dimanche 19 février 2017

Campagne No Forced Treatment: prochain rendez-vous francophone

Bonjour, les participants francophones se donnent rendez vous:

Mardi 28 février à 18h heure de Paris (GMT+1)

Si vous soutenez l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé, vous êtes invités à participer au partage d'informations et à l'exploration de stratégies.

Veuillez contacter info@chrusp.org pour plus de détails.


https://absoluteprohibition.org/

mercredi 8 février 2017

"La liberté contestée de ce qui effraie" par Karlijn Roex, Campagne No Forced Treatment

Campagne de soutien à l'interdiction absolue de l'hospitalisation et du traitement forcé.
Article publié le 24 mars 2016 sur le blog de la campagne:
https://absoluteprohibition.org/2016/03/24/the-contested-freedom-of-the-scary-karlijn-roex/


La liberté contestée de ce qui effraie: le recours à la coercition en psychiatrie viole les droits fondamentaux de l'homme, par Karlijn Roex.

Détention, isolement en cellule, droguage forcé; Tout au long de l'histoire, les sociétés ont eu tendance à contraindre agressivement les personnes souffrant de handicaps psycho-sociaux et ont préféré un instrumentalisme obsédé par la sécurité placé au-dessus des droits de l'homme universels. Mais récemment, l'utilisation de la coercition en psychiatrie est une pratique très débattue dans les cercles de droits de l'homme; Témoin le dernier rapport de Human Rights Watch [1] sur l'usage des chaînes. Cet intérêt accru a été marqué par la récente adoption de la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées. En m'appuyant sur des travaux scientifiques, des récits d'usagers et des principes moraux, je soutiens l'appel lancé par le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) à abandonner l'utilisation de la contrainte en psychiatrie.

Selon les documents faisant autorité de la Convention [2], l'utilisation de la coercition en psychiatrie est une forme de discrimination à l'égard des personnes en handicap psychosocial et viole le droit de ces personnes à jouir de l'autonomie et de l'intégrité personnelle. Ces principes doivent être respectés, indépendamment des avantages instrumentaux pouvant résulter de l'application d'interventions psychiatriques coercitives. Mais les bénéfices instrumentaux perçus sont exactement pourquoi l'utilisation de la coercition en psychiatrie est depuis longtemps incontestée. Et ces avantages ont une signification morale aussi. Les personnes ont le droit d'être protégés contre eux-mêmes ou contre des humains dangereux. En fait, de nombreux partisans de la coercition en psychiatrie suivent ce raisonnement éthique du «moindre mal». Selon eux, il est permis d'introduire un mal quand un plus grand mal est empêché par ceci. Ainsi, un tel argument du moindre mal justifie-t-il l'abandon de certains droits humains fondamentaux. C'est dangereux, car les droits de l'homme sont généralement abandonnés au moment où ils sont le plus nécessaires [3]. En fait, ces droits de l'homme sont censés protéger nos minorités en situation de bouc émissaire d'être opprimées en période de crainte du public. Dans les temps de peur publique, certains droits de l'homme deviennent le privilège des non-effrayants, ou si l'on préfère, de la «section respectable de la société» [4]. Dans le contexte ici, les plus chanceux sont les personnes sans handicap psycho-social. En revanche, les effrayants doivent faire face à une contestation de leur liberté.

Les interventions psychiatriques coercitives sont des décisions ou des actions imposées à l'individu, sans son consentement éclairé, motivées par un handicap psychosocial. À cet égard, la CDPH s'est également prononcée contre l'utilisation de cette norme de danger, ou tout autre critère, comme moyen de légitimer la détention psychiatrique [5]. Pour être clair, les interventions coercitives qui sont discutées ici ne sont pas prises à cause d'une suspicion criminelle ou d'une condamnation criminelle. Aujourd'hui, la plupart des pays n'autorisent les interventions psychiatriques coercitives que lorsqu'une personne est considérée comme dangereuse pour elle-même ou pour autrui. Cependant, l'évaluation initiale de la dangerosité n'est faite que par les psychiatres. Un tribunal n'est pas encore impliqué dans cette décision initiale de détenir psychiatriquement un individu. C'est très problématique, car la perspective psychiatrique et l'instrumentalisme obsédé par la sécurité dominent clairement le processus de prise de décision clé au détriment de la perspective des droits de l'homme. Au moment où la décision initiale des psychiatres est revue de façon critique, les marques de la honte ont déjà été ajoutées à la personne touchée. Non seulement cette marque de honte a-t-elle été ajoutée par la conjecture psychiatrique initiale défavorable, qui gagne beaucoup d'autorité épistémologique dans nos sociétés, mais aussi à cause de la pratique très stigmatisante de la détention elle-même [6]. Il est alors beaucoup plus difficile pour l'individu touché de gagner sa crédibilité.

Nous voyons donc que les conditions des interventions psychiatriques coercitives sont devenues plus strictes au fil du temps, mais qu'elles ne remettent pas sérieusement en question la pratique de la détention arbitraire. Cela peut expliquer pourquoi la norme de danger «plus stricte» n'a pas entraîné une diminution du nombre de détentions psychiatriques [7]. Probablement, l'innovation a plutôt servi à faire taire toutes les voix critiques du coté des droits de l'homme. Ce silence a été réalisé en incorporant des parties insignifiantes des exigences critiques dans la politique existante, sans modifier effectivement aucun principe inhérent à l'oppression et à la discrimination [8]. Apparemment, il y a une forte demande dans la société de confiner les personnes souffrant de handicaps psycho-sociaux, et l'un des principaux moteurs de cette demande est un danger perçu.

Protéger les personnes contre elles-mêmes: Le droit de ne pas être un faux positif [9]

Mais qu'est-ce qui ne va pas avec ce critère dangereux? N'est-il pas, par exemple, notre devoir moral de protéger les gens contre eux-mêmes quand cela est nécessaire? Évidemment, il est! Mais nous devrions refléchir un moment de plus sur notre capacité à évaluer les états mentaux: quand quelqu'un doit-il être considéré comme un danger pour lui-même? Permettez-moi de prendre le suicide comme un exemple. En tant que chercheur dans ce sujet, la littérature me montre clairement que l'évaluation du risque de suicide chez les individus est une tâche très difficile. La plupart des gens qui divulguent des pensées suicidaires ne se suicident pas, surtout les femmes [10]. Deuxièmement, les évaluations des risques psychiatriques sont prouvées comme étant vraiment peu fiables [11], conduisant à de nombreux «faux positifs»: les personnes sont considérées comme un danger alors qu'elles ne le sont pas réellement. La déclaration de savoir si quelqu'un est un danger, est en fait une hypothèse sur les états mentaux et les comportements futurs. Ce sont des choses inobservables qui sont difficiles à mesurer. Même lorsqu'une personne a commis des actes autodestructeurs dans le passé, cela ne la rend pas nécessairement dangereuse pour le présent ou pour l'avenir. Les résultats des tests sont susceptibles d'être biaisés et dirigés par des préjugés communs à l'égard des personnes en handicap psychosocial [12], des minorités ethniques et des pauvres [13]. Pire encore, la revendication de dangerosité n'est strictement pas quelque chose que l'on puisse contredire, du moins à court terme: comment prouver aujourd'hui qu'on ne se tue pas bientôt? En conséquence, de nombreuses personnes sont soumises à des interventions coercitives parce qu'elles ont été mal étiquetées comme «dangereuses» et ne peuvent pas facilement échapper à ce label. Le fait d'échapper à l'étiquette de dangerosité est rendu encore plus difficile par les attitudes en général méfiantes du personnel hospitalier vis-à-vis des patients mentaux [14], et le fait que les gens commencent à se comporter de façon conforme au stigmate au fil du temps. L'accumulation d'interactions humiliantes, qui frustrerait toute personne normale, peut conduire à des réponses qui peuvent être qualifiées de «agressives». Comment répondriez-vous si vous appreniez que vous avez été mal informé de votre statut juridique [16] concernant quelque chose d'aussi important que votre liberté?

Ces «faux positifs» sont des personnes vulnérables, tout comme les personnes qui représentent un réel danger pour elles-mêmes. Mais est-ce vraiment une sage stratégie que d'exposer ces personnes à ces interventions psychiatriques coercitives très traumatisantes? Il existe de nombreux témoignages de patients ou «ex-usagers» de la psychiatrie qui indiquent à quel point ces interventions sont stressantes et traumatisantes. En fait, certains défenseurs des droits humains définissent certaines de ces interventions comme des actes de torture. Il y a même des évidences que l'exposition à de telles interventions peut conduire à des symptômes de stress post-traumatique et au suicide [17]. Il existe des récits d'usagers qui indiquent que des individus sans tendances suicidaires antérieures sont devenus suicidaires après avoir été exposés à des interventions coercitives, comme l'isolement en cellule. Les récits des utilisateurs indiquent combien ces expériences peuvent être humiliantes, les gens perdant leur intégrité personnelle, leur humanité et leur dignité. Les individus touchés portent souvent ces sentiments longtemps après les incidents.

Protéger les personnes contre leurs concitoyens dangereux: contester la liberté de l '«autre»

Mais que faire si une personne n'est pas un danger pour elle-même, mais pour les autres? Quand nous voulons être protégés contre nos concitoyens dangereux, qu'est-ce qui est moralement mauvais à cela? Eh bien, rien, mais bien sûr, nous devons produire des motifs raisonnables et la preuve de ce danger supposé. La simple existence d'un désordre psychosocial, ne peut pas démontrer un danger certain. Quand un individu me dit qu'il va me faire du mal, il peut être poursuivi pour des menaces. La plupart des pays ont également criminalisé plusieurs troubles de l'ordre public. Nous pouvons déjà engager des poursuites contre quiconque a visiblement entrepris des préparatifs pour commettre une infraction criminelle ou qui a manifestement tenté de commettre un crime. Par conséquent: nous avons déjà une loi appréciable qui nous protège contre les citoyens dangereux: le droit pénal! Encore mieux, cette loi protège le citoyen contre l'État et contre une société excessivement craintive. Nous ne pouvons pas simplement condamner un individu à cause d'un simple soupçon; Au lieu de cela, la condamnation exige que nous ayons des preuves tangibles contre cet individu.

Avec cette loi appréciable à l'esprit, pourquoi créerions-nous une autre loi spécialement pour les personnes ayant un handicap psychosocial? Parce que nous avons peur des personnes en handicap psychosocial. Un simple soupçon de dangerosité chez une personne souffrant de maladie mentale est déjà assez effrayant, n'est-ce pas? Pourquoi alors se préoccuper de preuves visibles pour une condamnation criminelle? Les lois sur la santé mentale sont l'innovation douteuse d'une société effrayée. Ces lois permettent aux communautés d'incarcérer des personnes atteintes de handicaps psycho-sociaux lorsque nous soupçonnons qu'elles sont dangereuses. Cette suspicion est appuyée par des résultats de tests d'évaluation de risques psychiatriques, encore une fois, très peu fiables et biaisés. En conséquence, nous avons créé deux types de citoyenneté: les citoyens «normaux» et les semi-citoyens effrayants. Ce dernier groupe a trouvé sa liberté contestée: elle peut être refusée à tout moment, dès qu'un soupçon de dangerosité se pose. Alors que la majorité d'entre nous peut se sentir en sécurité et compter sur les principes fondamentaux des droits de la personne qui respectent notre liberté et notre intégrité, il existe un groupe dans notre société dont les membres peuvent simplement être détenus sans la batterie régulière de provisions légales.

C'est une échapattoire inappropriée dans nos démocraties modernes, et cela devrait concerner chaque citoyen. Aucun citoyen ne peut se trouver assuré d'être du côté «droit» de la fracture, parce que les limites entre la maladie mentale et la normalité dépendent du temps et ne sont pas fixées par la nature. Dans le passé, nous avons vu la «psychiatrisation» de l'homosexualité, de la dissidence politique et de la pauvreté. Cela nous enseigne que les lois sur la santé mentale sont un moyen pratique de discipliner subtilement certaines catégories de personnes; Beaucoup plus souplement et subtilement qu'en poursuivant explicitement ces déviants devant des cours pénales [18]. Et bien que nos sociétés soient maintenant considérées comme «libres d'esprit» ou «post-modernes», nous devrions toujours être conscients du potentiel disciplinaire des lois sur la santé mentale. Ce potentiel disciplinaire peut être toxique combiné avec le fait intemporel que nous ne sommes jamais conscients des idées oppressives de notre temps.

En résumé, faisons cela hardiment dans le sens de l'histoire et abandonnons l'usage de la coercition en psychiatrie. La peur fait que nous raccrochons immédiatement vers le soi-disant «dernier recours» d'une intervention coercitive, alors qu'il y a des cas où une simple conversation serait déjà utile. Un tel dialogue nous aiderait aussi, en apprenant sur les logiques spécifiques et différentes derrière la folie, et donc la rendre un peu moins imprévisible et effrayante.

Karlijn Roex est candidate au doctorat en sociologie et activiste des droits de l'homme. Elle vit en Allemagne.

[1] Human Rights Watch (2016, March 20). Indonesia: Treating Mental Health With Shackles. Human Rights Watch. Retrieved 21 March 2016, from: https://www.hrw.org/news/2016/03/20/indonesia-treating-mental-health-shackles

[2] Voir par exemple: CRPD. (2015). Guidelines on Article 14 of the Convention on the Rights of Persons with Disabilities – The right to liberty and security of persons with disabilities. New York: United Nations; CRPD. (2014). General Comment No. 1 (2014). Article 12: Equal Recognition Before the Law. New York: United Nations; United Nations Human Rights Committee (2015, October 10). Dignity must prevail – An appeal to do away with non-consensual psychiatric treatment World Mental Health Day. United Nations. Retrieved 10 March 2016, from: http://www.ohchr.org/en/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16583&LangID=E

[3] Hudson, B. (2009). Justice in a Time of Terror. British journal of Criminology, Delinquency and Deviant Social Behaviour, 5(49), 702-717; Roex, K.L. A. & Riezen, Van. B. (2012). Counter-Terrorism in the Netherlands and the United Kingdom: A Comparative Literature Review Study. Social Cosmos, 3(1), 97-110.

[4] Berger, P.L. (1992). Sociology as a Form of Consciousness. In H. Robboy & C. Clark (edit.), Social Interaction. Readings in Sociology (pp. 6-22). Richmond: Worth Publishers.

[5] Voir par exemple: CRPD. (2015). Guidelines on Article 14 of the Convention on the Rights of Persons with Disabilities – The right to liberty and security of persons with disabilities. New York: United Nations.

[6] Goffman, E. (1961). Asylums. Essays on the Social Situation of Mental Patients and Other Inmates. New York: Anchor Books; Becker, H. S. (1963). Outsiders. New York: The Free Press.

[7] Au moins en Europe. Voir: Salize, H. J., Dressing, H. & Peitz, M. (2002). Compulsory Admission and Involuntary Treatment of Mentally Ill Patients – Legislation and Practice in EU-Member States. Brussels: European Commission.

[8] Cette stratégie pour faire taire les critiques est largement analysée par le sociologue Thomas Mathiesen, proche des idées de Foucault : Mathiesen, T. (2004). Silently Silenced. Essays on the Creation of Acquiescence in Modern Society. Winchester: Waterside Press. Voir aussi sur ce sujet spécifique: Harding ,T.W. (2000): Human Rights Law in the Field of Mental Health: a Critical Review. Acta Psychiatrica Scandinavica, 101: 24-30

[9] Borrowed from Steadman, H. J. (1980). The Right Not to be A False Positive: Problems in the Application of the Dangerousness Standard. Psychiatric Quarterly, 2, 84-99.

[10] Cannetto, S. S. & Sakinosky, I. (1998). The Gender Paradox in Suicide. Suicide & Life Threatening Behavior, 28(1), 1-23 and Möller-Leimkühler, A. M. (2003). The Gender Gap in Suicide and Premature Death or: Why Are Men So Vulnerable? Eur Arch Psychiatry Clin Neurosc, 253: 1-8.

[11] Steadman, H. J. (1980). The Right Not to be A False Positive: Problems in the Application of the Dangerousness Standard. Psychiatric Quarterly, 2, 84-99; Madsen T, Agerbo E, Mortensen PB, Nordentoft M (2012) Predictors of psychiatric inpatient suicide: a national prospective register-based study. J Clin Psychiatry 73:144–151; Steeg S, Kapur N, Webb R, Applegate E, Stewart SL, Hawton K, Bergen H, Waters K, Cooper J (2012) The development of a population-level clinical screening tool for self-harm repetition and suicide: the ReACT self-harm rule. Psychol Med 42:2383–2394; Ryan C, Nielssen O, Paton M, Large M (2010) Clinical decisions in psychiatry should not be based on risk assessment. Australas Psychiatry 18:398–403.

[12] Link et al., (1999).Public Conceptions of Mental Illness: Labels, Causes, Dangerousness, and Social Distance. American Journal of Public Health, 89(9), 1328-1333; Perscosolido, et al. (2013). The ‘Backbone’ of Stigma: Identifying the Global Core of Public Prejudice Associated With Mental Illness. American Journal of Public Health, 103(5), 853-860.

[13] La population des patients psychiatriques en hospitalisation involontaire est surreprésentée en personnes de bas revenu, personnes noires et personnes issues de minorité ethniques: Voir par exemple: Salize, H. J., Dressing, H. & Peitz, M. (2002). Compulsory Admission and Involuntary Treatment of Mentally Ill Patients – Legislation and Practice in EU-Member States. Brussels: European Commission.

[14] Goffman, E. (1961). Asylums. Essays on the Social Situation of Mental Patients and Other Inmates. New York: Anchor Books.

[15] Becker, H. S. (1963). Outsiders. New York: The Free Press.

[16] C'est quelque chose qui survient apparemment assez souvent dans les pays de l'Union Européenne: see Salize et al. (2002)

[17] Par exemple: Large, M. M. & Ryan, C. (2014). Disturbing Findings about the Risk of Suicide and Psychiatric Hospitals. Soc Psychiatr Epidemiol, 49, 1353-1355.

[18] Voir aussi les différents travaux de Michel Foucault à ce sujet.

Catégories: critique de la dangerosité, déni de la capacité juridique, handicap, égalité des droits, dommages et traumatismes causés par la psychiatrie, immoralité de la contrainte, hospitalisation involontaire, recherche en sociologie.


mardi 31 janvier 2017

Dissonance cognitive médicale: l'usager sait mieux.

La vie des médecins ...

"Et qui a fait 8 ans d'études médicales, c'est vous ou c'est moi ? Je sais et vous ne savez pas. Si vous êtes mieux, c'est grâce au médicament, et si vous allez plus mal, bien sùr que non, ce n'est pas la faute du médicament, c'est que vous êtes un mauvais patient: c'est dans votre tête, c'est votre imagination.. ou en fait c'est de votre faute à vous et vous le faites exprès... Vous somatisez et vous souffrez d'une maladie psychiatrique." [2]

Dissonance cognitive

Le médecin est bombardé de messages:

"Le produit est testé scientifiquement en double aveugle, les papiers ont été publiés sous des noms prestigieux, c'est prouvé, reconnu, validé, autorisé, agréé, tamponné, recommandé, remboursé, le médicament marche, il est sécurisé, ce serait une faute médicale de ne pas le prescrire..."

Sauf que...

C'est big pharma qui le dit, qui a mené les tests à sa façon biaisée. Les syndromes de sevrage ne sont pas considérés dans les essais de produits psychiatriques, alors qu'ils sont sévères et peuvent être retardés. Les évaluations reposent sur des grilles cochées à court terme, elles ignorent les effets de long terme. Les évaluations ignorent la qualité de vie, et l'impact du produit sur les rapports avec l'entourage, en particulier avec les produits qui altèrent la personnalité. Les laboratoires qui pratiquent ces essais médicamenteux dissimulent leurs données brutes et les problèmes rencontrés. Les essais s'appuient sur des présupposés et des maladies non prouvées, en particulier en psychiatrie. Un certain nombre de "maladies" psychiatriques sont construites sur des concepts statistiques de la demande psycho-sociale [25][26]. Le caractère possiblement iatrogène des conditions n'est pas évalué. Les résultats des essais ne semblent pas correspondre aux retours d'expériences des usagers eux-mêmes [10][11].

L'argent fait la loi.

Les laboratoires paient les rédacteurs et les conférenciers, et les prête-nom prestigieux, et les journaux prestigieux, et les universités prestigieuses, et les faiseurs d'opinion ambitieux et vénaux, et les visiteurs médicaux.  [4] [5] [6] [7]

Venomagnosia: méconnaissance, conviction positive en faveur d'un poison.

C'est comme une maladie générale des médecins, une incapacité à reconnaître les problèmes et maladies iatrogènes, que les pratiques médicales elles-mêmes ont causées. Par exemple une incapacité à reconnaître les suicides provoqués par les anti-dépresseurs [21], ou les psychoses provoquées par les anti-psychotiques.[3] [22]

La psychiatrie est le terrain rêvé pour les charlatans.

Les produits psychiatriques sont extrêmement importants en termes de revenus pour les laboratoires. Les stratégies sont les mêmes mais la charlatanerie est facilitée par l'altération des moyens de la personne par la drogue, par les présupposés pseudo-scientifique de la psychiatrie et par la contrainte des prescriptions. La fabrication iatrogène des "maladies mentales" par passage à l'acte, dépendance, syndrome de sevrage, dommage cérébral, anosognosie d'intoxication, désespoir et suicide, est un crime collectif de nos sociétés.[4]

Des sommes énormes engagées

Avez-vous une idée des sommes qu'il faudrait investir pour contrer efficacement la propagande pharmacopsychiatrique ?

Aux USA, là où se décide la tendance mondiale, en 2012, l'industrie pharmaceutique a dépensé plus de 27 milliards de dollars pour la promotion des médicaments - plus de 24 milliards de dollars en marketing pour les médecins et plus de 3 milliards de dollars en publicité pour les consommateurs (principalement par des publicités télévisées).

Toujours aux USA, en plus des échantillons gratuits, 8 compagnies pharmaceutiques ont fourni plus de 220 millions de dollars en paiements aux médecins en 2010.

En 2011, les industries des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux ont fourni 32% de tous les fonds destinés aux cours de formation médicale continue aux États-Unis, soit 752 millions de dollars sur un total de 2,35 milliards de dollars. [8]

La promotion des maladies

Et c'est seulement la partie promotion des médicaments. La promotion des maladies est faite aussi, par exemple en finançant les associations de patients et de familles. [9]

Quand existe une demande, alors on invente la maladie. Peu importe si la demande est au service de la personne et respectueuse des droits de l'homme et de l'éthique médicale. Quand il existe une demande, des sociétés, des familles ou des personnes elles-même, cette demande qui n'est pas forcément médicale mais souvent politique échoue devant les médecins. Et voilà la nouvelle "maladie". Ainsi le non-conformisme ou l'échec scolaire deviennent-ils des "maladies" qu'on va vouloir "prévenir" avec des prescriptions psychotropes destructrices de la personne.

Les labos sont à l'affût de telles demandes et répondent en assurant la conception et le marketing de la "maladie", en ressortant des concepts anciens, des théories écartées, en changeant les noms, et en fournissant la pilule "miracle". C'est ainsi qu'ont fait l'objet de marketing la "maladie bipolaire" pour vendre le Depakote (valproate), le "trouble de déficit de l'attention et hyperactivité" pour vendre des amphétamines, la "fibromyalgie" pour vendre les anti-dépresseurs.[4] C'est ainsi qu'a été remarketée la théorie réfutée du déséquilibre biochimique pour vendre les poisons de Big Pharma.

Des épidémies bizarres de maladies psychiatriques

La moitié des rédacteurs du DSM IV a touché de l'argent des labos.[23] Des épidémies étranges de maladies psychiatriques apparaissent dans les pays où sévit le système [7], et les suicides y explosent.[24] C'est comme si les maladies étaient inventées sur mesure et vendues au public par un marketing aggressif afin de ... vendre la pilule.




Des poisons détestés par les usagers

Il existe sur internet des sites de retour d'expérience sur les médicaments.
A l'exception du lithium qui a une note juste passable, quasiment tous les médicaments psychiatriques sont évalués négativement par les usagers. Ceci suffit à prouver que les essais présentés par les labos ne valent rien. Pourquoi les prescrit-on ? [10] [11]

Désinformation sur internet.

Presque tous les sites francophones, y compris les sites officiels, désinforment sur les produits en véhiculant des concepts non prouvés [12], en affirmant des mensonges comme la prétendue amélioration de la concentration sous antipsychotiques, et en omettant les effets secondaires et les complications des produits psychiatriques.

Une exemple:
Un site écrit "par des praticiens" et qui se dit conforme aux recommandations de la HAS et de l'Agence du Médicament. [13]

Je lis: "Ce médicament sert aussi à améliorer les capacités de concentration, de mémoire et d’attention."

Il s'agit d'une contre-vérité grossière: le risperidone endommage les fonctions cognitives en rapport avec la dose administrée.[14]

Aucune mention claire des psychoses d'hypersensibilisation, ni des syndromes de sevrage qui sont sévères et possiblement retardés, ni des dyskinésies tardives, presque inévitable sur la durée, qui peuvent être masquées, alors que ces maladies sont dramatiques et incurables, ni des maladies cardio-vasculaires, ni des diabètes induits, ni des gynécomasties, ni du rétrécissement cérébral provoqué, ni de la diminution de l'espérance de vie, ni du désespoir et des suicides provoqués par la ruine des capacités de la personne. [1][17][18][19]

Est-ce acceptable de prescrire un poison pareil à quiconque sans informer, sans proposer d'alternative, alors que celles-ci existent [16] ?

Non respect des droits de la personne. 

Dans ses conditions, tout consentement n'est pas éclairé, et n'est même pas recherché. Au contraire, la contrainte sévit: 76000 cas par an en France en 2015, en augmentation. [15]

Au nom de quoi se permet-on d'imposer ces poisons à des enfants ou à des personnes qui les refusent ?

Les prescripteurs ne sont pas seulement manipulés par l'industrie, mais aussi souvent incompétents.

L'expérience des usagers montre qu'un certain nombre de médecins prescrit par reconduction, par automatisme. En particulier, les produits psychiatriques sont prescrits apparemment sans en connaître bien les effets, ni comment le corps s'adapte à l'intoxication chronique. De tels médecins semblent ignorer que les anti-dépresseurs provoquent des suicides, les stimulants des manies et les neuroleptiques des psychoses. Savent-ils que la personne intoxiquée par les produits qu'ils ont prescrit n'est pas en mesure d'apprécier l'effet du produit sur sa psyché ? Savent-ils distinguer les effets du produit des perturbations émotionnelles contextuelles chez leurs clients ? De tels médecins savent-ils reconnaître un syndrome de sevrage de produit psychiatrique, et savent-ils seulement gérer un tel sevrage ? Ces médecins ne semblent pas non plus informés des altérations chroniques du cerveau produites par les procédés psychiatriques. Beaucoup prescrivent des polymédications dangereuses dont on ne sait rien.

La drogue à vie

Pour certains de nos médecins apparement la drogue psychiatrique est prescrite à vie: on ne l'arrête jamais. En pratique il semble que la plupart de ces médecins refusent d'aider la personne à se sevrer des produits. Au contraire la règle devrait être: je prescris donc je dois savoir sevrer et accepter toute demande de sevrage.

Que faire ?

- Ne plus tolérer la corruption médicale. Redonner pouvoir aux usagers.

- Cesser la contrainte psychiatrique conformément à la convention ONU CDPH.

- Former les médecins à reconnaître les effets des produits psychiatriques et les syndromes de sevrage, à pratiquer les sevrages.

- Accepter toute demande de sevrage de produit psychiatrique.

- Comprendre que les produits qui ont des effets psychotropes ne sont pas des médicaments comme les autres, mais représentent des pièges pour la personne.

- Ne pas prescrire de produits psychiatriques aux enfants, déontologie pédiatrique: pas de prescription sans preuve biologique et preuve biologique de bénéfice.

- Informer les personnes des dangers et des limites des produits qu'ils demandent.

- Approches de dialogue ouvert, dédramatiser les situations, sortir l'entourage de la peur.

- Réparations selon les principes ONU.


Références:

[1] Peter Breggin, "Psychiatric Drug Withdrawal", 2013

[2] Come Back When You Have a Medical Degree From Johanna Ryan
https://rxisk.org/come-back-when-you-have-a-medical-degree/

[3] Venomagnosia by David Healy
https://davidhealy.org/venomagnosia/

[4] Healy, David (2012). Pharmageddon.

[5] Davies, James (2014). Cracked, the unhappy truth about psychiatry.

[6] Gøtzsche, Peter C (2013). Deadly Medicines and Organised Crime: How big pharma has corrupted healthcare.

[7] Whitaker, Robert (2010). Anatomy of an epidemic.

[8] Les chiffres US:
http://www.pewtrusts.org/en/research-and-analysis/fact-sheets/2013/11/11/persuading-the-prescribers-pharmaceutical-industry-marketing-and-its-influence-on-physicians-and-patients

[9] Corruption pharmacologique tous azimuts en France:
https://www.transparence.sante.gouv.fr/

[10] https://www.meamedica.fr/

[11] http://askapatient.com/
[12] Site institutionnel psycom, 2016: des présupposés présentés comme des certitudes scinetifiques.
http://www.psycom.org/Troubles-psychiques/Schizophrenie-s

[13] Page risperidone:
http://www.reseau-pic.info/?dest=medicaments/fiche.php&dci=risperidone

[14] Sakurai, 2013, Dopamine D2 Receptor Occupancy and Cognition in Schizophrenia
https://schizophreniabulletin.oxfordjournals.org/content/early/2012/01/30/schbul.sbr189.full

[15] Statistiques ATIH Santé 2015
http://www.atih.sante.fr/analyse-de-l-activite-hospitaliere-2015

[16] Seikkula, J., Alakare, B., & Aaltonen, J. (2011). The comprehensive open-dialogue approach in western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care. Psychosis, 3(3), 192–204.
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819

[17] Healy David (2016)  Side Effects of Antipsychotics.
http://rxisk.org/side-effects-of-antipsychotics/

[18] RxISK Medical Team, 2016, "What is akathisia?"
http://rxisk.org/akathisia/

[19] C. Hjorthøj, Risk of suicide according to level of psychiatric treatment—a nationwide nested case control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol (2014) 49: 1357-65.

[21] Jick, H.; Kaye, JA; Jick, SS (2004). "Antidepressants and the Risk of Suicidal Behaviors". JAMA. 292 (3): 338–43. doi:10.1001/jama.292.3.338. PMID 15265848.

[22] Chouinard Guy, Chouinard Virginie-Anne, 2008: "Atypical Antipsychotics: CATIE Study, Drug-Induced Movement Disorder and Resulting Iatrogenic Psychiatric-Like Symptoms, Supersensitivity Rebound Psychosis and Withdrawal Discontinuation Syndromes."
http://www.karger.com/Article/Abstract/112883

[23] Article du New York Times, 2006: Plus de la moitié des rédacteurs du DSM IV ont touché de l'argent des labos.
http://www.nytimes.com/2006/04/20/health/20psych.html?_r=0

[24] Aust N Z J Psychiatry. 2004 Nov-Dec;38(11-12):933-9.
Do nations' mental health policies, programs and legislation influence their suicide rates? An ecological study of 100 countries.
Burgess P1, Pirkis J, Jolley D, Whiteford H, Saxena S.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15555028

[25] Frances, Allen, Saving normal: An insider's revolt against out-of-control psychiatric diagnosis, DSM-5, big pharma and the medicalization of ordinary life, Psychotherapy in Australia
Volume 19 Issue 3 (May 2013)
https://search.informit.com.au/documentSummary;dn=464019439257830;res=IELHEA

[26] Une série d'articles en français sur le blog pharmacritique.
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/conflits-d-interets-en-psychiatrie-dsm/



mercredi 18 janvier 2017

Prochaines étapes dans la Campagne pour l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé

Certains d'entre nous se sont rencontrés dans Google Hangouts pour discuter des prochaines étapes.Si vous soutenez l'interdiction absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé, vous êtes invités à participer au partage d'informations et à l'exploration de stratégies. Veuillez contacter info@chrusp.org pour plus de détails.

Nous envisageons de publier sur le site https://absoluteprohibition.wordpress.com/ des documents supplémentaires sur les bonnes pratiques en matière de réforme du droit et concernant les alternatives, ainsi que sur les projets au niveau national et à d'autres niveaux, où nous sommes impliqués en relation avec l'objectif de l'interdiction absolue.

Traduit de l'anglais:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/2017/01/02/next-steps-in-absolute-prohibition/



mardi 17 janvier 2017

La science médicale plaide aussi contre le traitement forcé par Robert Whitaker - Campagne No Forced Treament.

Robert Whitaker: La science médicale plaide aussi contre le traitement forcé.

Posté le 26 mars 2016

Article original en anglais:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/2016/03/26/robert-whitaker-medical-science-argues-against-forced-treatment-too/

L'argument généralement invoqué contre l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé est que ces pratiques, faites sous l'autorité de l'État, violent les droits civils de base d'une personne. Ils privent une personne de sa liberté et de son autonomie personnelle et le font en l'absence d'une accusation criminelle. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées maintient cette position en interdisant la discrimination à l'égard de ces droits. C'est un argument moralement puissant qui devrait se situer au centre de toute protestation contre les traitements forcés.

Cependant, il existe un autre argument, de valeur ajoutée, qui peut être invoqué contre l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé. La science médicale plaide également contre le traitement forcé.

L'«État», pour justifier l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé, soutiendra qu'une telle coercition est nécessaire pour fournir un «traitement médical» aux personnes qui, en raison de leur condition mentale altérée, ne donneront pas leur consentement à ce traitement. L'implication est que si l'individu «psychotique» était sain d'esprit, il ou elle voudrait ce traitement, et ainsi l'état sert comme un gardien utile. Mais cet argument «médical» s'écroule après un examen attentif.

Tout d'abord, il est prouvé que l'hospitalisation psychiatrique elle-même, qu'elle soit volontaire ou involontaire, entraîne un risque accru de suicide. Dans une étude menée en 2014, des chercheurs de l'Université de Copenhague ont examiné les soins psychiatriques reçus par 2 429 personnes au cours de l'année précédant leur suicide et après avoir fait correspondre ce groupe de suicides à un groupe témoin de 50 323 personnes dans la population générale. Après ajustements pour tenir compte des facteurs de risque, ils ont conclu que le risque de décès par suicide à mesure que les personnes reçoivent davantage de soins psychiatriques. La prise de médicaments psychiatriques était associée à une probabilité six fois plus élevée que les gens se tuent eux-mêmes; Le contact avec un hôpital psychiatrique de jour correspond à une augmentation de huit fois; Visiter une salle d'urgence psychiatrique réalise une augmentation de 28 fois; Et l'admission en hôpital psychiatrique une augmentation de 44 fois. [1]

Dans un éditorial qui accompagnait l'article publié dans le Journal of Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, les auteurs - tous experts en recherche sur le suicide - ont observé que ces résultats étaient solides. L'étude danoise, ont-ils écrit,  « a démontré une relation statistiquement forte et dose-dépendante entre l'étendue du traitement psychiatrique et la probabilité de suicide. Cette relation est par étapes, avec des augmentations significatives du risque de suicide qui se produisent avec des niveaux croissants de traitement psychiatrique. »  Ce lien était si fort, conclut-il, que « il semblerait raisonnable, par exemple, toutes choses étant égales, de considérer un non-déprimé, une personne subissant un examen psychiatrique dans le service d'urgence comme étant beaucoup plus à risque [de suicide] qu'une personne souffrant de dépression, qui n'aurait été traitée que dans la communauté. »

Ces chercheurs ont conclu qu'il est « tout à fait plausible que la stigmatisation et le traumatisme inhérents au traitement psychiatrique (particulièrement non consenti) puissent, chez les personnes déjà vulnérables, contribuer à certains suicides. Nous croyons qu'il est probable qu'une proportion de personnes qui se suicident pendant ou après une admission à l'hôpital le font en raison des facteurs inhérents à cette hospitalisation » [2].

Deuxièmement, d'un point de vue médical, la «relation thérapeutique» entre «patient» et «médecin» est considérée comme un facteur important pour un « bon résultat », et le traitement forcé entraîne régulièrement une rupture de cette relation. Les récits personnels des personnes qui ont été traitées de force l'ont comparé à la torture, au viol, etc. En outre, ces récits ne peuvent pas être rejetés comme des écrits de personnes qui sont «altérées» dans leur mental, ni à cet instant ni plus tard; Ces récits personnels révèlent souvent un niveau extraordinaire de détail et de clarté.

Troisièmement, le traitement forcé implique régulièrement des injections d'un antipsychotique, et ce traitement initial est régulièrement un précurseur d'un traitement à long terme avec de tels médicaments (et souvent de manière coercitive). Cependant, il existe maintenant des preuves substantielles que ce traitement médicamenteux de long terme est nuisible. Par exemple:

  • Il y a des preuves que les médicaments rétrécissent les volumes du cerveau, et que ce retrait est associé à une augmentation des symptômes négatifs, des troubles fonctionnels, et au déclin cognitif. [3] 
  • Les médicaments induisent des dyskinésies tardives chez un pourcentage significatif de patients, ce qui traduit un dommage des ganglions de la base.
     
  • Martin Harrow, dans son étude longitudinale des patients psychotiques, a constaté que les patients sous médicaments se détérioraient à long terme sur tous les domaines de fonctionnement. Les patients sous médicaments étaient huit fois moins susceptibles de se rétablir à la fin des 15 ans que ceux qui étaient sortis de la médication. [4] 

Il s'agit simplement d'un examen rapide du procès médical qui peut être fait contre le traitement forcé. Mais même cette revue sommaire montre qu'un tel traitement augmente le risque de suicide, peut se révéler dévastateur pour la «relation thérapeutique», et peut mettre une personne sur une longue période d'usage de médicaments, qui est associée à une variété de dommages et de mauvais résultats. L'argument selon lequel l'hospitalisation involontaire et les traitements forcés sont dans le meilleur intérêt « médical » de la personne «altérée» s'effondre lorsqu'on le regarde à travers cette optique scientifique et, une fois que c'est fait, l'hospitalisation involontaire et le traitement forcé peuvent être clairement perçus pour ce qu'ils sont.

Ils ne sont pas un moyen de fournir «l'aide médicale» nécessaire à un individu. Ils sont une affirmation de l'autorité de l'État et de son pouvoir sur un individu, et cette affirmation de l'autorité viole les droits fondamentaux de la personne civile. Toute discussion sociétale sur l'engagement involontaire et les traitements forcés doit se concentrer sur cette question, et ne pas être distrait par la revendication du « médicalement utile ».

[1] C. Hjorthøj, Risk of suicide according to level of psychiatric treatment—a nationwide nested case control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol (2014) 49: 1357-65.

[2] M. Large. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatry Epidemiol (2014) 49:1353-55.

[3] J. Radua, “Multimodal meta-analysis of structural and functional changes in first 
episode psychosis and the effects of antipsychotic medications,” Neuroscience and 
Biobehavioral Review 36 (2012): 2325–33.

[4] M. Harrow. “Factors involved in outcome and recovery in schizophrenia patients not on antipsychotics medications.” J Nerv Ment Dis (2007) 195: 407-414.


Campagne CDPH prohibition absolue de l'hospitalisation involontaire et du traitement forcé.


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