dimanche 9 mai 2021

Consultation ONU sur la désinstitutionalisation: notre communiqué pour la France

Notre collectif « Arrêt des traitements forcés » est un groupe d’usagers et ex-usagers de la psychiatrie en France[7]. Notre circonscription est constituée des personnes avec handicap psychosocial.

En France, en 2018, 108 900 enfants étaient institutionalisés en instituts médico-éducatifs (IME) et 15 980 en instituts thérapeutiques éducationels et pédagogiques (ITEP). Les critères pour le placement des enfants en IME sont, d’après le document de l’administration : « les déficiences à prédominance intellectuelle », et pour les ITEP, je cite: « les troubles du comportement qui perturbent leur socialisation et l’accès aux apprentissages, sans pathologie psychotique ni déficience intellectuelle »[1]. Le nombre de places est en augmentation[2]. 

L’enfant en France n’est généralement pas consulté pour les choix le concernant et ses choix ne sont pas respectés.

Nous demandons que les enfants soient consultés et que leurs choix soient respectés.
La réalité de ces instituts est sombre, avec des traitements psychiatriques forcés.
L’administration autorise la prescription du médicament Rispéridone aux enfants de 5 ans, sous certaines restrictions qui ne sont pas respectées en pratique[3].
Nous demandons qu’aucun traitement psychiatrique ne soit imposé à un enfant.
Aussi nous pensons que le modèle médical du handicap est toujours la norme dans les textes et les lois en France et nous demandons un changement urgent.

En France, en 2019, 319 000 personnes ont été hospitalisées à plein temps dans des unités psychiatriques. La durée moyenne d’hospitalisation sur l’année était de 56 jours. 81 000 personnes ont été hospitalisées de force. Ce nombre est en augmentation[4].
Un nombre inconnu de personnes est sous traitement psychiatrique forcé, certaines sous la menace d’une hospitalisation forcée, d’autres parce qu’elles ne peuvent trouver l’aide médicale dont elles ont besoin pour réaliser le sevrage des médicaments.

Notre témoignage, c’est que de nombreuses personnes ont été maltraitées dans les hôpitaux psychiatriques, tellement que certaines personnes ne parviennent pas à surmonter le traumatisme subi, et certaines ne consultent plus jamais un médecin, et certaines ont été forcées de s’exiler pour échapper à la menace des hospitalisations forcées.
Nous demandons l’arrêt immédiat des hospitalisations forcées et des traitements forcés et le changement des lois de santé mentale.

Les bonnes pratiques sont décrites sur le site du CHRUSP[5] et aussi dans la formation de l’OMS Quality Rights Training[6]. Nous demandons que ces bonnes pratiques deviennent effectives en France.


Références :

[1] Ministère des Solidarités et de la Santé : Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. L’offre d’accueil des personnes handicapées dans les établissements et services médico-sociaux fin 2018. Thomas Bergeron, Laurence Dauphin
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications/etudes-et-resultats/loffre-daccueil-des-personnes-handicapees-dans-les-0

[2] Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie: le bilan des plans, 2019.
https://www.cnsa.fr/outils-methodes-et-territoires-organisation-de-loffre/programmation-et-creation-de-places-en-etablissement-ou-service/le-bilan-des-plans

[3] Autorisation de mise sur le marché du rispéridone en pédopsychiatrie
http://agence-prd.ansm.sante.fr/php/ecodex/rcp/R0306587.htm

[4] Agence technique de l'information sur l'hospitalisation. Psychiatrie chiffres clés 2019
https://www.atih.sante.fr/sites/default/files/public/content/2554/atih_chiffres_cles_psy_2019.pdf

[5] CHRUSP good practices
http://www.chrusp.org/home/good_practices

[6] WHO Quality Rights training
https://www.who.int/publications/i/item/who-qualityrights-guidance-and-training-tools

[7] Le collectif:
http://depsychiatriser.blogspot.com/

 


 #Standup4humanrights

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