mercredi 31 décembre 2014

Une bonne et heureuse année

Une bonne et heureuse année à chacun et à chacune d'entre vous, sans torture, sans violence, et sans coercion.

Et si on acceptait de communiquer avec ceux qui nous contredisent en laissant au vestiaire les préjugés, les diplômes, les étiquettes ? C'est une invitation que je lance à tout promoteur de la psychiatrie de débattre avec moi.

Février 2014:
Naissance du blog "dé-psychiatriser".


Septembre: Le blog est bien avancé.
Je rejoins le groupe les Indignés de la Psychiatrie sur facebook.
J'écris à mon député pour faire appliquer la CDPH ONU en France.
J'écris aussi au journaux pour dénoncer les abus psychiatriques: Quotidien du Médecin, Sciences Humaines, Marianne, le Canard Enchainé, Revue Esprit. Pas de réponse.

Octobre:
Relance de mon député.

Novembre:
Ecrit au président Hollande, qui répond poliment sans s'engager sur rien.
Ecrit sur les abus psychiatriques à la Haute Autorité de Santé, et au Comité Consultatif National d'Ethique, pas de réponse.
Ecrit aux journaux: Quotidien du Médecin, le Monde Diplomatique, Libération, l'Express, le Point, le Figaro, Marianne, le Canard Enchainé, Sciences Humaines, Science et Vie. pas de réponse.

Décembre:
Entretien au secrétariat de mon député, promesses de donner suite.
Echange de mail avec le député Denys Robiliard, mais sans suite.
Le blog est fourni maintenant avec un trentaine de bons articles illustrés, référencés.
3000 pages vues.

jeudi 18 décembre 2014

Confiance et contrainte en psychiatrie : l'ultime contradiction

Je partage cette présentation d'Anne-Laure Donskoy sur la coercion en psychiatrie faite au 5ème évènement ONU "Les européens oubliés" consacré aux droits des personnes handicapées.

http://www.europe.ohchr.org/SiteCollectionImages/Events/Disabilities%20symposium%20October%202014/Anne%20Laure%20Donskoy.pdf
 
La page internet de l'évènement:
http://www.europe.ohchr.org/EN/Pages/HRofPersons%20withDisabilities.aspx

C'est un document qui ne laisse pas indifférent.

mercredi 3 décembre 2014

Pourquoi la psychiatrie française torture-t-elle ses victimes en 2014 ?

Par Luc.

4/3/2013 Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Geneve: le rapporteur special sur la torture demande d'arrêter les interventions psychiatriques forcées comme la médication de restriction mentale forcée, les electrochocs, la psychochirurgie, les contentions et l'isolement, et pour l'abolition des lois qui autorisent le traitement et l'enfermement psychiatrique obligatoire.
Raport UN sur la torture psychiatrique

En France, on enferme de force pour un oui ou pour un non, on drogue de force à doses extrêmes avec des produits destructeurs, on attache, on isole, on humilie, on menace, on electrochoque. Les victimes sont les personnes les plus faibles, les enfants et les personnes handicapées. Elles sont traumatisées, droguées de force, stigmatisées et vivent dans la peur. La justice et la police sont au service des charlatans.
 
Comprendre: Rapport parlementaire 2013 Santé mentale et avenir de la psychiatrie, dit rapport Robiliard: http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i1662.asp

Un rapport au service d'une idéologie, qui ignore les victimes de la psychiatrie, ses critiques, ainsi que les conventions ONU

Le rapport donne une fausse impression de consensus. Il ignore la voix des victimes et des survivants de la psychiatrie, qui s'expriment pourtant au travers des associations, mais ne considère que les demandes de ceux qui prétendent s'exprimer au nom des usagers eux-mêmes, en particulier psychiatres et associations de familles. Le rapport ignore les critiques de la psychiatrie, ainsi que les efforts alternatifs de prise en charge des besoins. Le rapport ignore les conventions ONU droits des personnes handicapées et convention contre la torture.


Le système psychiatrique est opaque

Le rapport me parait pauvre en statistiques et en graphiques. Un paragraphe de l'introduction détaille les coûteux efforts bureaucratiques entrepris et avoue qu'ils n'aboutissent pas. Par exemple:

p9: [Enquête RAPSY] "Les résultats obtenus ont été parcellaires, c’est pourquoi, cette enquête n’a pas été renouvelée."

plus loin, on lit:

Le docteur Philippe Leborgne, médecin de santé publique à la Direction générale de la santé (DGS) (1), a reconnu qu’il fallait travailler sur le système d’information puisque actuellement les données n’étaient pas harmonisées de la même manière sur le territoire.

Il me semble évident que le système psychiatrique, dans son ensemble, est opaque. On est tenté de penser que cette opacité est entretenue délibéremment par la profession. C'est inadmissible parce que l'opacité masque aussi l'ampleur des abus de maltraitance et de torture commis dans les institutions.


Le rapport parlementaire représente une profession de foi envers une idéologie
Le texte est long, mais la lecture de l'introduction suffira. Je cite:

"Les maladies psychiatriques, quant à elles, recouvrent des pathologies hétérogènes, comme notamment la schizophrénie, les conduites suicidaires ou les troubles du comportement. Ce sont des maladies multifactorielles, définies par un terrain génétique et des facteurs environnementaux déclenchant, aux conséquences sévères pouvant entraîner une mortalité prématurée et des handicaps associés."

Voilà la profession de foi, la croyance en une idéologie mensongère, pseudo-scientifique.

"Les maladies psychiatriques": ce concept ne correspond pas à la réalité. Une maladie qui n'est pas somatique n'est pas une maladie, c'est une demande autre. Comme par exemple une demande contraceptive adressée au médecin. Je propose de considérer que les "maladies psychiatriques" ne sont pas des maladies mais plutôt des demandes psycho-sociales personnelles, particulières.

"Pathologies hétérogènes": On s'efforce de ne pas réaliser ce qui précède en utilisant des expressions confuses.

"La schizophrénie": le terme schizophrénie (Bleuler 1908) désignait à l'origine les démences précoces, généralement syphilitiques, puis c'est devenu l'observation de la "discordance" ou "dissociation", disons incohérence, une sémiologie qui serait fréquemment la manifestation d'un conflit intériorisé ou peut-être d'une immaturité. On observe cela en particulier chez les victimes de la contrainte psychiatrique, qui sont généralement traumatisées par l'expérience. Par assimilation, les psychiatres désignent aussi comme schizophréne toute personne qui décrit des phénomènes psychiques de type voix intérieure et apparentés, sans qu'un tel phénomène n'ait été compris, ni son caractère anormal démontré. Plus tard, par extension, les psychiatres désignent comme schizophrène toute personne qui leur est présentée et chez qui ils détectent une association variable des critères psycho-sociaux définis dans des ouvrages comme le DSM. Le monde psychiatrique admet généralement la théorie selon laquelle de tels "diagnostics" correspondent à une ou plusieurs maladies somatiques du cerveau, à caractère génétique ou environnemental non précisé. Les psychiatres placent ce concept dans le tiroir plus vaste de la "psychose" ou "névrose psychique" (Karl Constatt, 1841), c'est à dire des clients qui nient la légitimité de leur enfermement et qui ne coopèrent pas, et qu'il faut donc contraindre à coopérer et à reconnaître leur "maladie", par des contentions et du harcèlement moral, et aujourd'hui surtout au moyen de la chimie. Mon opinion: la schizophrénie est une affaire à 99% pseudo-scientifique, et il ne me parait pas légitime d'imposer quoi que ce soit à quiconque au nom d'un tel concept. Au contraire, une prise en charge modeste, faite de respect et de communication serait plus appropriée (comme l'approche de Dialogue Ouvert).

"Les conduites suicidaires": Le suicide n'est pas équivalent à un problème de santé, mais il s'agit d'un geste. Le médecin peut être choisi comme coordinateur de la prise en charge psycho-sociale des tentatives de suicide, mais ce n'est pas forcément le meilleur choix. Si les gestes suicidaires sont automatiquement assimilés à des maladies, et hospitalisés comme tels, c'est tout à fait abusif, et nuisible, en particulier parce que la psychiatrisation est basée sur la coercion et la négation du geste par une chimiothérapie à doses extrèmes. On aboutit à des pratiques de torture et de punition psychiatrique, avec traumatisme, complète non-communication, danger sur la vie des patients et opacité dans les rapports des établissements abusifs.

"Les troubles du comportement": Ce fourre-tout correspond souvent à des demandes qui ne viennent pas de la victime elle-même mais de ses proches ou des agents de l'état. Il s'agit alors de demandes faites au nom d'un prétexte psychiatrique, et destinées à corriger des comportements jugés insupportables, généralement par la coercion, la neutralisation chimique, la punition et la menace, tout cela déguisé en soins. Un tel concept de maladie psychiatrique des comportements piétine les droits de l'homme. Par exemple: Est-ce une maladie que de se faire tatouer ? Est-ce une maladie que de s'intéresser au bouddhisme ? Est-ce une maladie que de manifester ? C'est au nom de ce concept qu'on a psychiatrisé l'homosexualité ou la dissidence.

"Des maladies multifactorielles...": Ce blabla pseudo-scientifique s'explique un peu plus loin: il existe une logique de remboursement des services offerts et d'aide pour handicap qui n'est débloquée qu'au moyen de l'affirmation d'un diagnostic médical. Tout le non-sens psychiatrique pourrait être évité si la bureaucratie appliquait simplement une politique de prise charge et de remboursement des demandes d'aide psycho-sociale sans recourir à la notion de maladie. C'est là tout le bidonnage diagnostique de la psychiatrie: il faut un diagnostic pour recevoir des "soins" psychiatriques et justifier les abus ainsi que les frais médicaux plus ou moins lourds liés à une réponse inappropriée.


Une demande psycho-sociale légitime est assimilée à un problème médical, une charge coûteuse, un ennemi à éliminer.

Je cite, p8: [En 2007] "La Cour des comptes, quant à elle, a évalué le coût économique et social de ces pathologies à environ 107 milliards d’euros par an."

Ici le mot-clé est "pathologies": 'C'est l'assimilation, par défaut, de toute demande psycho-sociale à une "maladie" psychiatrique, et son cortège de déresponsabilisation, de pharmacologie, de négation de sa dimension humaine, personnelle, spéciale, et avec son risque de pérennisation, d'acceptation forcée du rôle social de malade dépendant et drogué, désespéré, de discrimination qui s'ensuit, d'assimilation abusive à de la dangerosité, et tout cela pour un coût humain qu'il est impossible de chiffrer.

Cette mécanique revient à désigner la personne comme un problème, une charge négative, péjorative, un ennemi qu'il s'agit de réduire voire d'éliminer, au lieu d'entreprendre une démarche ouverte d'identification de ses besoins.

Les demandes d'aide psycho-sociales sont légitimes, personnelles et variées, mais leur prise en charge financière correspond à des décisions politiques qu'il faut considérer sereinement, et, à mon avis, sans discriminer. Je pense que les politiques ne doivent pas être otages d'une corporation de charlatans arqueboutés sur une idéologie dépassée.


La démarche qualité est refusée car elle expose l'imposture psychiatrique

p12 "Le docteur Jean Oury, directeur de la clinique de La Borde et le Collectif des 39, d’autres usagers et psychiatres ont mis en cause la Haute Autorité de Santé (HAS). Ils considèrent les certifications comme chronophages, entraînant des frais à la nécessité discutée. Surtout, ils pensent qu’elle met en oeuvre un processus de normalisation reposant sur une médecine basée sur les preuves dont ils récusent la pertinence en matière psychiatrique."

La HAS fait son travail en proposant des certifications qualité. Cette démarche est rejetée par les psychiatres non pas pour des raisons de coûts (prétexte), mais simplement parce qu'elle expose l'imposture fondamentale de la psychiatrie. C'est à dire s'accaparer la prise en charge des demandes psycho-sociales, au moyen de drogues et de coercion, et prétendre.

La psychiatrie n'est pas de la médecine, et la psychiatrie n'est pas scientifique. Pour ces raisons, la médecine basée sur des preuves ne peut aboutir qu'à exposer la psychiatrie comme une imposture, et c'est pourquoi ces psychiatres la refusent.


Un tissu de contradictions, et le refus de considérer le modèle social

p10 "Lors de son audition (1), le docteur Christian Muller, président de la Conférence nationale des présidents des commissions médicales d’établissements des centres hospitaliers spécialisés, est revenu sur l’émergence de cette notion de santé mentale qui, selon lui, risque de diluer les soins : « Être malheureux ne relève pas du soin. »

Si j'ai bien compris, ce psychiatre prétend s'occuper des demandes psycho-sociales, mais uniquement selon un modèle médical... C'est un peu comme si l'on vous disait: "Je veux bien vous enfermer, vous droguer et vous électrochoquer pour vos idées noires, mais vos raisons et vos sentiments ne m'intéressent pas."

Plus loin: "Les réflexions de votre Rapporteur privilégieront la prise en charge des maladies mentales"

C'est à dire que le rapport va être construit sur cette contradiction, et qu'il nie le modèle social du handicap, basé sur les droits de l'homme, sans discrimination, pourtant recommandé par les conventions ONU, comme la CDPH.



Notes:

Isolement et contention dans les établissements de santé mentale France
Le rapport 2016 de la Controleure générale des lieux de privation de liberté:
http://www.cglpl.fr/2016/isolement-et-contention-dans-les-etablissements-de-sante-mentale/

Rapport thématique torture et soins du 1/2/2013 du rapporteur spécial contre la torture à l'ONU:
http://antitorture.org/wp-content/uploads/2013/03/A.HRC_.22.53_English_Thematic_Healthcare.pdf 

Rapport de visite 2010 des établissements français par le Comité de prevention de la torture du conseil de l'Europe :
http://www.cpt.coe.int/documents/fra/2012-13-inf-fra.htm
(cet organisme financé par les états signale de nombreux abus: que serait-ce si il était indépendant ?)

Même le journal Le Monde s"émeut:
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/04/19/selon-le-conseil-de-l-europe-un-usage-abusif-de-l-isolement-dans-les-hopitaux-psychiatriques-francais_1687842_3224.html

Une interview du député Denys Robiliard dans Liberation qui confirme la dérive abusive:
http://www.liberation.fr/societe/2013/12/25/on-assiste-a-une-forte-derive-de-la-psychiatrie_968916

Des prises en charge modestes, avec respect de la personne, et communication, sont possibles:
Open Dialogue (Finlande)

La coercion dénoncée:
"Coercion as cure" Thomas Szasz, 2007

Sur la schizophrénie, des livres gratuits:
"Understanding Psychosis and Schizophrenia" The British Psychological Society Nov 2014, 180 p. https://www.bps.org.uk/…/understanding_psychosis_-_final_19… www.bps.org.uk bps.org.uk

"Punishing the patient" de Richard Gosden, 2001

La psychiatrie est pseudo-scientifique:
http://www.evolutionnews.org/2013/05/how_a_scientifi071931.html

Sur les pseudo-diagnostics psychiatriques et l'étiquetage discriminant:
Labellisations psychiatrique: les dossiers de Mind Freedom:
http://www.mindfreedom.org/kb/mental-health-abuse/psychiatric-labels
http://www.mindfreedom.org/kb/mental-health-abuse/psychiatric-labels/not-mentally-ill

Une théorie sur le diagnostic qui stigmatise:
http://www.winmentalhealth.com/mental_illness_stigma_labeling_theory.php

Schizophrenie est un terme invalide:
http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/6033013.stm
http://www.mindfreedom.org/kb/mental-health-abuse/psychiatric-labels/bbc-schizophrenia-term-use-invalid

vendredi 21 novembre 2014

Le piège de la santé mentale

La santé mentale en Angleterre, 1655.

Il faisait l'unanimité en matière de santé mentale, d'éxécuter en place publique les sorcières désignées comme telles par des professionnels agréés.

La santé mentale en France, 2014.

Il fait l'unanimité en matière de santé mentale, d'enfermer, de droguer de force, de pratiquer la contention et l'isolement, voire les électrochocs, sur des psychotiques désignés comme tels par des professionnels agréés.


pendaison publique de sorcières, image wikimedia

Les sorcières étaient des hommes et des femmes comme vous et moi, qui faisaient l'objet de dénonciation. Après cela c'était l'engrenage, arrestation, torture, exécution: ces victimes étaient les sacrifices humains d'une idéologie.


Aujourd'hui une autre idéologie pratique d'autres sacrifices humains, tout aussi aberrants. Le même type d'engrenage sévit en France: dénonciation par autrui, désignation comme personne nécessitant des soins, hospitalisation sans consentement, torture psychiatrique, et cercle vicieux de l'auto-dépréciation, discrimination, ruine des perspectives socio-professionnelles et maritales, dépression, empoisonnement / addiction de la drogue psychiatrique et ses complications, et finalement acceptation du rôle social de malade mental à vie.

La psychiatrie est un mensonge collectif, elle est un Moloch nourri de sacrifices humains, elle est une idéologie aberrante et une religion d'état.

Plutôt que de parler de santé mentale collective, je suggère de considérer à la place l'épanouissement psycho-social individuel de chacun et comment ne pas l'entraver. C'est à dire cultiver une attitude de modestie et de respect face à l'être humain...

mercredi 19 novembre 2014

Réflexions: La folie est une relation d'incommunication

Par Luc.

Qu'est-ce que la folie ?
La folie est une relation d'incommunication.


(Masque de tranquillisation des patients, inventé par Herr Doktor Johann Authenrieth, 1772-1835)

Il y a le refus d'écouter, le refus de s'exprimer, et l'incompétence à dialoguer.

Quand on ne communique pas, alors il y a conflit, et violence. Le conflit évolue vers la destruction du parti le plus faible ou bien vers la domination d'un parti sur l'autre parti.


On pourrait voir la folie comme une relation entre un parti dominant et la personne qui est soumise à la manière d'un abus.

La relation est de nature sado-masochiste. C'est un rapport d'esclavage qui peut faire l'objet d'un contrat. Cet ethos peut être un standard culturel dans les rapports parents-enfant, époux-épouse et citoyen-pouvoir. Elle peut s'entretenir à vie.

Quand il faut vendre une relation abusive ou sado-masochiste culturellement choquante à l'extérieur de la relation, alors il devient nécessaire d'utiliser des prétextes, des artifices, des mystifications. Une de ces mystifications a pour nom psychiatrie. La personne dominée abusivement fait l'objet d'une infériorisation et d'une stigmatisation sous la forme d"un diagnostic psychiatrique. L'abus est justifié alors par le prétexte "thérapeutique".

L'argument psychiatrique offre éventuellement pour la personne dominée des avantages, des prestations en nature, des allocations, ainsi que des instruments psycho-pharmacologiques d'entretien de l'attitude de soumission.

Le parti dominant n'est pas forcément une personne humaine, elle peut être une famille, une communauté ou bien une société toute entière ou encore son représentant: psychiatre ou juge, institution.


Le baillon n'est pas seulement physique

Les instruments utilisés pour empêcher l'expression sont nombreux. Le baillon facial inventé par Johann Authenrieth est un abus bien visible.

Le diagnostic psychiatrique réalise un baillon plus subtil: parce que la personne est stigmatisée par la psychiatrie, alors tout ce qu'elle peut vouloir exprimer est rejeté par tous comme une simple expression de sa "pathologie". C'est le refus d'écouter.

Le baillon est aussi dans l'auto-dépréciation de la victime. Celle-ci peut se dire: "Je suis folle, ma tête ne fonctionne pas bien, mes pensées et mon ressenti sont sans valeur. A quoi bon me rebeller puisque je suis incapable d'autonomie ? Et puis j'ai peur. Je vais plutôt répéter le répertoire de la maladie puisque mon rôle de malade est davantage valorisant socialement."

Enfin la mystification se protège elle-même en baillonnant ceux qui ne la servent pas, par le déni du droit à la critiquer, ou par le déni de la compétence de ceux-ci à prétendre la critiquer. 


Comment soigne-t-on la folie ? 

En modifiant la perception culturelle du rapport abusif de domination/soumission.
En dénonçant les pratiques de mystification et d'endoctrinement du parti dominant.
En enseignant à chacun comment se libérer des mystifications et résister aux méthodes d'endoctrinement.
En réduisant les pouvoirs et l'impunité du parti dominant en position d'abus. 
En changeant les termes du contrat de soumission abusive.
En offrant des perspectives positives à l'affranchissement des personnes abusées dans une soumission.
En enseignant à dialoguer de façon compétente, c'est à dire patiente, respectueuse, non menaçante, authentique, réelle, sincère, à deux sens.
En offrant des opportunités et des espaces de sécurité mutuelle pour restaurer le dialogue et le respect mutuel entre les différents partis.


Et concrètement ?

Dénonciation des abus, des impostures pseudoscientifiques de la psychiatrie.
Lois de respect des droits des patients. Prise de pouvoir du patient.
Aides sociales, aides juridiques, opportunités professionnelles indépendantes de la psychiatrie.
Séparer état et psychiatrie. Séparer médecine et psychiatrie.
En matière psychothérapeutique, les approches par le dialogue offrent des perspectives intéressantes
Enseigner le discernement, le respect de soi-même, la non-discrimination, le respect d'autrui, et le dialogue. 




Notes:
Open Dialogue est une approche nouvelle de problèmes psychiatriques considérés comme incurables.
Open Dialogue UK


Un article de l'Institut des Sciences de la Communication:
http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?article1813

L'art du désaccord, les 6 niveaux de qualité d'un argument d'après Paul Graham:
de l'insulte, l'attaque ad hominem, jusqu'à la réfutation complète:
http://idoric.free.fr/dotclear/index.php/post/2009/06/07/L-art-du-desaccord

La communication non-violente ou CNV offre des approches utiles:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_non-violente_%28Rosenberg%29

(CNV, image wikipedia)


Une histoire de sado-masochisme

Relisez l'histoire de la psychiatrie: contentions, tortures, hydrothérapies, baillons, enemas, purges violentes, humiliations, domination morale, reconditionnements, chasteté et dispositifs anti-masturbation, traitements de l'hystérie, hypnose, infantilisation, lit forcé, punitions et menaces, chocs et drogues de soumission. Allez voir sur internet: une bonne partie de ce répertoire est proposé aux clients des professionnelles de la domination fétichiste sado-maso. L'histoire des pratiques psychiatriques est un répertoire du sado-masochisme.


vendredi 14 novembre 2014

Lettre ouverte au président français: que cesse la torture psychiatrique

Par Luc.

Monsieur le Président de la République,

Je vous prie de bien vouloir considérer les requêtes suivantes:

Que cesse la torture psychiatrique en France, telle qu'elle a été définie le 4/3/2013 au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Genève, par le rapporteur special sur la torture: interventions psychiatriques forcées comme la médication de restriction mentale forcée, les électrochocs, la psychochirurgie, les contentions et l'isolement, et pour l'abolition des lois qui autorisent le traitement et l'enfermement psychiatrique forcé.

Que les lois domestiques soient mises en conformité avec la convention de l'ONU relative aux droits des personnes en situation de handicap (CDPH). Abrogation des loi n° 2013-869 du 27 septembre 2013, loi n° 2011-803 du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge, et lois afférentes, qui ne respectent pas cette convention.

Que soit mis fin aux détentions psychiatriques pour motif de difficultés psycho-sociales, de danger supposé envers soi-même et les autres, ou de supposée inaptitude à comparaître en justice. (Déclaration ONU sur l'article 14 de la CDPH, septembre 2014.)

Que soit reconnue la complète capacité juridique et citoyenne à égalité entre tous pour les personnes en situation de handicap psycho-social, ainsi que la cessation de toute espèce de discrimination. (CG1 de l'ONU sur l'article 12 de la CDPH.)

Que soit effective l'évaluation faite par les personnes en handicap psycho-social, les usagers et survivants de la psychiatrie, du système destiné à les aider (prise de pouvoir du patient, démocratie de la santé.)

Que soit remplacé le modèle médical actuel pour la prise en charge des difficultés psycho-sociales des patients-citoyens par le modèle social. (principe de base de la CDPH.)

Ayant confiance en votre attachement à la défense des droits de l'homme, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma très haute considération.

PS: ce courrier fait suite à mes courriers du 9/9/2014 et du 27/10/2014, adressés au député de ma circonscription, et pour lesquels je n'ai pas reçu de réponse. Copies adressées à ce député ainsi qu'au Président de l'Assemblée Nationale.

Le 18 novembre 2014.



Réponse reçue datée du 28 novembre 2014:

"Monsieur,

Le Président de la République a bien reçu le courrier que vous avez souhaité lui adresser et m'a confié le soin d'y répondre.

Soyez certain que vos réflexions ont fait l'objet de la meilleure attention.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée."

mercredi 12 novembre 2014

La fumisterie de l'anosognosie psychiatrique

Par Luc.

Le recueil du consentement de la personne est à faire dans tous les cas.

Article 36 (article R.4127-36 du code de la santé publique) (commentaires révisés en 2003) :
Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d'exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposés, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences.


Mais cette éthique médicale est bafouée par les charlatans.

Au nom de quoi les psychiatres se permettent-ils d'enfreindre ce principe fondamental de l'éthique médicale ? Au nom d'une pseudo-science qui a nom psychiatrie. Pas besoin de prouver quoi que ce soit par l'imagerie ou par l'analyse biologique. Non, non, il suffit au psychiatre de juger son client à sa mine, et de lui coller un "diagnostic" psychiatrique à la figure, et voilà, le tour est joué, la victime est dépouillée magiquement de sa "capacité à consentir", et tout devient permis.


Le bidonnage de l'anosognosie.

L'invention des psychiatres pour justifier cet énorme abus est le détournement du concept neurologique d'anosognosie. Joseph Babinski en 1914 inventa le concept en associant des lésions anatomiques du lobe pariétal de l'hémisphère droit au fait que ces malheureux soldats blessés au front par balles ou éclats d'obus ne semblaient pas conscients de leur état.

Nos psychiatres récupèrent ce concept en affirmant, sans rire, que leurs victimes non consentantes souffrent d'anosognosie. Si vous émettez un doute sur les affirmations non prouvées du charlatan, alors vous souffrez d'une forme psychiatrique d'anosognosie, qui vient conforter, naturellement, le "diagnostic" psychiatrique de "psychose".

Il suffit d'évoquer le "déni" pour faire enfermer de force


Cette grossière imposture va jusqu'à tromper les journaux scientifiques.

On pourrait penser qu'une telle absurdité ne convaincrait personne. Que nenni, les imposteurs persistent et signent, par exemple dans ce papier de 2006, publié par Psychiatry and Clinical Neurosciences:
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1440-1819.2006.01576.x/full

Ces gens ont analysé le cerveau de victimes de la psychiatrie sélectionnées parmi celles qui présentaient des dyskinésies tardives. C'est à dire des pauvres gens qu'on a drogué de force aux neuroleptiques à tel point que leur cerveau a été si bien endommagé qu'ils ont présenté ces complications. Toutes ces victimes ont donc reçu le pseudo diagnostic psychiatrique de schizophrénie. Les auteurs découvrent que les cerveaux de ces victimes sont en général rétrécis en particulier au niveau du lobe frontal, et ils en déduisent fièrement que l'anosognosie des schizophrènes est liée à une altération du lobe frontal !


Une sinistre fumisterie

Pour valider et publier une telle imposture, peut-être faut-il manquer de la circonvolution cérébrale du bon sens ou du lobe de cette humanité qui est capable d'empathie pour ses congénères. Les lésions frontales observées sont le résultat des traitements prolongés au neuroleptiques, tout comme les dyskinésies. L'anosognosie psychiatrique est une fumisterie au service du viol psychiatrique.


Le viol de la personne

Les psychiatres incorporent donc l'anosognosie dans leur jargon pour justifier ce viol de la personne qu'ils prétendent aider: "Anosognosie", qui signifie que le "patient" aurait un "défaut dans le cerveau" qui "l'empêcherait" d'être d'accord avec son psychiatre sur une prétendue "maladie de la personnalité" qu'il aurait "diagnostiqué" et/ou sur sa proposition de "traitement". Notez que c'est très pratique, puisque le psychiatre se dispense lui-même de prouver quoi que ce soit par rapport à cette prétendue anosognosie psychiatrique, pas plus d'ailleurs qu'une lésion supposée de la circonvolution cérébrale du consentement éclairé. Il suffit au psychiatre de la supputer pour vous faire hospitaliser et droguer et torturer généralement contre votre avis et sans votre consentement, et bien sur sans vous informer de quoi que ce soit.




Quand tout est permis, on torture.

Le 4/3/2013 au conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Geneve, le rapporteur spécial sur la torture demanda d'arrêter les interventions psychiatriques forcées comme la médication de restriction mentale forcée, les electrochocs, la psychochirurgie, les contentions et l'isolement, et pour l'abolition des lois qui autorisent le traitement et l'enfermement psychiatrique obligatoire.
Raport UN sur la torture psychiatrique


Le traumatisme lié au non-consentement est sévère:
 

Les hospitalisations et soins sans consentements provoquent des syndromes de stress post-traumatiques et des conduites d'évitement. Dans cette étude la moitié des patients sont traumatisés:
http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients


Abrogation des lois aberrantes:

Vous trouvez normal que les gens vivent dans la peur ?
Réclamez à votre député l'abrogation des lois aberrantes:
Abrogation des loi n° 2013-869 du 27 septembre 2013, loi n° 2011-803 du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge, et lois afférentes.

Au motif de non conformité avec les conventions ONU contre la torture et pour les droits des handicapés, sinon au motif de simple humanité.



Sur le rétrécissement de la matière grise après un traitement neuroleptique:
Article du Dr Joanna Moncrieff:
http://www.madinamerica.com/2013/06/antipsychotics-and-brain-shrinkage-an-update/