lundi 28 janvier 2019

50 millions d'euros pour l'imposture psychiatrique en France


Communiqué de presse du ministère de la santé ici:
https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/181221_-_cp_-_psychiatrie.pdf

Opinion par Jules Malleus.

Un peu d'argent pour la 'médecine de l'âme'. Cette médecine qui s'occupe d'un organe qu'on n'a jamais identifié, car il est de nature métaphysique. L'argent des contribuables alloué à une imposture pseudomédicale et pseudoscientifique.

L'argent, c'est à dire du pouvoir. Un peu plus de pouvoir à une corporation à qui la société confère déjà les pouvoirs extraordinaires de prescription, de ponction sur les cotisations de chacun et sur l'argent public, d'expertise, de politique, de coercition, d'arrestation arbitraire, de torture et de dégradation des êtres humains à un statut d'esclave chimiquement contraint, quelquefois à vie.

Une corporation régulièrement dénoncée pour ses abus et ses liens avec l'industrie pharmaceutique, qui n'accepte pas la critique et qui applique la loi du silence au nom de la 'confraternalité'.

Quoi d'autre ?

Agnès Buzyn mentionne les attentes légitimes des professionnels et des familles, mais pas les attentes légitimes des usagers.

Ces 50 millions d'euros sont supposés aider les usagers: pourquoi ceux-ci n'ont-ils pas été consultés sur l'usage qui sera fait de cet argent?

Quoi d'autre ?

"Création d’un fonds d’innovation en psychiatrie doté de 10 millions d’euros."

A quoi bon tenter de reconstruire un édifice d'imposture qui n'a jamais rien prouvé depuis son invention?

"Priorisation des moyens et capacités d’accueil en pédopsychiatrie dans les territoires."

La psychiatrie est nuisible aux adultes et engendre des épidémies de suicides[1][2][4], de traumatismes[3], de maladies iatrogènes[5] et de dépendances pharmacologiques. Combien davantage nuisible est la pédopsychiatrie, qui s'en prend à ceux qui ne peuvent pas se défendre?


Nous attendons:
    • Démocratie de la santé: Pouvoir politique aux usagers.
    • Les droits de l'homme en santé mentale. Arrêt de toute contrainte psychiatrique.
    • Formation du personnel aux Droits de l'Homme. QualityRights training de l'OMS.
    • Pas de discrimination sur la base d'un handicap psychosocial (CDPH ONU, Article 12, CG1). 
    • Abolition des lois de discrimination basées sur le handicap en santé mentale et abolition des tutelles.
    • La fin du modèle médical du handicap, son remplacement par le modèle handicap basé sur les droits de l'homme.
    • La désinstitutionnalisation. La fin des ségrégations pour cause de handicap.
    • Les alternatives de type dialogue ouvert, psychothérapies, empowerment, rétablissement.
    • Le soutien aux groupes d'entraides et assos d'usagers.




    Agissons:

    Ce ne sont pas des soins que d'abattre une personne avec 5 ampoules de neuroleptiques. C'est de la torture avec menace sur la vie, pratiquée par l'autorité morale, au nom de tous.

    Ce n'est pas un traitement que la camisole chimique pendant des années, sans recours possible, parce que cela arrange le médecin. Cela empêche tout progrès ainsi que le rétablissement.

    Non au poisons injectés de force qui rendent anxieux et dépendant, qui ruinent le système nerveux et la santé.

    Ce ne sont pas des soins mais des traumatismes sévères et des atteintes graves à l'intégrité physique et mentale de la personne. Ce sont des traitements inhumains et dégradants.

    Pétition contre les traitements forcés et les hospitalisations forcées:
    https://www.change.org/p/abolir-l-hospitalisation-forc%C3%A9e-et-le-traitement-forc%C3%A9





    Comprendre: Pourquoi la psychiatrie peut-elle être nuisible?

    La médecine est une affaire sérieuse, qui peut faire beaucoup de mal aux personnes au nom du bien.

    La société confère un pouvoir extraordinaire aux médecins: c'est une responsabilité, qui impose une éthique impeccable.

    Le bon médecin doit cultiver le discernement, et connaitre les limites de sa compétence. Son domaine de compétence est la matière vivante, ce qu'on examine au microscope, ce qu'on objective par l'imagerie et les analyses biologiques, et qu'on prouve au moyen d'expériences reproductibles.

    Le médecin applique le schéma "demande, diagnostic, maladie, traitement". Il s'appuie sur des preuves. Il utilise des poisons, c'est dangereux, mais c'est utile par exemple pour tuer des microbes. Le médecin s'occupe de manière légitime des maladies du systéme nerveux et du cerveau, c'est la neurologie.

    Mais le médecin ne peut pas et ne doit pas se mêler ni de psychologie ni de spiritualité. Ces schémas du médecin ne s'appliquent pas à des demandes psychosociales. Ses instruments n'y servent à rien. Ses poisons y sont nuisibles. Son pouvoir y devient oppression.

    Les schémas de la médecine ne s'appliquent pas en santé mentale: l'usager n'est pas une maladie à traiter mais un être humain avec des droits. Sa personnalité n'est pas un objet à bricoler, mais son respect est un droit de l'homme.

    Les diagnostics psychiatriques (hors neurologie), ne sont pas des objets caractérisés en pathologie. Ils ne sont pas faits sur l'imagerie ni les analyses. En réalité ce sont des stéréotypes psychosociaux qui sont basés sur des préjugés, qui véhiculent des idées fausses, qui s'appuient sur la peur. Ces stéréotypes sont des objets stigmatisants, diffamants, ils sont collés à vie sur les personnes désignées, les privent de leur liberté, les déresponsabilisent, les désespèrent, les empêchent de progresser. Mais les demandes adressées à la psychiatrie sont des dysfonctionnements de la relation entre une personne et son environnement. C'est cette relation que l'on devrait s'efforcer d'adresser.

    Le 'traitement' en psychiatrie peut être la fourniture d'un produit psychopharmacologique dangereux dont l'usager devrait être seul responsable et bien informé des conséquences de sa demande et des alternatives possibles. En particulier l'usager doit être informé que ces produits modifient les états de conscience, les émotions, la mémoire, les talents, qu'ils altèrent durablement le système nerveux, rendent dépendant et malade. Le 'traitement' peut être un effort pour modifier la personnalité, par la punition, le 'recadrage', quelquefois par la torture ou par une autre forme de coercition. Ou encore il peut s'agir d'une incapacitation pénale déguisée, sans crime et sans jugement. Mais rien de tout ceci ne constitue un soin.


    Liens:

    Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017
    http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

    Les alternatives à la coercition en psychiatrie
    Piers Gooding, Bernadette McSherry, Cath Roper, Flick Grey, Melbourne University, 2018
    https://socialequity.unimelb.edu.au/news/latest/alternatives-to-coercion

    Quality Rights Guidance and Training de l'OMS
    https://www.who.int/mental_health/policy/quality_rights/guidance_training_tools/en/

    Porsdam Mann, Sebastian et al. “Human Rights-Based Approaches to Mental Health: A Review of Programs” Health and human rights vol. 18,1 (2016): 263-276.
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5070696/

    Rapport Santé Mentale Europe
    https://mhe-sme.org/coercionreport/

    La contention peut être appelée torture.
    Professor Bernadette McSherry, Melbourne University, 2016
    https://pursuit.unimelb.edu.au/articles/four-corners-using-restraints-can-be-called-torture

    La controleuse des lieux de privation de liberté dénonce les abus
    https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/25092-Adeline-Hazan-En-psychiatrie-recours-l-hospitalisation-consentement


    [1] Hjorthøj CR, Madsen T, Agerbo E, et al. Risk of suicide according to level of psychiatric treatment: a nationwide nested case-control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1357–65.

    [2] Large MM, Ryan CJ. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1353–5.

    [3] Les hospitalisations et soins sans consentements provoquent des syndromes de stress post-traumatiques et des conduites d'évitement. Dans cette étude la moitié des patients sont traumatisés Priebe, Stefan & Bröker, Matthias & Gunkel, Stefan. (1998). Involuntary admission and posttraumatic stress disorder in schizophrenia patients. Comprehensive psychiatry. 39. 220-4. 10.1016/S0010-440X(98)90064-5.
    http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients

    [4] Aust N Z J Psychiatry. 2004 Nov-Dec;38(11-12):933-9.
    Do nations' mental health policies, programs and legislation influence their suicide rates? An ecological study of 100 countries.
    Burgess P1, Pirkis J, Jolley D, Whiteford H, Saxena S.
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15555028

    [5] Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217

    jeudi 17 janvier 2019

    Contre Oviedo: Ecrire au Comité DH-BIO

    Le protocole additionnel à la Convention d'Oviedo est ce projet de régression des Droits de l'Homme en psychiatrie proposé par le Comité DH-BIO du Conseil de l'Europe, en complète ignorance du standard international de l'ONU, défini dans la Convention des Droits des Personnes Handicapées (CDPH).

    La Bulgarie, la Macédoine, la Suisse, le Portugal s'opposent à ce projet Oviedo.

    En France le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, dénonce aussi ce projet Oviedo.
    https://juridique.defenseurdesdroits.fr/index.php?lvl=notice_display&id=26814

    De nombreuses ONG dénoncent ce projet aussi, comme:
    • Autism Europe
    • European Disability Forum
    • ENUSP
    • Mental Health Europe
    • Inclusion Europe
    • EASPD
    • Disability Rights International
    • International Disability Alliance
    • Validity

    Flyer ici:
    https://drive.google.com/file/d/1WyoX1hZ-b-Q5yFg51T9ytVJtxpv5ONRn/view?usp=sharing

    Chacun peut écrire à ce Comité DH-BIO en suivant ce lien:

    https://www.coe.int/fr/web/bioethics/contact-us

    J'ai écrit le message suivant:

    #withdrawoviedo
    Contre le protocole additionnel à la convention d'Oviedo.
    Plus de 10000 personnes s'opposent aux traitements forcés et aux hospitalisations forcées dans cette pétition:
    https://www.change.org/p/abolir-l-hospitalisation-forc%C3%A9e-et-le-traitement-forc%C3%A9


    C'est à vous de faire entendre votre voix pour défendre les Droits de l'Homme.




    Lisez aussi:

    Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017
    http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

    La campagne ENUSP contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo: http://enusp.org/2018/04/18/enusp-started-campaign-against-the-draft-additional-protocol-to-the-oviedo-convention/

    Les alternatives à la coercition en psychiatrie
    Piers Gooding, Bernadette McSherry, Cath Roper, Flick Grey, Melbourne University, 2018
    https://socialequity.unimelb.edu.au/news/latest/alternatives-to-coercion

    La contention peut être appelée torture.
    Professor Bernadette McSherry, Melbourne University, 2016
    https://pursuit.unimelb.edu.au/articles/four-corners-using-restraints-can-be-called-torture


    Et sur ce blog:

    https://depsychiatriser.blogspot.com/2018/09/appel-contre-le-projet-de-protocole.html
    http://depsychiatriser.blogspot.com/2018/05/appel-pour-labandon-du-protocole.html


    samedi 12 janvier 2019

    Etude sur les directives anticipées psychiatriques en France

    Les directives anticipées psychiatriques ou DAP, c'est quoi ?

    C'est un moyen pour l'usager d'anticiper les difficultés et de s'y préparer.

    Cela permet de décider par avance des mesures spécifiques à prendre et de définir celles que l'on doit éviter.

    Cela permet aussi de désigner une personne de confiance qui aidera à communiquer les souhaits de la personne.

    (D'après "The Paradigm of Supported Decision Making" par Tina Minkowitz
    https://www.academia.edu/8770379/The_Paradigm_of_Supported_Decision-Making)


    Les directives anticipées s'inscrivent dans les Droits de l'Homme

    Les directives anticipées psychiatriques s'inscrivent dans les Droits de l'Homme. Elle sont une forme de prise de décision assistée. La Convention ONU relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) stipule que les prises de décision substitutives doivent être abolies et remplacées par des prises de décision assistées.

    L'article 12 de la CDPH spécifie que les personnes avec un handicap psychosocial sont devant la loi à égalité avec les autres. La discrimination basée sur le handicap devant la loi est abolie.

    Ainsi le respect du consentement éclairé dans les décisions médicales doit s'appliquer à égalité avec les autres. Et la personne doit pouvoir changer d'avis et revoir sa décision à tout moment.

    ONU Convention CDPH, Commentaire général 1 sur article 12
    http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx


    Les prises de décision substitutives sont:

    - Tutelle, curatelle.
    - Lois de santé mentale permettant l'hospitalisation forcée ou le traitement forcé.

    Elles sont à abolir car elles réalisent une discrimination basée sur le handicap devant la loi.

    Les hospitalisations forcées et les traitements forcés sont des actes violents, traumatisants, assimilables à des tortures, portant atteinte à l'intégrité physique et mentale des personnes.


    Les prises de décision assistées signifient que la personne décide par elle-même et reçoit assistance si elle le demande:

    - Respect de la personnalité juridique à égalité avec les autres.
    - Respect du consentement éclairé à égalité avec les autres.
    - Information fournie sous une forme accessible.
    - Directives anticipées.
    - Assistance fournie par la personne de confiance.
    - Assistance par la pair-aidance.
    - Réseaux d'assistance familiaux, communautaires, etc...


    Les directives anticipées psychiatriques dans le monde.

    Dans les pays qui discriminent devant la loi les personnes avec handicap psychosocial, les directives anticipées psychiatriques ont un rôle légal.

    Aux USA, les DAP existent dans 25 états.
    En Angleterre et au Pays de Galles, les DAP existent depuis 2005.
    En Allemagne, les DAP existent depuis 2009.
    En Autriche, en Suisse, les DAP peuvent être utilisées.
    En Australie, en Nouvelle Zélande aussi.
    En Inde, les DAP existent depuis 2018.


    Quelle est la situation en France ?

    Les lois de santé mentale de 2011 et 2013 et les lois sur les tutelles discriminent les personnes sur la base d'un handicap psychosocial.
    Les directives anticipées existent en France pour les fins de vie.
    Code de la santé publique : articles R1111-17 à R1111-20.
    Les directives anticipées psychiatriques ne sont pas reconnues légalement.


    2019: Etude sur les directives anticipées psychiatriques à Lyon, Marseille, Paris.

    Il s'agit d'une étude statistique qui va comparer le 'parcours de soins' des personnes qui rédigeront des directives anticipées à celles qui ne les rédigeront pas.

    L'étude considère les DAP comme seulement 'incitatives' dans la décision.


    Que dit l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé)? Arrêtez la coercition en santé mentale.


    "Mettre fin à la coercition en matière de santé mentale.
    Il est temps de changer.
    De l'institutionnalisation à l'inclusion communautaire.
    Nous avons tous les mêmes droits.
    La santé est un Droit de l'Homme."
    Image depuis : https://www.facebook.com/WHO/photos/a.167668209945237/2140775225967849/

    "Dans le contexte des soins en santé mentale, de nombreux usagers sont exposés à des conditions de vie inhumaines, à des pratiques de traitement néfastes, à la violence, la négligence et à des abus. Beaucoup sont systématiquement détenus et traités sans leur consentement éclairé. Les personnes rapportent que les services ne répondent pas à leurs besoins et ne les soutiennent pas pour vivre la vie autonome qu'ils souhaitent mener dans la communauté. Au contraire, leur expérience les laisse désespérées et démunies."

    Pour répondre à cela, l'OMS lance l'initiative Quality Rights, avec un flyer à télécharger en français:
    https://www.who.int/mental_health/policy/quality_rights/QRs_flyer_fr_2017.pdf?ua=1

    La page d'accueil n'a pas été traduite en français:
    https://www.who.int/mental_health/policy/quality_rights/en/



    Que dit l'ONU ? Abolir les lois de santé mentale.

    "Les États parties doivent examiner l’ensemble de leur législation dans tous les domaines afin de s’assurer que le droit à la capacité juridique des personnes handicapées n’est pas limité par rapport à celui des autres. Depuis toujours, les personnes handicapées sont privées de leur droit à la capacité juridique dans de nombreux domaines de manière discriminatoire dans le cadre de systèmes de prise de décisions substitutive comme la tutelle, la curatelle et les lois relatives à la santé mentale qui permettent le traitement forcé. Ces pratiques doivent être abolies afin que les personnes handicapées retrouvent une pleine capacité juridique, sur la base de l’égalité avec les autres."

    "Comme le Comité l’a indiqué dans plusieurs observations finales, être traité contre son gré par des  psychiatres et autres médecins et professionnels de la santé constitue une violation du droit à la reconnaissance de la personnalité juridique dans des conditions d’égalité et une atteinte au droit à l’intégrité de la personne (art. 17), au droit de ne pas être soumis à la torture (art. 15) et au droit de ne pas être soumis à l’exploitation, à la violence et à la maltraitance (art. 16). Une telle pratique constitue un déni de la capacité juridique d’une personne de choisir un traitement médical et constitue donc une violation de l’article 12 de la Convention. Les États parties doivent au contraire respecter la capacité juridique des personnes handicapées de prendre des décisions en tous temps, y compris dans les situations de crise; ils doivent veiller à ce que des informations exactes et accessibles soient disponibles quant aux diverses options et à ce que des approches non médicales soient mises à disposition; et ils doivent donner accès à un accompagnement indépendant. Les États parties ont l’obligation de donner aux personnes handicapées accès à un accompagnement aux fins des décisions concernant les traitements psychiatriques et autres traitements médicaux. Être traitées contre leur gré constitue un problème particulier pour les personnes souffrant de handicaps psychosociaux et mentaux ou d’autres handicaps cognitifs. Les États parties doivent abolir les politiques et abroger les dispositions législatives qui autorisent ou prévoient un traitement de force, car il s’agit d’une violation autorisée par les lois sur la santé mentale dans le monde entier alors que des preuves empiriques indiquent qu’un tel traitement est inefficace et que les usagers des systèmes de santé mentale auxquels il a été administré déclarent que celui-ci leur a causé des souffrances et traumatismes profonds. Le Comité recommande aux États parties de faire en sorte que les décisions touchant l’intégrité physique ou mentale de la personne ne puissent être prises qu’avec le consentement libre et éclairé de la personne concernée."

    ONU Convention CDPH, Commentaire général 1 sur article 12, paragraphes 7 et 42.
    http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx


    Nous demandons le respect des Droits de l'Homme en France.


    La politique de santé mentale est l'affaire des usagers.

    La participation des personnes avec handicap psychosocial à la politique de santé mentale est une obligation: ONU CDPH, article 33.3.

    Nous demandons les droits de l'homme en psychiatrie. La fin de la discrimination pour cause de handicap psychosocial.

    Nous demandons un modèle du handicap basé sur les droits de l'homme: Nous ne sommes pas des maladies à soigner, nous sommes des êtres humains avec des droits à égalité avec les autres.

    Nous demandons l'abolition des traitements forcés et des hospitalisations forcées, conformément à la Convention Droits des Personnes Handicapées de l'ONU. CG1 sur article 12. G-Article 14.


    Signez la pétition: Abolir les hospitalisations forcées et les traitements forcés en France


    https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu


    Liens:

    L'étude française, plaquette, vidéo:
    https://centre-ressource-rehabilitation.org/recherche-lancement-d-une-etude-sur-les-directives-anticipees-incitatives-en?debut_articles_rubrique=%40171

    Thèse France 2018 Charlotte Legigan
    https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01829041

    Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017
    http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

    Les alternatives à la coercition en psychiatrie
    Piers Gooding, Bernadette McSherry,
    Cath Roper, Flick Grey, Melbourne University, 2018



    USA:
    https://www.nrc-pad.org/

    Modèle PAD Oregon
    http://www.mentalhealthportland.org/recent-projects/declaration/

    Allemagne
    http://www.peter-lehmann-publishing.com/articles/lehmann/pdf/forced-treatment-germany-2013.pdf

    PatientenVerfuegung formulaire allemand.
    https://www.patverfue.de/formular

    Possible en Autriche, cela s'appelle testament psychiatrique.
    http://www.bpe-online.de/voraus/pt-fapi-wien.rtf

    En Suisse aussi. directive avancée.
    http://www.pflege-in-der-psychiatrie.eu/files/recovery/Vorausverfugung_PDF_Formular.pdf

    Angleterre: Mental Capacity Act 2005.
    http://www.psychiatrycpd.co.uk/learningmodules/advancedecisionsinpsychiatr.aspx


    vendredi 21 décembre 2018

    Perspective: la soit-disant 'psychose' est une relation dysfonctionnelle.

    Résumé: La soit-disant 'psychose' n'est pas une condition de la personne, mais elle traduit le caractère dysfunctionnel de la relation entre une personne et son entourage.

    Je veux parler de ce qu'on appelle 'psychose', de cette situation qui, après 6 mois en principe, aboutit à un pseudo-diagnostic de type 'schizophrénie'.


    Le schéma de la psychiatrie coercitive est très simple:

    1) Vous entrez dans le circuit car il existe une incompréhension entre votre entourage et vous-même. Vos proches, la société, les enseignants, les médecins, la police, le préfet, ne vous comprennent pas, pour une raison ou une autre. On se plaint de vous, et vous êtes jugé bizarre, excentrique, désobéissant, insupportable, insensé, délirant, déviant, halluciné, en retrait, dérangeant ou ce que vous voudrez. Vous ne remplissez pas les demandes que la société ou la famille exige de vous. "Cette personne déraille." "Elle nous inquiète." "Elle est folle." L'incompréhension suscite la peur. La peur suscite l'idée d'une dangerosité supposée. Votre entourage ne communique plus avec vous de façon normale, car pour eux, vous ne faites plus partie des personnes raisonnables. Vous vous isolez pour ne plus avoir à faire face à cette incompréhension, à cette hostilité, à cet ostracisme. Vos capacités à résoudre cette incompréhension diminuent et l'écart entre les perspectives se creuse, la situation s'aggrave.

    2) On veut vous 'soigner'. C'est le début de l'épreuve de la psychiatrisation. C'est un traumatisme horrible, surtout quand c'est forcé. Les personnes qui sont supposées vous aimer et vous protéger vont en pratique vous accuser et vous faire détruire par une institution répressive. Vous percevez le danger et vous êtes très angoissé. Cette angoisse réduit vos moyens. Les conséquences de cette angoisse sont interprétées comme des signes biologiques de maladie. On vous étiquette. On vous force à la sédation chimique, souvent avec des doses extrêmes, amnésiantes, car les pseudo-médecins ont encore plus peur que vous de cette situation.

    3) Vous sortez de l'hôpital avec des injections de drogues neutralisantes chargées d'assurer votre docilité.

    4) Pendant 6 mois, vous vivez ce cauchemar, alimenté de désespoir, entrecoupé de nouvelles 'crises', et de syndromes de sevrage interprétés comme des soit-disants 'rechutes' d'une maladie supposée. A ce moment le poison qu'on vous a prescrit vous a bien rendu hypersensible, anxieux, akathisique, voire catatonique et dépendant des produits. Votre entourage et vous-mêmes êtes endoctrinés dans la conviction que vous souffrez d'une maladie biologique bien qu'aucune espèce de caractérisation biologique de la maladie supposée ne soit disponible, et bien qu'aucun examen biologique ne prouve quoi que ce soit vous concernant.

    5) Un jour, on ne sait pas quand, et seulement si vous avez la rare chance de tomber sur des psychiatres moins primaires que la moyenne de la profession, vous entrez en 'rétablissement'. On devrait dire reconstruction de soi, car la psychiatrisation que j'ai décrite est une véritable destruction de la personne que vous étiez avant de les avoir rencontrés.

    A mes yeux, ce schéma représente un crime commis contre la personne.


    Alternative: Le schéma de la résolution de la relation dysfonctionnelle

    Aujourd'hui, l'alternative me semble surtout représentée par l'approche Open Dialogue de Jaakko Seikkula et ses collègues. Le 'Power Threat Meaning Framework' développé par les psychologues anglais de la BPS est une autre alternative. Il existe aussi des espaces comme les lieux de répit qui permettent d'éviter les pires violences institutionnelles. Les groupes d'entendeurs de voix peuvent aider les personnes concernées. Certaines psychothérapies volontaires peuvent aider les personnes à retrouver la sérénité et les mots nécessaires pour apprendre à se défendre dans les conflits d'incommunication.

    1) Il existe une incompréhension sévère entre votre entourage et vous-même à caractère urgent, critique. On appelle l'équipe de psychologues, qui organise une visite dans les 48h pour 'ouvrir le dialogue' entre la personne et son entourage. Il n'y a généralement pas de médicament neutralisant. Un anxiolytique peut aider la personne à retrouver ses moyens et à se reposer.

    2) L'entretien a lieu au domicile avec la personne et son entourage et aussi les acteurs sociaux concernés.
    Il n'est pas fixé de décision à prendre. Il est accepté que l'on exprime des points de vue non conventionnels, considérés comme 'délirants' ou 'hallucinés'. La courtoisie doit être respectée. Il s'agit d'offrir une qualité de dialogue ouvert, polyphonique, et durable. On ne laisse pas une expression ignorée sans réponse, mais on respecte l'altérité unique de la personne, sans conditions, sans stratégie de la changer. Il s'agit de développer une attitude, une façon d'être à l'autre, de réponse, de disponibilité, dans l'égalité et la différence, dans le respect de la perspective autre.

    3) Plus tard l'équipe reste disponible selon le besoin.

    4) Aucune crise dite 'psychose' ne se chonicise pendant 6 mois si elle est gérée de cette façon. Donc, la soit-disant 'schizophrénie' peu à peu ne se constitue plus dans l'entière population concernée par cette approche.

    Ce n'est pas du pipeau: c'est prouvé par 30 ans de pratique sur une population de 72000 personnes.

    Aujourd'hui, exigeons les approches alternatives et la fin de la psychiatrie forcée.



    https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu



    Pour aller plus loin, voici des explications historiques:

    Le terme 'psychose' est une imposture en soi.

    Historiquement, le mot 'psychose' fut inventé en 1841 par Karl Canstatt.
    Le mot désignait une maladie (suffixe 'ose') supposée de la 'psyché'.

    Quel est l'organe de la psyché?

    Nul scientifique ne peut prétendre y répondre, et on ne peut rien prouver non plus à ce jour, car il s'agit d'une question métaphysique. Pourtant les prétentions biologiques, les instruments et le pouvoir médical sont supposés s'y appliquer: voilà l'imposture, dont les conséquences sont terribles pour les personnes concernées.

    En quoi la 'psychose' est-elle différente de la 'névrose'?

    Le mot névrose a été inventé par William Cullen, honnête médecin écossais, en 1769, pour désigner une maladie du système nerveux. Il a écrit:

    "Je propose ici de comprendre sous le titre de névroses ou maladies nerveuses, toutes les affections contre nature du sentiment ou du mouvement, où la pyrexie [c'est-à-dire la fièvre] ne constitue pas une partie de la maladie primitive ; et toutes celles qui ne dépendent pas d'une affection topique des organes, mais d'une affection plus générale du système nerveux, et des puissances du système d'où dépendent plus spécialement le sentiment et le mouvement."

    On pourrait dire que William Culen est l'inventeur de la neurologie.

    La neurologie est aussi l'étude du cerveau, qui fait partie du système nerveux. Alors pourquoi prétendre à des 'maladies' médicales de la psyché, qui ne seraient pas des névroses, donc pas dans le cerveau?

    Pour comprendre cette absurdité, on doit revenir aux sources de l'invention de la psychiatrie.

    La psychiatrie est le fruit de la coercition asilaire.

    Les indigents et les personnes que les familles rejettaient avaient besoin d'un hébergement. La société ne tolère ni la mendicité ni l'exhibition de la pauvreté ou de la maladie, ni l'expression de la détresse morale. Les personnes étaient internées de force dans les asiles et n'en sortaient plus.

    Avec l'essor de la médecine, le pouvoir de la corporation médicale s'est accru: Les médecins sont devenus les responsables des asiles.

    Le modèle médical.

    Les premiers médecins asilaires font ce qu'ils savent faire: ils utilisent l'approche médicale pour gérer les internés. C'est le premier abus. Ils postulent que tous les internés sont affectés d'une maladie qui justifie leur internement. Ce postulat n'a jamais été démontré. C'est évidemment abusif puisque la plupart des internements répondaient à des demandes psychosociales.

    Avec le développement de la neurologie, on exigeait davantage de science. Aussi ces médecins asilaires ont-ils cherché à catégoriser les internés involontaires, en présentant cela comme des 'diagnostics'.

    La séparation des internés en deux groupes.

    L'idée était de distinguer de façon pratique les internés qui coopéraient, de ceux qui ne coopéraient pas.

    D'un coté les internés qui coopéraient étaient supposés atteints de 'névroses' signifiant maladie supposée du système nerveux. De l'autre, toutes les personnes qui contestaient leur internement ou qui étaient traumatisées au point de ne plus communiquer étaient supposées atteintes d'une 'maladie de la psyché', une sorte de 'maladie morale', située quelque part dans l'âme de la personne, et par définition, étiquetées 'psychotiques'.

    On considérait que la 'psychose' était plus grave que la 'névrose', car elle demandait davantage de travail de contention au personnel.

    D'autres inventions renforcent la pseudoscience.

    En 1847, Ernst von Feuchtersleben inventa le mot psychopathologie, ce qui représente une imposture de cette science respectable qu'est la pathologie.

    Puis en 1887, Sigmund Freud a inventé le mot psychanalyse pour désigner sa pratique psychologique. Il a cultivé l'ambiguité entre la psychologie et la médecine pour des raisons de pouvoir, et son influence a renforcé les concepts pseudoscientifiques de névrose et de psychose.






    Liens sur Open Dialogue.

    Seikkula Jaakko et collègues, 2010, "The Comprehensive Open-Dialogue Approach in Western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care."
    http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819?src=recsys

    Seikkula Jaakko, Arnkil Tom Erik, 2014. Open Dialogues and Anticipations. (Respecting otherness in the present moment).
    http://opendialogueapproach.co.uk/product/open-dialogues-and-anticipations-respecting-otherness-in-the-present-moment-jaakko-seikkula-tom-erik-arnkil-paperback/

    Site international:
    http://open-dialogue.net/

    Le groupe facebook 'Open Dialogue Francophone'
    https://www.facebook.com/groups/1479367138755140/

    Les 7 principes de l'approche Open Dialogue par Jaakko Seikkula 2014
    https://www.youtube.com/watch?feature=share&v=wHo1rinStM8


    Le Power Threat Meaning Framework de la British Psychological Society.

    Présentation:
    https://www.bps.org.uk/sites/bps.org.uk/files/Policy/Policy%20-%20Files/PTM%20Main.pdf


    Les personnes sont traumatisées par l'hospitalisation.

    Les hospitalisations et soins sans consentements provoquent des syndromes de stress post-traumatiques et des conduites d'évitement. Dans cette étude la moitié des patients sont traumatisés (Priebe S., Bröker S., Gunkel S., 2015):
    http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients


    Les médicaments dit 'antipsychotiques' (ou neuroleptiques) fabriquent la soit-disant 'psychose'.

    "Supersentivity psychosis" (ex psychose tardive): altération du cerveau par les neuroleptiques au long cours, agitation, insomnie, manifestations psychotiques.

    Chouinard Guy, Chouinard Virginie-Anne, 2008: "Atypical Antipsychotics: CATIE Study, Drug-Induced Movement Disorder and Resulting Iatrogenic Psychiatric-Like Symptoms, Supersensitivity Rebound Psychosis and Withdrawal Discontinuation Syndromes."
    http://www.karger.com/Article/Abstract/112883

    Chouinard Guy, et collègues, 2017: Antipsychotic-Induced Dopamine Supersensitivity Psychosis: Pharmacology, Criteria, and Therapy
    https://www.karger.com/Article/FullText/477313

    Les traitements neuroleptiques sont fortement suspects de produire des crises psychotiques soit par syndrome de sevrage, soit par toxicité directe

    Moncrieff J., 2006: "Does antipsychotic withdrawal provoke psychosis? Review of the literature on rapid onset psychosis (supersensitivity psychosis) and withdrawal-related relapse."
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16774655%20

    Moncrieff J., 2015: Antipsychotic Maintenance Treatment: Time to Rethink?
    https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1001861


    Mathew Lander et collègues, 2018: Review of withdrawal catatonia: what does this reveal about clozapine?
    https://www.nature.com/articles/s41398-018-0192-9

    Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217.
    http://www.omicsonline.org/open-access/pharmacological-iatrogenesis-substancemedicationinduced-disordersthat-masquerade-as-mental-illness-2161-1165-1000217.php

    L'appelation 'antipsychotique' est un coup de marketing et une tromperie sur la marchandise. Toutes les études négatives sur les neuroleptiques sont escamotées.

    Un guide récent bien documenté sur les neuroleptiques
    http://www.madinamerica.com/wp-content/uploads/2015/08/Guide-to-Minimal-Use-of-Neuroleptics-.pdf



    Sur le concept de 'psychose:

    Szasz, Thomas (1961). The myth of mental illness.

    Szasz, Thomas (1987). Insanity: The idea and its consequences.


    Collectif BPS, 2014: "Understanding Psychosis and Schizophrenia: A report by the Division of Clinical Psychology, Why people sometimes hear voices, believe things that others find strange, or appear out of touch with reality, and what can help."
    https://www.bps.org.uk/system/files/user-files/Division%20of%20Clinical%20Psychology/public/understanding_psychosis_-_final_19th_nov_2014.pdf


    Voir aussi sur ce blog:

    L'origine du mot psychiatrie
    https://depsychiatriser.blogspot.com/2015/05/lorigine-du-mot-psychiatrie-le_28.html

    samedi 15 décembre 2018

    Pétition France

    Ecoutez les demandes des usagers en santé mentale.

    Rien de ce qui nous concerne ne doit être décidé sans nous.

    La participation des personnes avec handicap psychosocial à la politique de santé mentale est une obligation: ONU CDPH, article 33.3

    Nous demandons les droits de l'homme en psychiatrie. La fin de la discrimination pour cause de handicap psychosocial.

    Nous demandons un modèle du handicap basé sur les droits de l'homme: Nous ne sommes pas des maladies à soigner, nous sommes des êtres humains avec des droits à égalité avec les autres.

    Nous ne sommes pas les boucs émissaires de tout ce qui ne va pas dans la société. Nous ne voulons pas d'une psychiatrie répressive et sécuritaire.

    Nous voulons la fin des préjugés et des idées fausses, la fin de la peur, la fin de la psychophobie. La fin de l'amalgame entre pénal et psychiatrie. L'hopital n'est pas une prison. Non à la coercition. Non au punitif. Non à l'escalade de la violence. Non au fichage des personnes.

    Nous demandons le Quality Rights Training de l'OMS pour que le personnel soit formé aux droits de l'homme.

    Nous demandons des engagements effectifs pour faire appliquer cette convention ONU que la France a signée. Non à Oviedo.

    La reconstruction de soi cela passe par le droit au consentement éclairé. Nous demandons le respect de nos décisions.

    Nous demandons le droit d'être aidé dans la diminution et le sevrage des traitements et pas de refus ni d'incompétence.

    Nous demandons l'abolition des traitements forcés et des hospitalisations forcées, conformément à la Convention Droits des Personnes Handicapées de l'ONU.

    CG1 sur article 12. G-Article 14.

    https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu


    https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

    mercredi 14 novembre 2018

    Abolition de la tutelle au Pérou pour motif de handicap.

    Pérou, loi du 4 septembre 2018:

    Abolition de la tutelle pour motif de handicap.

    Reconnaissance de la capacité légale entière des personnes.

    Retrait des restrictions légales.

    Introduction des régimes de décision assistée et non plus substitutive conformément à la Convention ONU CDPH.

    La loi en détail traduite en anglais.
    http://www.chrusp.org/file/340835/Legislative_Decree_No_1384__Peruvian_legal_capacity_reform_.docx

    "Que personne ne décide pour nous."


    Une video de l'ONG SODIS
    https://www.youtube.com/watch?v=53Lu4swxaQA

    Un article de Tina Minkowitz sur mad in america
    https://www.madinamerica.com/2018/10/peruvian-legal-capacity-reform-celebration-and-analysis/

    Les guidelines de l'ONU définissant ce que les états doivent démontrer pour leur mise en application de la CDPH:
    http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/CRPD-C-16-3_en.doc

    Les indicateurs de compliance avec la CDPH développés par CHRUSP
    https://absoluteprohibition.files.wordpress.com/2017/03/chrusp_ap_crpd_indicators_032817.pdf





    Article 12 de la convention ONU, le site de madame la Rapporteur Spéciale
    http://www.embracingdiversity.net/report/Universal%20legal%20capacity,%20to%20ensure%20equal%20recognition%20of%20persons%20with%20disabilities%20before%20the%20law_1027

    Le rapport ONU 2018
    http://www.embracingdiversity.net/files/report/1519639659_report-legal-capacity-web.pdf


    samedi 29 septembre 2018

    Appel contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo (suite)

    Suite de l'article du 10 mai.

    10 octobre twittons tous le Conseil de l'Europe !  #withdrawOviedo et taguer @coe

    10 octobre, audience du conseil de l'europe:
    Tous sur:   twitter.com
    adresser à:  @coe
    hashtag:   #withdrawOviedo

    French petition against forced psychiatry
    https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

    Et ceci: Forced psychiatry is torture. It's a crime against humanity. Criminals go to jail ! 

    Explications

    Le Comité de Bioéthique du Conseil de l'Europe persiste dans son projet rétrograde et criminel autorisant la psychiatrie forcée, et les différentes formes de torture psychiatrique.

    C'est là:
    https://www.coe.int/fr/web/bioethics/psychiatry/about


    Absence de dialogue

    Ce Comité auto-suffisant, qui prétend décider au nom des usagers de ce qui les concerne, ignore aussi l'opposition des ONG suivantes à ce projet:

    Le Forum Européen des personnes handicapées (European Disability Forum - EDF)
    Le Réseau Européen des (ex-)usagers et survivants de la psychiatrie (ENUSP)
    Santé Mentale Europe (Mental Health Europe)
    Inclusion Europe
    Autisme-Europe
    International Disability Alliance
    Human Rights Watch



    Ignorance de l'opposition des états membres à ce projet

    La Bulgarie, le Portugal, la Macédoine ont annoncé qu'ils ne signeraient pas ce projet.




    Ignorance des engagements des états européens et de l'Union Européenne envers les traités ONU.

    Le comité de Bioéthique ignore l'opposition des instances ONU suivantes à ce projet:

    - Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU
    - le Groupe de travail sur la détention arbitraire
    - la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées
    - le Rapporteur spécial sur le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible



    Ces messieurs-dames du Comité de bioéthique habitent-ils sur une autre planète que la notre ?



    Le 9 octobre prochain aura lieu une audience publique de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe au sujet du projet de protocole à Strasbourg.

    La sanction du projet par le Comité des droits des personnes handicapées est en français comme suit:
    En anglais ici: https://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/Statements/StatementOviedo_CRPD20th.docx


    Déclaration du Comité des droits des personnes handicapées appelant les États parties à s’opposer au projet de Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo1


    Adoptée lors de la 20e session du Comité tenue du 27 août au 21 septembre 2018,
    à Genève


    Le Comité appelle les États parties à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées à s’opposer au projet de Protocole additionnel à la Convention du Conseil de l’Europe pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine : Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine (STE n°164) (ci-après « Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo »).
    Le projet de Protocole additionnel, qui viserait à protéger les droits de toutes les personnes atteintes de « troubles mentaux » à l’égard du recours au placement et au traitement involontaires, est en contradiction manifeste avec les droits fondamentaux des personnes handicapées reconnus par la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Il constitue notamment une violation de l’article 5 sur l’égalité et la non-discrimination combiné avec l’article 12 sur la reconnaissance de la personnalité juridique dans des conditions d’égalité, l’article 14 sur la liberté et la sécurité de la personne, l’article 17 sur la protection de l’intégrité physique et mentale et l’article 25 sur le droit à la santé.
    L’article 12 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées dispose que toutes les personnes handicapées, y compris celles présentant un handicap psychosocial, ont droit à la reconnaissance de leur personnalité juridique dans des conditions d’égalité, et jouissent de la capacité juridique sur la base de l’égalité avec les autres. Il énonce deux aspects positifs de l’autonomie individuelle : le respect des choix de la personne déterminés par la volonté et les préférences de celle-ci, et la promotion de l’autonomie individuelle grâce à un système de prise de décision assistée. À cet égard, les États parties ont l’obligation de ne pas priver les personnes handicapées de leur droit de prendre et de faire appliquer leurs propres décisions et de ne pas autoriser à ce que des tiers puissent donner un consentement en leur nom. Les États parties doivent au contraire mettre à disposition des personnes handicapées différentes mesures d’accompagnement leur permettant d’exercer leur capacité juridique, y compris d’exprimer leur consentement2.
    L’article 14 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées interdit toute privation de liberté illégale ou arbitraire des personnes handicapées en précisant que l’existence d’un handicap ne saurait justifier une privation de liberté. Les lois actuellement en vigueur sur la santé mentale justifient la détention au motif d’une incapacité mentale réelle ou supposée de la personne concernée ou du danger qu’elle pourrait constituer pour elle-même ou pour autrui. Alors que ces critères se veulent objectifs et raisonnables, dans la pratique ils ont pour effet de viser les personnes handicapées, en particulier les personnes présentant des handicaps psychosociaux ou intellectuels, généralement considérées comme dangereuses et comme nécessitant un traitement ou une prise en charge. Ces mesures sont par conséquent discriminatoires et contraires à l’interdiction de la privation de liberté fondée sur le handicap et au droit à la liberté sur la base de l’égalité avec les autres, prévus par l’article 143. Les États sont tenus de remplacer le recours aux pratiques coercitives en psychiatrie par un accompagnement dans la prise de décision sur les questions liées à la santé et par de nouveaux modèles de services respectueux de la volonté et des préférences de la personne4.
    Les personnes présentant des incapacités intellectuelles ou psychosociales sont souvent considérées comme constituant un danger pour elles-mêmes et pour autrui lorsqu’elles ne consentent pas et/ou s’opposent à un traitement médical ou thérapeutique. Toutes les personnes, y compris les personnes handicapées, ont le devoir de ne pas causer de préjudice. Les systèmes juridiques qui reposent sur l’État de droit ont mis en place une législation pénale ainsi que d’autres lois pour donner suite à toute violation de cette obligation. Les personnes handicapées sont souvent privées d’une protection égale au regard de ces lois dans la mesure où elles se voient appliquer un régime juridique distinct, notamment au moyen de lois sur la santé mentale. Le Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo viendra perpétuer cette situation. Ces lois et procédures appliquent généralement des normes moins rigoureuses en matière de protection des droits de l’homme, en particulier le droit à un procès équitable en bonne et due forme, et sont incompatibles avec l’article 13 combiné avec l’article 14 de la Convention5.
    L’article 25 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées exige expressément des États qu’ils fournissent des soins de santé aux personnes handicapées sur la base du consentement libre et éclairé. Les professionnels de santé sont par conséquent tenus de veiller à ce que la personne concernée ait donné son consentement avant toute intervention médicale. Sur la base du respect du consentement de la personne, les personnes sont également en droit de refuser un traitement même lorsqu’il existe des motifs de croire que ce traitement pourrait avoir des effets bénéfiques sur leur santé6. Les personnes présentant un handicap psychosocial ne devraient subir aucune différence de traitement et en conséquence jouissent du même droit d’accepter ou de refuser un traitement médical.
    Par ailleurs, le placement et le traitement involontaires représentent également une menace pour le droit à l’intégrité physique, tel qu’il est reconnu par l’article 17 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Dans la pratique, ces interventions non consenties supposent le recours à la force, à la contention chimique ou physique, à l’isolement ou à la sédation. Ces pratiques dépassent le champ d’application du droit à la santé et peuvent constituer une forme de torture ou un traitement cruel, inhumain ou dégradant7.
    Le Comité rappelle que, bien que ces préoccupations aient été relayées auprès du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe dans une lettre conjointe datée du 29 septembre 2017 adressée par le Groupe de travail sur la détention arbitraire, la Présidente du Comité des droits des personnes handicapées, la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées et le Rapporteur spécial sur le droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible et auprès du Comité de bioéthique du Conseil de l’Europe dans des communications soumises par d’autres parties prenantes, des alternatives au Protocole additionnel qui respecteraient les droits fondamentaux des personnes handicapées n’ont pas été examinées.
    Le Comité recommande vivement à tous les États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées qui sont membres du Conseil de l’Europe de s’opposer explicitement à l’adoption du Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo. Le Comité se félicite également que le Portugal, la Bulgarie et « l’ex-République yougoslave de Macédoine » aient déjà manifesté leur opposition et les encourage à faire valoir leur point de vue devant le Comité de bioéthique du Conseil de l’Europe.

    *****
    1 Traduction non-officielle.
    2 Voir Observation générale n°1 (2014) du Comité (CRPD/C/CG/1)
    3 Voir Lignes directrices du Comité sur l’article 14 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, paragraphe 6. Voir également A/HRC/34/32, paragraphes 29 à 32.
    4 Voir A/HRC/34/58, paragraphe 85 et A/HRC/35/21, paragraphe 29.
    5 Voir Lignes directrices du Comité sur l’article 14 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, (para. 14) – voir également A/HRC/34/32, paragraphes 29 à 32
    6 Voir E/CN.4/2006/120, paragraphe 82
    7 Voir A/63/175, paragraphes 55 et 56