jeudi 18 janvier 2018

Quand le journal La Provence publie des sottises et ne respecte pas le droit de réponse.

Je partage ceci.

Droit de réponse
https://nomadescelestes.files.wordpress.com/2018/01/texte-droit-de-reponse-proposition-collective11.pdf

Pour un regard construit et humain sur les faits psychiatriques

Suite à la parution de la Une de la Provence du 5 Septembre 2017 dernier, intitulé « Barjots, Schizo et les autres – Comment la société les gèrent ? », illustré d'une photographie mettant en scène une personne soumise au port d'une camisole, un grand nombre de personnes en souffrance psychique ainsi que leurs familles, se sont senties offensées et opprimées et ont pris l'initiative pour réagir et agir comme le démontre la mobilisation autour de la pétition mise en ligne par l'association les « Nomades Célestes », le 9 Septembre dernier.

L'association Les Nomades Célestes, ainsi que les acteurs signataires de ce texte (voir encadrés), qui travaillent au quotidien auprès de personnes en situation de souffrance psychique entendent ici répondre, collectivement avec fermeté intellectuelle et citoyenne active, à cette parution afin d'éclairer le débat relatif à l'accompagnement et à la compréhension des problématiques de santé mentale :

La société ne « gère » pas des personnes. Tout comme les structures ne « gèrent» pas les malades mais les « accompagnent » pour répondre à l'aide sollicitée soit par elle-même soit par leur famille.

Il n'y a aucun lien statistique entre actes meurtriers et le diagnostic de schizophrénie, bien au contraire, l'étude « The predictive value of risk categorization in schizophrenia », publiée en 2011, montre que les personnes concernées ne sont pas plus dangereuses que le reste de la population. Par ailleurs, si les personnes en situation de souffrance psychique sont surreprésentées en prison, c’est généralement pour des délits mineurs jugés en comparution immédiate. (Un fait mis en évidence notamment par Médecins du Monde dans le cadre de leur projet de recherche sur les « alternatives à l’incarcération »).

Le port de la camisole, qu'elle soit physique ou médicamenteuse est une pratique contraignante qui représente une réduction significative de liberté nécessitant un cadre médical, législatif et institutionnel pour un temps réduit. En outre, le traitement médicamenteux négocié n'a aucun rapport avec la camisole chimique.

Rappelons que la France est l'un des pays d’Europe dont les hospitalisations obligatoires sont en augmentation, comme le démontre l’étude de la démographe Magali Coldefy publié en 2017. Par ailleurs, l’espérance de vie des personnes souffrant de schizophrénie est réduite de dix à vingt ans par apport à l’ensemble de la population. Faits mis en lumière par l'étude réalisée par des chercheurs de l'université d'Oxford, publiée en 2014 dans la revue « World Psychiatry ».

Cet article est l'occasion de mettre en valeur le travail considérable réalisé par des structures associatives et des collectifs du terrain qui créent et amènent des solutions alternatives innovantes dans le domaine de la santé mentale » avec l’implication des personnes concernées. C'est l'approche dite du « rétablissement » et d’appropriation par l’empowerment. Il s'agit de prendre en compte le vécu individuel et collectif des personnes concernées, en amont et en aval, d'apporter une attention particulière à leurs attentes et leurs besoins, afin qu'elles soient actrices dans le processus d’accompagnement et d’affranchissement. En effet, nombreux sont les outils considérés comme efficaces pour la majorité des usagers comme :

  • La satisfaction des besoins de base : Logement, environnement, lien social et culturel
  • Le soutien de l'entourage : Proches, amis, famille
  • L'aide des personnes paires présentes pour véhiculer leurs savoirs d'expérience sur la gestion des symptômes
  • La prescription médicale basée sur une relation d 'écoute du vécu dans sa complexité
  • Le renforcement ou l’activation du potentiel d'un sentiment d'utilité sociale

Par ailleurs, Mme Catalina Devandas-Aguilar, Rapporteuse de l'ONU, a souligné, dans son rapport préliminaire d'Octobre 2017, la nécessité de mettre en place un système de santé moins axé sur l'enfermement.

Personne n'est à l'abri de sombrer un jour dans une telle souffrance. Le décès d'un proche, un contexte familial compliqué, une situation financière difficile, et bien d'autres, font partie des aléas de la vie difficilement maîtrisables, rendant le développement de troubles psychiques possibles.

La revue « European Neuropsychopharmacology » , a publié une étude en 2012, qui indique que presque 1 français sur 5 est touché par la maladie mentale.

Si moi ou mes proches sombrent demain dans la souffrance psychique, devra-t-on moi ou mes proches m'enfermer dans le labyrinthe de la stigmatisation ou écouter mes besoins et valoriser mes potentialités ? Les lecteurs de la Provence sont en droit de poser le débat en ces termes.



Structures signataires

GEM les Nomades Célestes :
Les Nomades Célestes garantissent l'accueil des personnes en souffrance psychique et en situation de précarité. En effet, son but premier est de favoriser le rétablissement et l'empowerment des personnes accueillies, par l'intermédiaire de 3 pôles : La garantie d'un accueil inconditionnel participatif, la mise en place d'activité « d'empowerment », puis la sensibilisation du grand public aux enjeux de la participation des usagers, et à la lutte contre les stigmatisations.

MARSS :
MARSS (Mouvement et Action pour le Rétablissement Social et Sanitaire) est une équipe mobile de précarité et psychiatrie (EMPP) de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (APHM) composée d'une quinzaine de salariés. MARSS est né en 2005 d'une rencontre entre deux pratiques : celle de la psychiatrie communautaire de rue, et celle de la réduction des risques à Marseille, dans la rue également, mis en place par Médecins du Monde. MARSS développe depuis sa création différents projets expérimentaux dans différents domaines, ayant tous pour objectif de réduire les inégalités et les injustices, dans des pratiques orientées autour du rétablissement. MARSS a d'abord développé un travail de rue quotidien des 2005 à la rencontre de personnes ayant passé de longues années à la rue, puis a également développé des programmes d'auto-support par les pairs à l'hôpital et en ville (groupe d'entendeurs de voix, groupe prarano) et d'accompagnement à la maîtrise des moments de crise. Une équipe de recherche au sein de MARSS possède entre autres des compétences d'ingénierie de projet et d'évaluation de recherches orientées sur la santé au sein de la société.

Lieu de Répit :
Permet d'offrir aux personnes vivant une « crise psychotique » un milieu de vie calme, communautaire, proposer une approche visant à donner un sens à l'expérience subjective de la crise psychotique, accompagner la personne dans ses activités quotidiennes selon le principe « d’être avec » et « faire avec » ; favoriser l'absence de recours systématique aux traitements neuroleptiques, ou l'administration de faibles doses en favorisant plutôt les anxiolytiques qui altèrent moins les fonctions cognitives supérieurs et toujours avec l’accord de la personne ; permettre la présence permanente de professionnels et de bénévoles qui adhèrent à une vision existentiel et contextuelle de la crise sans la médicaliser/psychiatriser d’emblée . Le Lieu de Répit place l’auto-support et la pair-aidance comme pilier de son fonctionnement. Le séjour au Lieu de répit est un levier pour l’accès aux thérapies, au logement et à l’emploi grâce à l’intervention spécifique des acteurs expérimentés du lieu mais surtout grâce au travail de partenariat avec les équipes d’accompagnement.

COFOR :
Le CoFoR est un Recovery College, un lieu unique pour expérimenter de nouvelles expériences et développer des pratiques orientées rétablissement. Il s’adresse exclusivement aux personnes concernées par le rétablissement, c’est à dire aux personnes ayant ou ayant eu des troubles psychiques. Le concept de Recovery College, a été développé en Angleterre, se développe partout dans le monde et arrive enfin en France avec le CoFoR (Centre de Formation au Rétablissement). Les Recovery Colleges ont comme but de soutenir le bien- être et le rétablissement des personnes en valorisant le développement de connaissances et compétences, le partage de savoirs théorique et expérientiel, le soutien entre pairs et l’ancrage dans le local. Ce modèle ne remplace par les interventions thérapeutiques et psychosociales offertes et nécessaires dans le parcours de rétablissement de certaines personnes. Le Cofor c’est aussi un centre de ressources en ligne autour du rétablissement et en lien avec nos formations qui contient de nombreux outils.

Collectif Vérité et Justice pour Nathalie :
Lutte contre la maltraitance psychiatrique et les procédures d’hospitalisation psychiatrique sans consentement. Le collectif agit en synergie avec d'autres collectif à l'échelle régionale, nationale et internationale. Il était engagé activement dans la préparation de la visite de la Rapporteuse Spéciale de la CDPH-ONU en France surtout à Marseille.

Collectif informel CDPH-ONU: Collectif de la Campagne Francophone pour la Prohibition Absolue
Le collectif Informel (Collectif Francophone de la Campagne pour la Prohibition Absolue d'hospitalisation forcée et soins sans consentement ) en application de la CDPH-ONU et en lien avec le Centre pour les Droits de l'Homme des Usagers et Survivants de la Psychiatrie, http://www.chrusp.org/ est dans un état de légitimité incontestable de demander et d'agir pour le respect des droits des personnes victimes de privation et de dépossession parce qu'elles sont stigmatisées par la psychiatrie et d’œuvrer pour rappeler à la puissance publique, l’État Français de respecter les Conventions de CDPH-ONU qu'il a ratifié le 18 février 2010 avec ses protocoles facultatifs. Il s'indigne des attaques gratuites des médias contre la vie des personnes et contre leur dignité humaine, il y en a beaucoup, parce qu'elles sont dans des souffrances psychiques.

jeudi 4 janvier 2018

Douze Jours de Raymond Depardon, a-t-on réfléchi un peu?

Tout le monde apprécie le film "Douze Jours" de Raymond Depardon, sur le contrôle judiciaire des hospitalisations forcées en France...

Mais a-t-on réfléchi un peu ?

Voici un dessin qui décrit la réalité, vue du coté des victimes de l'hospitalisation forcée.




Est-ce une procédure contradictoire? Les principes élémentaires de la justice sont-ils respectés?

Sait-on qu'en vertu de l'article 55 de la constitution, ces lois françaises de santé mentale sont sous l'autorité du traité Convention relative aux droits des personnes handicapées signé avec l'ONU, qui proscrit l'hospitalisation forcée et le traitement forcé comme des violations de ses articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, CG1 sur article 12, guidelines sur article 14, CG5 sur article 19.

Cela signifie que ces lois françaises de contrainte psychiatrique ne s'appliquent pas.

Aujourd'hui mes amis sont torturés, exilés, brisés, incapacités, desespérés, suicidés, malades, et souffrent de séquelles neurologiques liées aux "traitements" forcés. Vous savez qu'un médecin ne dénoncera jamais un autre médecin. Vous savez l'argent commis par l'industrie pharmaceutique pour vendre l'idéologie. On rentre en psychiatrie, mais on n'en sort pas... Je pense qu'il n'est pas nécessaire de continuer cette farce collective, un crime contre l'humanité, un déshonneur pour la justice, le pays, et pour chacun d'entre nous.



Note: Dans ces dessins les propos sont imaginaires. Le dessin s'inspire des photos de la juge des libertés dans le film de Raymond Depardon. Le visage de la juge porte le masque Kaonashi l'esprit sans-visage du film d'animation "Le voyage de Chihiro", de Hayao Miyazaki, produit par le studio Ghibli, sorti en 2001.



Références:

Le traité CDPH signé avec l'ONU

http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

Observation générale sur l'article 12:

http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU octobre 2017

http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

Le Rapporteur ONU sur la torture demande d'abolir les traitements forcés, 2013

http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session22/A.HRC.22.53_English.pdf

Le "traitement" forcé est de la torture, par Peter Breggin, 2016

https://www.madinamerica.com/2016/06/forced-treatment-is-torture/


L'hospitalisation psychiatrique forcée est un crime contre l'humanité.

Szasz T. (1976) Involuntary Mental Hospitalization. In: Humber J.M., Almeder R.F. (eds) Biomedical Ethics and the Law. Springer, Boston, MA

https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4684-2223-8_12


Pensez à signer et partager la pétition:

https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

mardi 26 décembre 2017

La "schizophrénie" aujourd'hui serait surtout la conséquence des produits neuroleptiques ou antipsychotiques administrés

Si vous prenez des neuroleptiques ou antipsychotiques, ce sont peut-être les drogues des psychiatres qui ont contribué à créer votre condition. Voici pourquoi:

- Un faisceau d'études suggèrent que la schizophrénie est assimilable à une sensibilité accrue à la dopamine, la plus récente est [1].

- Il semble bien que dans les cas chronicisés, et surtout chez les usagers qui ont développé une tolérance aux produits et des dyskinésies, cette hypersensibilité à la dopamine soit provoquée par le traitement de long terme [2]. C'est plus que fréquent, la prévalence est de 30% pour les "schizophrénies" et de 70% pour les "schizophrénies résistantes au traitement" [2]. Cette condition se manifeste par des syndromes de sevrage, à la baisse du traitement et jusqu'à 6 semaines après, qui sont interprétées comme des "rechutes", et qui peuvent durer des mois (troubles d'après-sevrage) [2].

- Pour ces raisons, il ne me semble pas exagéré de considérer que la "schizophrénie" est aujourd'hui une maladie pour une large part iatrogène. C'est à dire qu'elle est la conséquence des drogues administrées.

Les occurences non iatrogènes pourraient être liées à des gènes particuliers, à des traumatismes cérébraux, à l'usage des drogues (cocaine, amphetamine, marijuana, phencyclidine, et stéroïdes), à des infections prénatales, à la malnutrition, à l'isolation sociale, à la marginalisation, à la maltraitance [1].

C'est aussi confirmé par les études de long terme [3] qui montrent que les personnes qui parviennent à se sevrer en arrêtant progressivement les traitements guérissent de la "schizophrénie" dans une majorité de cas, tandis que celles qui poursuivent leur traitement ne guérissent pas.


Références:

[1] Mary V. Seemana and Philip Seemanb, "Is schizophrenia a dopamine supersensitivity psychotic reaction?"
Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry
Volume 48, 3 January 2014, Pages 155-160
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278584613002194

[2] Chouinard G1, Samaha AN, Chouinard VA, Peretti CS, Kanahara N, Takase M, Iyo M.
"Antipsychotic-Induced Dopamine Supersensitivity Psychosis: Pharmacology, Criteria, and Therapy."
Psychother Psychosom. 2017;86(4):189-219. doi: 10.1159/000477313. Epub 2017 Jun 24.
https://www.karger.com/Article/FullText/477313

[3] M. Harrow.
“Factors involved in outcome and recovery in schizophrenia patients not on antipsychotics medications.”
J Nerv Ment Dis (2007) 195: 407-414.
http://journals.lww.com/jonmd/Abstract/2007/05000/Factors_Involved_in_Outcome_and_Recovery_in.7.aspx>





lundi 11 décembre 2017

10 décembre 2017 Journée internationale des droits de l'homme.


France arrêtez la torture psychiatrique, l'hospitalisation forcée et le traitement forcé.

Pétition:
https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu


Articles 3, 5, 6, 7 de la déclaration universelle des droits de l'homme.

Article 5:
"Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants."

http://www.ohchr.org/EN/UDHR/Pages/Language.aspx?LangID=frn


Oui le traitement psychiatrique forcé est une forme de torture, comme les contentions et l'isolement.
http://www.acatfrance.fr/torture/methodes-torture


Il y a urgence, Journal la Rép des Pyrénées:
http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/12/02/urgence-pour-les-hopitaux-psychiatriques,2232148.php








dimanche 3 décembre 2017

Journée internationale des droits des personnes handicapées: Signez et partagez la pétition

Les droits de l'homme, ce n'est pas à la tête du client, mais c'est pour chaque être humain, sans exception.


Signez et partagez s'il vous plait.

Abolir l'hospitalisation forcée et le traitement forcé en application de la Convention Droits des Personnes Handicapées de l'ONU, commentaire général 1 sur article 12 et guidelines sur article 14. 



https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

Pétition sur change.org:

https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu