pseudoscience de la santé mentale et des théories génétiques des maladies mentales et pas au nom du nazisme.

L'union soviétique inventa la "schizophrénie progressive" pour désigner le manque d'entrain envers le régime, publia très sérieusement sur le sujet (cela ressemble au DSM) et traita la nouvelle maladie par les nouveaux neuroleptiques à fortes doses...


Réferences:


Psychiatry and the dark side: eugenics, Nazi and Soviet psychiatry,
http://bjp.rcpsych.org/content/206/4/315

Irmfried Eberl: psychiatry and the Third Reich – extra
http://bjp.rcpsych.org/content/206/4/315

Gerrit Hohendorf , L’extermination de malades et handicapés mentaux sous le régime national-socialiste , Violence de masse et Résistance - Réseau de recherche, [en ligne], publié le : 17 Novembre, 2016, accéder le 20/05/2018, , ISSN 1961-9898
https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/l-extermination-de-malades-et-handicapes-mentaux-sous-le-regime-national-socialiste

mercredi 1 avril 2015

Pétition France pour l'abolition du traitement forcé et hospitalisation forcée

Voilà la pétition lancée. Changeons les choses dans notre pays. Je compte sur vous et sur vos amis. Cliquez sur le lien pour ouvrir la pétition sur change.org. Love.

https://www.change.org/p/abolir-l-hospitalisation-forc%C3%A9e-et-le-traitement-forc%C3%A9


4/4/2015: La petition en anglais est maintenant disponible pour nos amis anglophones.

8/4/2015: La page facebook de la pétition est disponible.

4/5/2015: Pétition envoyée à madame la ministre

31/5/2015: Ecrit aux députés Jean Leonetti et Denys Robiliard pour leur demander de soutenir la pétition.

25/6/2015: Ecrit aux députés de la Commission des Lois et à ceux de Commission des Affaires Sociales.

20/8/2015: Nouveau courrier aux députés de la Commission des Lois.

etc...

mardi 31 mars 2015

Le blog a un an

Le blog a un an, et toutes ses dents ...

N'hésitez pas à vous y exprimer, même si vous n'aimez pas ce que j'ai écrit.

mardi 10 mars 2015

Les "soins" sans consentement en France : le médecin et le psychiatre sont ennemis de vos droits

Par Luc (mis à jour).

Pas de jugement sur le fond, de rares mainlevées sur la forme.

Le CRPA met en ligne cette étude de la cour d'appel sur les "soins" sans consentement en France. Elle montre que les procédures de "soins" forcés sont de plus en plus fréquentes, en contradiction avec les conventions ONU: CDPH et convention contre la torture. On y voit certaines mains levées (8-9%) sur la forme de la procédure. Le document mentionne la cour de justice européenne mais aucune mention des conventions ONU: les magistrats ne sont pas informés apparemment.

Une loi qui viole la constitution et les droits de l'homme. 
 
La loi viole d'une façon extraordinaire le principe du contradictoire en justice, et le principe d'indépendance de la justice vis à vis du pouvoir médical. Elle se contredit, car elle nie le choix du praticien en pratique, alors qu'elle l'affirme en préambule. Elle contredit la loi Kouchner, d'une phrase à la fin de l'article qui le dépouille de son sens. Elle est irréelle, car elle confond hospitalisation forcée et soins forcés dans la communauté. Elle est mensongère, en n'appelant pas les choses par leur nom, mais avec des périphrases comme "soins sans consentement". Elle confond refus de consentir et "incapacité à consentir", qui ne peut être qu'une incapacité à communiquer sa volonté, laquelle n'est jamais présente. Elle réalise la privation de liberté au nom du handicap, en violation directe de l'article 14 de la convention ONU relative aux droits des personnes handicapées. La loi est tordue, en faisant juger seulement un acte administratif et pas une privation des droits basiques et un déni de la capacité juridique et de l'agentivité de la personne pour motif de handicap.

Des pouvoirs extravagants accordés à une corporation de charlatans, fonctionnant hors de la réalité.

Cette loi octroie des pouvoirs absolument extravagants, d'arrestation et de torture, comme aux inquisiteurs du passé, à une profession qui médicalise des demandes de nature psychosociale et non pas biologique, et qui, de cette façon, fait appliquer les instruments de la médecine et le contrat médical, à des demandes qui au départ, ne sont pas médicales. Cette profession pathologise les conflits, le patrimoine, les divorces, le voisinage, la personnalité, les comportements, les pensées, le relationnel, les conflits, les émotions, la pédagogie, les traumatismes, et fonctionne sur des présupposés biologiques de maladies du cerveau, qui n'ont jamais été démontrés. Cette profession prétend diagnostiquer mais confrontée à la réalité, elle se révèle incapable de produire une véritable enquête causale, c'est à dire un véritable diagnostic en médecine. Cette profession se comporte comme une secte dogmatique qui serait liée à des intérêts industriels, et elle fonctionne en vase clos, avec des arguments circulaires et des tautologies. Elle se révèle aussi imperméable à toute critique.

La possibilité de la coercition entraîne les pratiques de menaces, de chantage et d'intimidation.

Dès lors que la contrainte est possible, les soignants s'en servent pour menacer, et le libre consentement n'existe plus, car la personne que l'on intimide et que l'on menace préfère céder plutôt que d'être fichée à vie. La loi elle-même stipule que cette menace soit spécifiée au patient lors des soins forcés dans la communauté: une loi qui demande aux soignants qu'ils se comportent comme des voyoux, quelle honte!

La loi ignore les engagements pris par la France ainsi que toute critique de l'idéologie qu'elle sert.

Ce que je veux montrer ici, c'est l'absurdité et le ridicule d'un système coercitif dans lequel la France s'est enfermée dans l'ignorance de ce qui se fait à l'étranger, de l'existence d'alternatives non coercitives qui ont fait leurs preuves et qui sont réclamées par les patients, et enfin au mépris des conventions ONU que la France s'est engagée à respecter.

La loi est ancrée sur le modèle médical qui est inapproprié, obsolète et rejeté par l'ONU.

L'ONU et l'OMS demandent le changement de paradigme: le passage du modèle médical du handicap au modèle social basé sur les droits de l'homme: le handicap n'est pas une maladie mais l'empêchement réalisé par la société: c'est la société qui doit changer ses pratiques.

Les violations des droits de l'homme que cette loi permet doivent être jugées et réparées.

Ces violations graves des droits des personnes demandent des réparations, qui soient indépendantes du pouvoir médical, conformes aux normes de l'ONU. Ref CRPD/C/5, chapitre IX.

Le dossier médical est un casier judiciaire bis fait d'arbitraire et de pseudoscience.

A cause de cette loi, tout élément psychiatrique d'un dossier médical devient une perte potentielle des droits de la personne et un fichage à vie. La conséquence de ceci est très simple: Si on ne veut pas devenir un sous-citoyen, il ne faut jamais demander une consultation psychiatrique. Si on aime ses proches et qu'on veut que leurs droits soient respectés, il ne faut jamais les faire consulter pour un motif psychiatrique, et cela dès l'enfance. Et c'est à vie.

Une loi basée sur des concepts erronés et pseudo-scientifiques

Les lois françaises de 2011 et 2013 sont basées sur des concepts erronés:

- La séparation des personnes en "saines d'esprits" et "avec un trouble mental". Concept faux, il s'agit d'un continuum et ces conditions évoluent dans le temps.

- Le concept de coexistence d'une personnalité saine et d'une personnalité malade chez un même patient: En réalité la thérapie correcte consiste à accueillir la partie de soi blessée, dont l'expression est liée à des mémoires traumatiques, et décalée des réalités présentes. La répression des parties de soi ne permet pas la guérison, mais elle rajoute une nouvelle expérience de traumatisme et elle reproduit les dynamiques de pouvoir qui ont créé les traumatismes initiaux: la répression est anti-thérapeutique.

- Le concept pseudoscientifique de psychose, car la psychose est un concept relationnel qui signifie que la personne ne coopère pas, ou bien qu'elle est ailleurs, et ce n'est pas une caractéristique de la personne mais une caractéristique de la relation présente avec un entourage donné. Avec la désescalade, un entourage patient, non menaçant, formé au dialogue, la communication devient possible.

- Le concept erroné de schizophrénie comme une maladie incurable du cerveau. Non seulement cela guérit, soit spontanément, soit avec des approches relationnelles ou psychocorporelles, mais les études sur les évènements adverses de l'enfance montrent que c'est une condition post-traumatique de l'enfance dans la plupart des cas, ce qui s'adresse par des approches psychosociales et de droits de l'homme, et non par la répression.
 
Hypocrisie, sadisme, immoralité, déséquilibre de pouvoir, re-traumatisme.

"Non-consentement", cela signifie exercice de violences, physiques, chimiques, psychologiques et sociales, assorties de menaces et de harcèlement moral, tout cela exercé généralement à l'encontre du plus faible. Parfaite hypocrisie et complète immoralité, arbitraire et injustice, le tout drapé dans la vertu du "soignant". Oser appeler cela thérapie, alors qu'à l'origine, le thérapeute authentique était un médecin dont l'action était de nature spirituelle, et reposait sur sa propre qualité humaine.

Le scandale jamais avoué du dommage cérébral présenté comme une "amélioration".

Bien au contraire, de tels "soins" forcés n'en sont pas, mais la contention, l'isolement, l'ECT et les neuroleptiques d'inhibition des moyens mentaux sont des tortures au regard de l'ONU. Le "traitement" par neuroleptiques forcés réalise des dommages cérébraux prouvés qu'on prétend faire passer pour une amélioration ! En réalité il s'agit de la perte de QI progressive par la destruction neuronale non spécifique, le rétrécissement de la substance grise et des altérations prouvées de la mémoire et des facultés cognitives. Cette déficience cérébrale chronique iatrogène réalise comme une moderne lobotomie qui ne dirait pas son nom. Aucun psychiatre n'avoue cette réalité et c'est toute la profession qui est coupable d'empoisonnement et de tromperie. Il est criminel de prescrire ces poisons à des enfants, et pourtant c'est pratiqué en France au nom du confort des soignants.
 
Une fois mis en marche, il n'y a pas de frein à cet engrenage de la torture psychiatrique.

Connaissez-vous ce complet non-sens et raffinement sadique qui consiste à assimiler toute expression de non-consentement à une manifestation "psychotique" de rébellion et d'opposition, et présentée comme confortant le diagnostic, la nécessité des soins, et prétexte à des pratiques punitives de torture, d'isolement, et d'augmentation des doses de camisole chimique ?

Ou encore cette ignominie qui consiste à si bien droguer et torturer le patient qu'il est dit "pas en état" de comparaître devant le juge des libertés et détentions ? Comment un juge peut-il oser juger un accusé sans crime, zombifié par la drogue, fragilisé par le traumatisme qu'on vient de lui faire subir, n'ayant pas accès aux documents, avec un avocat qui s'en fout ?

L'hospitalisation psychiatrique réalise un lavage de cerveau médicalement assisté.

Vous avez ceci et d'autres procédés de menaces, de chantage, d'endoctrinement, d'infantilisation et de culpabilisation que cette loi permet, quasiment sans recours. Les patients vont jusqu'à simuler la "maladie" et la "stabilisation" en disant que le "traitement" les a aidés parce que c'est le seul moyen qu'il leur reste d'échapper à l'enfer de l'hopital psychiatrique.

Tous ces abus se font dans une culture d'opacité et de rétention d'information. Les personnes qui tentent de se défendre sont confrontées à ce simulacre de jugement, et quand elles osent en faire la demande, ne parviennent même pas à accéder à leur dossier médical sans le recours d'un médiateur et d'un médecin.


Arrêtons le non-consentement dès aujourd'hui !




Références:

Le dossier de la cour de cassation:
http://psychiatrie.crpa.asso.fr/2014-12-31-artj-Cour-de-cas…

Loi Kouchner:
"Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment." Sauf qu'elle ne s'applique pas.

Voir aussi:
Le traitement forcé en ambulatoire n'offre aucun bénéfice
http://schizophreniabulletin.oxfordjournals.org/content/early/2015/03/10/schbul.sbv021

Peter R. Breggin parle de la déficience cérébrale chronique imputable aux traitements psychiatriques dans cet article de 2011: http://www.ectresources.org/ECTscience/Breggin_2011_Chronic_Brain_Impairment___Brain_Damage__Memory_Loss_.p

Le même explique le principe "thérapeutique" de l'effort délibéré entrepris pour créer un cerveau handicapé considéré comme une "amélioration" des patients...
http://www.huffingtonpost.com/dr-peter-breggin/braindisabling-treatments_b_85828.html

Une étude récente qui affirme le lien entre neuroleptiques et déficience cognitive retardée:
http://www.schres-journal.com/article/S0920-9964%2814%2900327-2/abstract

D'autres études mentionnées ici:
http://www.toxicpsychiatry.com/antipsychotics/