vendredi 22 septembre 2017

Kate Millet, 1934-2017, écrivaine féministe, activiste anti-psychiatrie, a écrit sur les traitements forcés

Une poésie de Kate Millett, lue aux Nations Unies devant le Comité de la Convention Droits des Personnes Handicapées, New York City, le 18 Janvier 2005.

Traduit de l'anglais, article original sur mindfreedom.org:
http://www.mindfreedom.org/kb/mental-health-global/millett-freedom-from-torture?searchterm=Kate+Millet

Auteur: Kate Millett


Mon nom est Kate Millett.  Je parle au nom de la conférence Caucus international pour les personnes handicapées. Je suis professeur à la retraite de la politique et de la littérature, auteur de « Sexual Politics » et « The Politics of Cruelty ».

Liberté de ne pas subir la torture ni des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants


Pour les personnes handicapées, cela signifie liberté de ne pas subir de traitement forcé ni de confinement.

Liberté de ne pas subir la force ni la coercition. Puissance énorme et gigantesque. Le pouvoir d'une civilisation entière amassé contre un seul individu. Chaque téléphone et chaque serrure, chaque gardien et chaque médicament.


Même chaque médicament, envahissant l'esprit. Atteignant les coins et les recoins du Soi, anéantissant la personne, détruisant la personnalité, la construction d'une vie. Abolie dans la solitude d'une après-midi, le temps lui-même s'élargit et se contracte, devenant parfaitement internalisé. Le temps de souffrir, le temps d'être tourmentée. Humiliée.


Méprisée. Objectifiée. Ridiculisée. Faite une paria. Asservie. Toute dérogation à un comportement prescrit étroit signifie la punition. De la gestion du comportement. Des services du comportement. Des contrôles du comportement.


Tout conspire pour vous rendre totalement seule et terrifiée. Malléable. Ce sont les conditions de la torture. Vous ne savez pas ce qui se passe ensuite. Vous ne savez pas combien de temps cela durera. « Personne ne saura jamais » - une voix entonne. Personne ne vous croira jamais.




Lire ausi sur The Guardian:
https://www.theguardian.com/world/2017/sep/07/kate-millett-obituary

dimanche 3 septembre 2017

La violence de la psychiatrie, poésie par Florence

Mon enfance a été bercée par la violence de la psychiatrie.
Mon papa a été pris dans leurs filets.
Il a fallu naviguer entre les "asiles" et leurs cortèges d'horreurs...
Cette déshumanisation, cette pâleur et baves de mon papa
Qui sortait d 'électrochocs.
Cette violence, ces déchirures, ces souffrances.

Je suis devenue Psychanalyste avec une démarche spirituelle.
Battons nous, dépsychiatrisons le monde.

Merci Jules tu as mon soutien.

Florence

www.therapias.com

mercredi 23 août 2017

ECT, une procédure criminelle

Par Luc.

Mise à jour 21/1/2024: les études ne montrent aucun bénéfice contre placebo.

"Il n’existe aucune preuve que l’ECT soit efficace pour sa cible démographique – les femmes plus âgées ou son groupe de diagnostic cible – les personnes gravement déprimées, ou les personnes suicidaires, les personnes qui ont d’abord essayé d’autres traitements sans succès, les patients involontaires ou les enfants et adolescents." [1]

Risque très élevé de pertes de mémoire permanentes à la suite des électrocutions. C'est mis en évidence pour 12 à 55% des personnes. [2]

Risque de dommages cérébraux, d'épilepsie, de mort, et risque anesthésique. 💀

Tout cela pour un procédé qui fait moins bien que le placebo!

Pire: la pratique ne respecte pas le consentement éclairé, car la personne souvent est déjà contrainte ou privée de liberté. On entend, par exemple: "Acceptez l'ECT et vous sortirez plus vite de l'hôpital."

L'histoire des traitements par choc.

Le principe des traitements de choc dans les asiles était d'impressionner, de terrifier même, les personnes internées.

L'histoire des ECT, ou électroconvulsivothérapie, alias sismothérapie, alias électrochocs, s'inscrit dans les traitements dit "de choc" inventés dans les asiles passés. Ces procédés consistaient en gros à traumatiser la personne par des interventions violentes. Il s'agissait de tortures destinées à impressionner la personne le plus fortement possible, et à la menacer de recommencer si elle ne se soumettait pas corps et âme au rôle imposé par le pouvoir asilaire. Ces procédés étaient pratiqués sur les personnes innocentes enfermées dans les asiles, afin de nourrir les prétentions médicales et scientifiques de leur geôliers.

L'inventeur de la "médecine de l'organe de l'âme" ou psychiatrie est le médecin allemand Johann Christian Reil (en 1808). Il pratiquait déjà ces traitements dit de choc. Un de ces traitements de choc, consistait à s'emparer du patient sans crier gare, et à le plonger nu dans un baignoire remplie d'eau glacée. Reil était fier d'avoir rafiné le procédé en faisant placer des anguilles vivantes dans la baignoire.

Un certain nombre de personnes ainsi internées vivaient habituellement prostrées dans le désespoir de devoir vivre enfermées à vie dans ces enfers d'inhumanité et d'indignité qu'étaient les asiles. Le Dr Reil s'émerveilla que son traitement de choc parvint à susciter des manifestations de protestation ou de fuite de la part de ses victimes. Il théorisa alors que les "maladies mentales" consistaient en déséquilibres des trois "forces mentales", qu'il nomma conscience de soi-même en tant qu'entité, circonspection et attention. Il institua les "traitements de choc" destinés à "corriger" ces "déséquilibres". C'était évidemment complètement pseudo-scientifique.


Les convulsions artificielles suivent la logique du "traitement de choc".


Avec le temps, la prétention pseudo-scientifique s'est renforcée de plus en plus. La torture "simple" ne suffisait plus. Il fut observé qu'après une crise d'épilepsie, les patients neurologiques présentaient un état post-critique, durant de quelques minutes à quelques heures, pendant lequel le patient fait l'expérience de la confusion, puis récupère. L'hypothèse fut émise que la crise convulsive "soignerait" les état confusionnels. 


La pseudo-science en action

Dans la même veine pseudo-scientifique, les psychiatres élaborèrent sur l'idée que l'épilepsie et ladite "schizophrénie" étaient deux conditions antagonistes, l'une excluant l'autre. Cette absurdité a été poussée jusqu'à transfuser du sang de personnes dites "schizophrènes" à des patients épileptiques afin de limiter leurs crises convulsives. Inversement, on était persuadé que les convulsions devaient logiquement "soigner" les patients étiquetés "schizophrènes". Le procédé permettait aussi de rendre l'imposture plus crédible, plus scientifique, en apparence. Différents moyens ont été mis en œuvre pour provoquer ces convulsions artificielles.

Entre 1917 et 1935, quatre méthodes furent utilisées en pratique psychiatrique pour induire des convulsions artificielles:

  1. L'hyperthermie, par exemple en injectant la tuberculine, ou en inoculant des agents pathogènes comme celui de l'érysipèle ou le plasmodium de la malaria, Julius Wagner-Jauregg, 1917.
  2. L'hypoglycémie, et le coma induit par injection d'insuline, Manfred J. Sakel, 1927.
  3. Les produits, comme le pentylènetétrazole ou metrazol, Ladislaus J. von Meduna, 1934.
  4. L'électrocution cérébrale, Ugo Cerletti and Lucio Bini, 1937.

La fondation Nobel, qui récompensa l'invention de l'horrible lobotomie, s'est discréditée à nouveau en nobélisant l'injection de la malaria en 1927. Le même Julius Wagner-Jauregg était persuadé que la masturbation causait ladite "schizophrénie" et faisait stériliser ses patients...


Il s'agit de formes de torture


Si le choc par bain glacé s'apparentait plus aux tortures comme le "waterboarding" (Guantanamo), le choc par convulsion cérébrale est plus proche des tortures par asphyxie pratiquées par l'Apartheid, parce que celles-ci laissent des dommages cérébraux irréversibles, à type de déficience cérébrale chronique.


L'électrocution cérébrale était un procédé destiné à terrifier la victime.


Coté effet terreur, c'est garanti: l'électricité faisait figure de science avancée, et était associée aux manipulations de la vie et de la mort avec les fictions comme Frankenstein (Mary Shelley, 1818). Le matériel est impressionnant. L'anesthésie générale fut introduite plus tard pour limiter les mouvements cloniques responsables de fractures. Cette procédure, qui fait des médecins anesthésistes les complices actifs des tortionnaires-charlatans, donne encore plus de crédit au procédé, au yeux de tous.

L'ensemble anésthésie + procédure impressionnante constitue le plus parfait des placebo pour obtenir des "résultats" qui évidemment ne durent pas. L'effet des produits utilisés en anesthésie n'est pas pris en compte dans les études dès lors que le placebo n'inclut pas l'anesthésie: vous pouvez jeter au panier la plupart des essais cliniques réalisés.


Le complet ridicule

Les électrochocs ont été inventés en 1937. Aujourd'hui, il n'existe pas de modèle des "maladies" traitées, ni d'ailleurs de notions très claires quand au mécanisme d'action des électrocutions.

Le dommage provoqué par l'électrocution cérébrale s'accompagne d'un pic des hormones glucocorticoïdes. C'est connu depuis fort longtemps [3][4], tout comme il est connu que l'administration de glucocorticoïdes à des personnes dépressives les améliore, mais à très court terme seulement. Les produits utilisés pour l'anesthésie comme kétamine, propofol, etc, ont un impact évident aussi. Mais en fait, rien ne justifie la procédure, comme la méta-analyse menée par John Read en 2020 le prouve [1]. En réalité, la seule indication possible de la procédure serait celle d'une intoxication léthale à des neurotoxines qu'on ne saurait pas soigner autrement.


L'infâmie

L'histoire des ECT, comme celle de la psychiatrie, est faite d'une extraordinaire répétition des cycles de dénonciation, oubli, et retour en force. C'est une disgrâce des media, qui publient sans se lasser ces articles triomphalistes constitués de contre-vérités. Et aujourd'hui, à nouveau, les électrochocs reviennent en force. Il faut dire qu'une seule séance de dommage cérébral irréversible pseudothérapeutique coûte assez cher et que les incitations financières sont importantes.

Les contre-vérités assenées et médiatisées sont extraordinaires: on nous affirme que la procédure est "sans danger", que le procédé "remodèle" et "régénère" les tissus, que les pertes de mémoire sont "transitoires", etc...


L'effet majeur, en dehors des accidents d'anesthésie, est le dommage cérébral irréversible.


Coté physiologie, c'est nettement moins anodin que les anguilles vivantes. On peut même affirmer que le dommage cérébral irréversible est la conséquence prévisible de ces pratiques d'ECT, quand ce n'est pas l'épilepsie, ou encore la mort en effet secondaire de l'anesthésie générale.

Déjà en 1977, c'était complètement connu et prouvé. [5] C'est bien simple, quand on continue encore et encore les électrochocs, on lèse si bien le tissu cérébral qu'on fabrique des épilepsies, y compris des épilepsies permanentes ou status epilepticus. [9]

Peter Breggin a rassemblé les documents sur ces dégâts cérébraux [6], et présenté les déficiences cérébrales chroniques provoquées par la répétition des séances.

Les séances répétées réalisent une véritable lobotomie électrique [7].
 

Primum non nocere

A vous de juger ce que font ces psychiatres prescripteurs d'ECT du précepte de base de la médecine "Primum non nocere". En priorité, ne pas nuire. (Thomas Sydenham 1624 – 1689).

L'avocat Wayne Ramsay n'hésite pas à parler de crime contre l'humanité. [8]


Pourquoi ces pratiques horribles?


Dans certains cas, les dépressions peuvent s'aggraver avec les médicaments, les dits "antidépresseurs", parce qu'on intoxique la personne au lieu d'adresser les causes psychosociales de la demande. On fabrique ainsi des conditions iatrogènes, des "bipolarités", et des dépendances pharmacologiques qui sont difficiles à soigner. Les pseudo-diagnostics psychiatriques sont démobilisants et produisent le désespoir.

Il me semble que l'aide à apporter à une personne en condition dépressive est d'abord une affaire humaine, qui met en jeu les qualités humaines individuelles et le soutien communautaire. Quand il n'y a ni carence, ni intoxication, ni médicament causal, ni cause biologique, alors l'aide est faite de présence, de soutien, d'écoute en priorité, de défense des droits humains (sécurité, logement, moyens, accès à la justice, non discrimination, etc), possiblement d'une proposition d'aide psychologique (comme la thérapie cognitive et comportementale) ou de dialogue comme le conseil conjugal ou l'approche de dialogue ouvert avec l'entourage et les intervenants sociaux, ou d'aide professionnelle ou légale, ou encore un travail de deuil selon les cas, et dans certains cas l'arrêt d'une addiction, une meilleure hygiène de vie, et possiblement un travail de nature spirituelle susceptible de donner du sens aux épreuves que la personne traverse et de redonner espoir ou acceptation.

Mais on n'est même pas dans le début du commencement d'une réponse appropriée avec les électrocutions cérébrales. On a postulé sans la moindre preuve que la cause de la dépression était une anomalie biologique du cerveau. On s'est très probablement trompé, mais on bricole quand même le cerveau avec des procédures horribles et le résultat est aberrant: on est en réalité dans l'anti-réponse à la demande de la personne.








Références:

[1] Read, 2020 "Electroconvulsive Therapy for Depression: A Review of the Quality of ECT versus Sham ECT Trials and Meta-Analyses"  Read, John, Kirsch, Irving, McGrath, Laura, Ethical Human Psychology and Psychiatry, Apr 2020, DOI: 10.1891/EHPP-D-19-00014
https://connect.springerpub.com/content/sgrehpp/early/2020/04/02/ehpp-d-19-00014

[2] Read, 2022 "A response to yet another defence of ECT in the absence of robust efficacy and safety evidence." Epidemiology and Psychiatric Sciences. 2022;31:e13. doi:10.1017/S2045796021000846
https://www.cambridge.org/core/journals/epidemiology-and-psychiatric-sciences/article/response-to-yet-another-defence-of-ect-in-the-absence-of-robust-efficacy-and-safety-evidence/A9E878F53979A44ED9E5FF0DC269C187

[3] "Adrenocortical responsibility in relation to psychiatric illness and treatment with ACTH and ECT." (PMID:14897894)
REISS M , HEMPHILL RE , EARLY DF , MAGGS R , COOK ER , PELLY JE 
Journal of Clinical and Experimental Psychopathology [01 Jul 1951, 12(3):171-183]
http://europepmc.org/abstract/med/14897894

[4] "Effects of electroconvulsive therapy on neuropsychological function and circulating levels of ACTH, cortisol, prolactin, and TSH in patients with major depressive illness"
Acta psychiatrica scandinavia, December 1985
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1600-0447.1985.tb02651.x/full

[5] "Shock Treatment, Brain Damage, and Memory Loss: A Neurological Perspective"
John M. Friedberg, M.D. American Journal of Psychiatry 134:9, September 1977. pp: 1010-1013.
http://www.electricshocktherapy.info/uploads/4/0/7/6/4076267/shock_treatment_brain_damage_and_memory_loss_-_john_m_friedberg.doc

[6] Peter Breggin  http://www.ectresources.org/
 
[7] Description de la lobotomie électrique:
"Electroconvulsive therapy reduces frontal cortical connectivity in severe depressive disorder"
Jennifer S. Perrin, Susanne Merz, Daniel M. Bennett, James Currie, Douglas J. Steele, Ian C. Reid,
and Christian Schwarzbauer, 2012
http://www.pnas.org/content/109/14/5464.full.pdf

[8] "Psychiatry's Electroconvulsive Shock Treatment
A Crime Against Humanity" par Wayne Ramsay, 2014
http://www.wayneramsay.com/ect.htm

[9]  Nonconvulsive Status Epilepticus After Electroconvulsive Therapy: A Review of Literature, Awais Aftab, Psychosomatics, Volume 59, Issue 1, 2018, Pages 36-46, ISSN 0033-3182,
https://doi.org/10.1016/j.psym.2017.07.005.










jeudi 17 août 2017

"Traitement", poésie par Jhilmil Breckenridge


C'était un traitement
Ces mains rampant sur votre corps
Le poison injecté
Comme vous êtes dépouillée
Traînée le long du couloir,
La légère odeur de formaldéhyde
Et de phényle

C'était un traitement
Le rire des infirmières
La condescendance des médecins
Poser les mêmes questions
Tous les jours
Jusqu'à ce que vous prononciez les mots qu'ils veulent entendre

C'était un traitement
C'était un traitement
C'était un traitement

Dans un hôpital avec des fenêtres condamnées
Dans un hôpital avec plus de gardes
Que de médecins

C'était un traitement
Le réveil
Aux odeurs d'aliments avariés
Le rire des gardes
La sonnerie de leurs téléphones cellulaires
Dans votre cellule

C'était un traitement
Amitié avec Rajan, guide touristique venu d'Ajmer
Qui parlait de l'amour, de la perte et du désir,
Bavant, les pieds dans les chaînes,
Ses yeux me racontent cent histoires

C'était un traitement
Prendre une mère à ses fils,
C'était un traitement

Et quand ils enlèvent tous les derniers lambeaux de la dignité humaine
Avec vos vêtements, la peau sur vos os,
Le rire dans vos yeux, et le soleil sur votre langue
Ils marchent avec la tête haute
Ce sont des médecins, vous voyez
Le traitement est le nom du jeu

Et c'était un traitement


(traduit de l'anglais)


that was treatment
those hands crawling on your body
the poison injected
as you are stripped
dragged along the corridor,
the faint smell of formaldehyde
and phenyl

that was treatment
the laughing of nurses
the condescension of doctors
the asking of the same questions
everyday
until you utter the words they want to hear

that was treatment
that was treatment
that was treatment

in a hospital with walled windows
in a hospital with more guards 
than doctors

that was treatment
the waking up
to odours of stale food
the laughter of guards 
the ringing of their cellphones
in your cell

that was treatment
befriending of rajan, tour guide from ajmer
who spoke of love, loss and longing,
drooling, his feet in shackles,
his eyes telling me a hundred stories

that was treatment
taking a mother from her sons,
that was treatment

and when they strip every last bit of human dignity
along with your clothes, the skin on your bones,
the laughter in your eyes, and the sun upon your tongue
they walk with their heads held high
they are doctors, you see
treatment is the name of the game

and that was treatment

mercredi 16 août 2017

Memes for activism against forced psychiatry, in French and in English. Mèmes pour la prohibition absolue des hospitalisations forcées et des traitements forcés


Here you'll find memes to share freely. These pictures are under creative commons licence (like wikipedia). In English, French and other languages.

Creative Commons License
This work is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International License

On Flickr too:

In English: https://flic.kr/s/aHsmiSqaQb

En Français sur Flickr: https://flic.kr/s/aHsmb789tU


Je vous propose une série de mèmes à partager sur internet pour la campagne en faveur de la prohibition absolue des hospitalisations forcées et des traitements forcés, en application de la Convention ONU CDPH, relative aux droits des personnes handicapées.

Ces images sont sous licence creative commons (comme wikipedia): vous pouvez partager librement ce travail sur vos blogs ou sur les media sociaux. Vous pouvez traduire les images dans une autre langue, si vous le désirez. Dans ce cas, laissez-moi un message sur ce blog, et je placerai ici le dessin à partager dans votre langue.

La campagne est internationale. Ces images sont en anglais, en français, ou dans d'autres langues.


The Museum / Le Musée














Partial abolition / Abolition partielle









The classroom / La salle de classe










Yes, it is required / Oui, c'est obligé...

 







Dogma









Miranda warning








The algorithm / L'organigramme







You did not take your medication / Vous n'avez pas pris vos médicaments











The threat / La menace









No, thank you. / Non, merci.












New markets / Nouveaux marchés









State protected criminals / Des criminels protégés par l'état








The drug that renders you insane / Le médicament qui rend fou











#absoluteprohibition #CRPDnow #Standup4humanrights

mardi 15 août 2017

A propos de la torture psychiatrique par Initially NO, campagne prohibition absolue

A propos de la torture psychiatrique par Initially NO
Publié le 6 mars 2016
Campagne pour la prohibition absolue des hospitalisations forcées et des traitements forcés.

Publié en anglais in extenso sur le site de Initially NO.



Initially NO a rassemblé art, graphismes, récit, essai et les articles de la CDPH contenant des droits qui lui ont été refusés, dans une composition belle et émouvante affirmant une demande de justice. Puisque l'art et les graphismes font partie intégrante de son travail et que je ne peux pas reproduire la disposition ici, je partage son introduction et quelques exemples du travail artistique et je vous invite à visiter l'original sur son site afin d'apprécier l'effet complet. http://www.initiallyno.com/



Le déni de nos droits de l'homme



Les droits qui me furent refusés encore et encore pendant une période de 14 ans (1998-2012) réveillent en moi de tels sentiments que cela ne me fait pas souhaiter essayer de parler de ceci à nouveau.

Cela me fait tellement de peine, c'était si douloureux, cela me gêne de me souvenir, mais cela me dérange encore plus de savoir que plus de 5700 personnes sont soumises à une telle horreur, chaque année dans l'état de Victoria, en Australie, des personnes qui disent vigoureusement « Non, je ne le veux pas », très clairement, et qui sont ensuite placées sous des ordonnances de traitement communautaire forcé et qui sont torturées avec des injections forcées, de l'électricité et des rendez-vous verbalement abusifs, qui doivent être respectés, ou bien elles seront mises en détention arbitraire à nouveau. Cela me fait mal que les personnes qui disent qu'elles ne souhaitent pas prendre des prescriptions psychiatriques soient ensuite soumises pendant plus longtemps au système.





Lorsque vous refusez d'être injecté, ils font cela. Un ambulancier m'a dit qu' « il n'était qu'une petite roue dans un grand engrenage. » C'est le symbolisme de ceci et aussi profiter des filles. Autrement dit, beaucoup de mains sur une petite jeune femme, comme je l'étais, tandis qu'on la déshabille et qu'on abuse d'elle.

C'est ce qui se passe lorsque vous avez des menaces de traitements pires comme les électrochocs et la détention si vous ne vous pésentez pas pour une injection bimensuelle de "dépôt". Je devais faire semblant d'être contente avec ce scénario, à ce point. (J'ai renoncé ici aux mots de juron exprimant mon vrai sentiment, afin de me conformer à la campagne prohibition absolue de la CDPH de l'ONU.)



Article 15 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées

Droit de ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

1. Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique.




Je n'ai pas mérité d'être torturée par le système psychiatrique.
Ce n'était pas pour mon bien!


(traduit de l'anglais)

Je n'oublierai jamais, par Irit Shimrat, campagne Prohibition Absolue

Je n'oublierai jamais par Irit Shimrat
Publié le 25 mars 2016

Un travail en cours

Je n'oublierai jamais, et pourtant je souhaiterais pouvoir le faire, comment est ressentie la brutalité psychiatrique. Être emmenée à l'hôpital par les flics, par l'usage brutal de la force, menottée, alors que mon seul crime était la confusion.

Être dépouillée nue devant les hommes. Être attachée à une civière dans la salle d'urgence psychiatrique. Être piquée douloureusement dans la fesse par une infirmière brandissant une aiguille remplie d'un médicament qui a eu des effets immédiats et cauchemardesques. Être ignorée par les infirmières en train de bavarder, alors que j'ai murmuré, puis dit, puis crié que je devais aller aux toilettes. Être laissée dans ma propre merde pendant des heures car elles étaient occupées à discuter de copains et de styles de cheveux.

Être véhiculée sur roulettes dans une cellule en béton, meublée uniquement avec un matelas au sol, une toilette en métal et un évier minuscule, une fenêtre d'observation dans la porte métallique et une caméra au coin du plafond. Être laissée là pendant des jours, sous la lumière fluorescente éclatante, avec quelqu'un qui vient trois fois par jour pour laisser un repas triste et fade dans un plateau en plastique sur le sol. Faire l'actrice pour la caméra et écrire sur les murs avec ma merde car les médicaments qui étaient supposés m'assommer m'ont rendue plus dingue et encore plus dingue.

Finalement, être relâchée dans le service, mais être renvoyée brutalement de nouveau dans l'isolement cellulaire chaque fois que je "faisais une scène". Apprendre lentement et douloureusement à se conformer, afin de gagner de tels "privilèges" comme de porter des pyjama réels, puis mes propres vêtements; Être autorisée à fumer une cigarette; Être autorisée à faire un appel téléphonique. Être moquée et brutalisée par des infirmières stressées.

Finalement, être autorisée à recevoir les visiteurs, seulement pour les avoir en train de me regarder fixement dans l'horreur et la pitié, car je traîne les pieds comme un zombie, beaucoup trop droguée pour tenir une conversation. Finalement, apprendre les mots magiques qui m'ont fait sortir: « Je comprends que je suis malade et que j'ai besoin de prendre ces médicaments pour le reste de ma vie ». Des médicaments qui avaient déjà produit la bouche sèche; la peau qui desquame; la constipation extrême; les spasmes musculaires douloureux; l'incapacité de m'asseoir, de me tenir debout ou de rester immobile - sans parler de leurs effets sur mon esprit: la terreur, l'agonie, mon échec absolu à être capable de m'accrocher à moi-même. La certitude - ma seule certitude - que j'étais morte et que j'étais en enfer. Que j'étais punie pour des crimes dont je ne me souvenais pas. Que je ne pourrai jamais plus vivre à nouveau dans le monde.

Je me suis trompée dans cette certitude, mais cela a été un chemin difficile, et j'ai dû voyager à travers cela de nombreuses fois. Toujours, quand je reviens dehors dans le monde, je me retrouve souffrante des effets de l'institutionnalisation, terrifiée par la solitude, d'avoir à m'occuper de moi-même, de ne pas être capable de m'en sortir au delà de la poubelle. J'ai dû souffrir les symptômes de sevrage de quelque produit que ce soit, qu'ils me forcèrent à prendre, et que j'arrête de prendre aussitôt que je suis sortie. J'ai été forcée de me punir moi-même, de me frapper moi-même, de me crier dessus moi-même pour avoir été à ce point stupide pour me retrouver enfermée à nouveau. J'ai dû traverser des semaines ou des mois à vouloir me tuer afin de m'assurer que cela ne m'arrivera jamais à nouveau. J'ai dû reconstruire lentement ma vie. Et j'ai dû vivre avec les effets permanents, physiques et émotionnels, d'être empoisonnée par des médicaments psychiatriques et traumatisée par la cruauté institutionnelle.

Ma vie a été une vie protégée, dans l'ensemble. Je suis née et j'ai grandi dans une famille de classe moyenne aisée, avec beaucoup d'amour et de soutien parentaux, et sans violence ni négligence. Je n'ai jamais été violée ni battue ni affamée. Néanmoins, je me suis ennuyée en tant qu'adolescente, j'ai consommé beaucoup de drogues, et j'ai fini par devenir folle, plusieurs fois, au cours des années. Mais être dingue n'était pas, en soi, une mauvaise chose. Si j'avais été autorisée à traverser cela - si j'avais été traitée avec gentillesse et compassion, et encouragée à explorer mes pensées et mes visions et à leur donner du sens - cela aurait pu être une expérience merveilleuse, comme le sentiment qui a toujours accompagné le démarrage de ces aventures. Cela pourrait m'avoir enrichie.

La seule chose vraiment mauvaise qui me soit arrivée est la psychiatrie. Cela a endommagé mon corps et mon esprit, cela a détruit mon estime de soi et cela m'a forcée à me réinventer moi-même, encore et encore, à chaque fois qu'elle me déchirait en morceaux.

(traduit de l'anglais)