lundi 16 juillet 2018

Les maladies neurologiques provoquées par les produits psychiatriques qui persistent après l'arrêt des produits.

Les personnes qui font confiance aux prescriptions psychiatriques et celles qu'on intoxique de force sont en danger de devenir malades de façon définitive, même après l'arrêt des produits. Ici je présente certaines maladies neurologiques consécutives aux traitements psychiatriques qui sont mal connues, qui ne sont pas indemnisées, et qui sont niées par la désinformation gouvernementale en France. Ces maladies sont dites iatrogènes, elles sont provoquées par les traitements.

Les neurones sont fragiles

Un neurone inactif meurt après un certain temps. C'est l'apoptose neuronale. Ce mécanisme est probablement déterminé génétiquement. En principe les neurones humains ne repoussent pas sauf certains neurones impliqués dans la mémorisation. Certains neurones assurent un rôle important alors qu'ils sont en petit nombre. Si ces neurones meurent, on a des séquelles neurologiques qu'on ne sait pas soigner. La récupération par plasticité cérébrale diminue avec l'âge, elle n'est pas toujours possible.

Plusieurs mécanismes neurotoxiques sont impliqués.

La plupart des produits psychiatriques inactivent les neurones en bloquant leurs synapses. Les neurones inactifs meurent et cette théorie expliquerait pourquoi les produits psychiatriques donnent des séquelles neurologiques. Les mécanismes toxiques liés aux différents produits s'ajoutent à cela. Les neuroleptiques (dits aussi antipsychotiques) agissent en plus en diminuant l'apport sanguin dans certaines régions du cerveau.

Le risque est cumulatif

Au moins chez certaines personnes, peut-être chez toutes, il existe un risque cumulatif en rapport avec la dose et la durée d'administration. Les personnes plus agées sont plus à risque. Les risques sont augmentés par les polymédications et par la consommation d'alcool.

Tous ces produits psychiatriques sont dangereux

- Les neuroleptiques (dits aussi antipsychotiques) peuvent provoquer des dyskinésies tardives, des hypertonies et des atrophies de substance cérébrale, des insuffisances cérébrales chroniques, des démences.

- Les benzodiazepines peuvent provoquer des insomnies chroniques, des douleurs chroniques, des constipations chroniques, des démences de type Alzheimer.

- Les antidépresseurs ISRS peuvent provoquer des troubles sexuels chroniques, des troubles digestifs chroniques, des troubles chroniques de la vessie.


La liste n'est pas complète.


Nous devons agir:

1 - Réinformer, alerter, reconnaître ces conditions.

2 - Les étudier et apprendre à les soigner et à les prévenir.

3 - Indemniser les victimes.

4 - Zéro tolérance par rapport à la corruption pratiquée par l'industrie pharmaceutique.

5 - Exiger des compagnies pharmaceutiques qu'elles s'assurent vis à vis des risques de pharmacovigilance des produits fournis et que la reconnaissance des conditions iatrogènes et leur indemnisation ne soient plus entravées par des intérêts financiers.


Quelques liens internet:
Syndrome de dysfonction sexuelle après antidépresseurs ISRS
https://rxisk.org/post-ssri-sexual-dysfunction-pssd/

Sur les dyskinésies tardives
http://breggin.com/antipsychotic-drugs-and-tardive-dyskinesia-resources-center/

Les neuroleptiques récents sont aussi dangereux que les anciens:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3109728/

Séquelles des benzodiazepines sur le fonctionnement cérébral:
https://www.madinamerica.com/2018/01/cognitive-impairment-long-term-benzodiazepine-use-remains-even-drug-withdrawal/



dimanche 1 juillet 2018

Opinion, Plan psychiatrie France: le crime contre l'humanité est perpétué.

Santé mentale et psychiatrie : Le ministère de la santé présente le plan dit 'feuille de route' pour, nous dit-on, 'changer le regard sur la santé mentale et les personnes atteintes de troubles psychiques.'

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/180628_-_dossier_de_presse_-_comite_strategie_sante_mentale.pdf


Non-dialogue avec les usagers et violations de leurs droits

- Ce gouvernement ignore les engagements pris envers l'ONU :

Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017.

http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

Dans ce document on peut lire:

  • L'approche du handicap doit être fondée sur les droits de l'homme. Les personnes handicapées sont sujets de droits et non pas objets de soins

  • La désinstitutionalisation des enfants handicapés doit constituer une priorité politique

  • L’égalité de reconnaissance s’agissant de la capacité juridique des personnes handicapées constitue une obligation fondamentale au titre de l'article 12 de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées.

  • J’exhorte la France à revoir son cadre juridique relatif aux soins psychiatriques sans consentement de façon que toute intervention thérapeutique soit fondée sur un consentement libre et éclairé.


- Ce gouvernement ignore la pétition de 4000 personnes demandant de mettre fin aux hospitalisations forcées et aux traitements forcés, qui constituent des formes de torture.

https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

- Ce gouvernement ignore les interpellations accablantes de torture présentées lors de la remise du manifeste Confcap à l'assemblée le 7 juin dernier.

https://depsychiatriser.blogspot.com/2018/06/mon-message-lassemblee-nationale.html

- Au lieu de répondre de façon responsable et résolue à ces interpellations, ce gouvernement institue un Comité Théodule qui servira de devanture à la perpétuation des abus: Le Comité stratégique de la santé mentale et de la psychiatrie (CSSMP) est une instance d’experts qui ne respecte pas l'article 4.3 de la Convention ONU CDPH:

"Dans l’élaboration et la mise en oeuvre des lois et des politiques adoptées aux fins de l’application de la présente Convention, ainsi que dans l’adoption de toute décision sur des questions relatives aux personnes handicapées, les États Parties consultent étroitement et font activement participer ces personnes, y compris les enfants handicapés, par l’intermédiaire des organisations qui les représentent."

Au lieu de cette participation active des usagers, on ne trouve dans ce comité que la présidence FNAPSY, supposée représenter certaines associations agrées par le gouvernement, à l'exclusion de toute organisation qui serait critique de la politique gouvernementale.

https://www.santementale.fr/actualites/un-comite-strategique-de-la-sante-mentale-et-de-la-psychiatrie-dedie-a-la-reinsertion.html



Un effort de propagande financé par les contribuables


Le document du gouvernement est un effort de promotion du concept de 'santé mentale'. Il me semble qu'il s'agit d'un effort de propagande d'une idéologie au service d'intérêts corporatistes et industriels.

A contrario, les études qui suivent démontrent que les efforts en 'santé mentale' sont nuisibles et provoquent des suicides, à l'exception des efforts engagés en addictologie:

Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals (Large, Matthew M. and Ryan, Christopher J. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology. September 2014. Volume 49, Issue 9, pp 1353-1355. DOI: 10.1007/s00127-014-0912-2)
https://link.springer.com/article/10.1007/s00127-014-0912-2

Risk of suicide according to level of psychiatric treatment: a nationwide nested case–control study (Hjorthøj, Carsten Rygaard et al. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology. September 2014, Volume 49, Issue 9, pp 1357-1365. DOI: 10.1007/s00127-014-0860-x)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24647741


La faillite du système est escamotée

Pourquoi est-ce ainsi ? La 'santé mentale' est un sanisme, qui place sous l'autorité de la corporation médicale les questions psychosociales, alors que les médecins ont démontré leurs faillites à aider les personnes, mais plutôt leur propension à les droguer de manière indéfinie, à les traumatiser par la coercition, à les stigmatiser par des pseudo-diagnostics. C'est la mise en œuvre du modèle médical, cette imposture qui consiste à transformer en maladie de la personne désignée comme victime, toute demande psychosociale qui arrive devant le système, qu'elle soit légitime ou non.

- La faillite est dans le chiffre qui manque dans le document du gouvernement: la consommation de psychotropes par les françaises et les français.

http://www.drogues-dependance.fr/medicaments_psychoactifs-chiffres_d_une_realite.html

Pourquoi ce cauchemar d'un pays drogué par les médecins ne figure-t-il pas dans ce document ?

- La faillite est l'aveu d'échec des politiques menées dans le chapitre sur les tortures psychiatriques, appelées 'soins sans consentement'. Les vœux pieux n'empêcheront pas les tortures de se multiplier.

- La faillite est dans la prétention à cesser les stigmatisations alors que le modèle médical les fabrique par ses pseudo-diagnostics et certificats qui sont des instruments pour priver les personnes de leurs droits et à les incapaciter brutalement et durablement par la camisole chimique et la lobotomie chimique. La discrimination est réalisée par les systèmes de prise de décision substitutive, le viol des droits et le fichage des personnes.

- La faillite est dans la fabrication de dépendances psychopharmacologiques et dans les incapacitations qui en résultent.

Au total, la fabrication du handicap est le résultat de la stigmatisation par le pseudo-diagnostic, du traumatisme de la psychiatrie forcée et des violations des droits des personnes, et de l'incapacitation résultant des prescriptions et des maladies iatrogènes qu'elles provoquent.


Le document point par point

Action 6: La prévention du suicide commence par le respect des droits des personnes: Abolition des hospitalisation forcées, des traitements forcés et des systèmes de prise de décision substitutive en application de la CDPH ONU.

Action 22: La torture psychiatrique appelée 'soins sans consentements'.
Nous demandons l'abolition immédiate de ce crime contre l'humanité conformément aux engagements de la France envers l'ONU CDPH, articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, Commentaire général 1 sur article 12, Guidelines sur article 14.

Actions 11, 14, 15:
Pourquoi les maladies iatrogènes provoquées par les prescriptions psychiatriques ne sont-elles pas mentionnées?

Pourquoi les sevrages des produits psychiatriques, qui sont extrêmement difficiles à traverser, ne sont-ils pas mentionnés?

Pourquoi n'aide-t-on pas les personnes qui le demandent à se sevrer des produits psychiatriques?

Pourquoi parle-t-on encore de 'schizophrénie' alors qu'il s'agit d'une construction psychosociale, qui n'apparait pas là où l'approche Open Dialogue est mise en place?

Seikkula Jaakko et collègues, 2010, "The Comprehensive Open-Dialogue Approach in Western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care."
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819?src=recsys

Action 12: Il me semble que le concept de 'pathologie mentale' est une concession inacceptable au modèle médical, et à l'imposture de la psychiatrie biologique. Ou bien une maladie est biologique, et caractérisée de façon biologique, ou bien elle n'est pas une maladie, mais une construction psychosociale. Une large part des personnes dites 'malades mentales' sont des personnes confrontées à des difficultés et qui sont fracassées par le traumatisme de la psychiatrie forcée, stigmatisées socialement, et rendues malades par les produits prescrits.

Action 13: la pédopsychiatrie biologique sans preuve biologique, le marquage diagnostique et la ségrégation, la prescription aux enfants des poisons de la psychiatrie, tout cela constitue un crime contre l'enfant, parce qu'il s'agit de l'imposture du modèle médical appliqué aux difficultés psychosociales de l'enfant. L'aide ne peut être que psychosociale, et respectueuse des choix de l'enfant. La France doit pratiquer l'inclusion et cesser la ségrégation institutionnelle des enfants désignés.

Action 30: Il ne sert à rien de financer la recherche sur un paradigme de psychiatrie biologique qui est erroné. Lisez l'aveu de Thomas Insel, directeur du NIMH, 20 milliards de dollars dépensés pour rien:

https://www.psychologytoday.com/intl/blog/theory-knowledge/201705/twenty-billion-fails-move-the-needle-mental-illness


Corruption et abus de pouvoir

Rien n'est proposé dans ce document pour arrêter la corruption du système par les laboratoires pharmaceutiques, et rien n'est fait pour limiter le pouvoir de la corporation médico-psychiatrique.

Mon sentiment est que ce plan perpétue et même renforce le crime contre l'humanité perpétré contre la population française et les enfants de France par la psychiatrie biologique, coercitive, tortionnaire et qui fait des médecins des fournisseurs de produits psycho-actifs. Ces produits dangereux fabriquent des dépendances et provoquent des conditions iatrogènes dont les conséquences sont extrêmement graves pour les personnes concernées.



Quelques liens internet:

Une autre réaction: Feuille de route. Santé mentale et psychiatrie. Faillite d'un paradigme générateur des impasses et des drames humains
http://cvjn.over-blog.com/2018/07/feuille-de-route.sante-mentale-et-psychiatrie.faillite-d-un-paradigme-generateur-des-impasses-et-des-drames-humains.html

Article du Dr Claude Beraud sur la corruption en France:
http://www.claudeberaud.fr/fraudes-corruption-systeme-soins/

Zyprexa, Seroquel, Geodon (neuroleptiques): Corruption massive à la FDA:
http://www.sciencemag.org/news/2018/07/hidden-conflicts-pharma-payments-fda-advisers-after-drug-approvals-spark-ethical


Professor Peter Gøtzsche: 'Psychiatric drugs do more harm than good', Les médicaments psychiatriques font plus de mal que de bien:
https://www.youtube.com/watch?v=RyHQRxQGBhI

John Read sur la 'psychose', l'entente de voix - Qui a raison - les psychiatres ou leurs patients ?
https://www.youtube.com/watch?v=gnJoSKktmSs


Cet article représente mes opinions personnelles.

samedi 9 juin 2018

Mon message à l'Assemblée nationale à l'occasion de la remise aux députés du manifeste de Confcap

C'était le 7 juin 2018:

Par pétition, 3800 personnes demandent d'abolir les pratiques de psychiatrie forcée dites 'sans consentement' en France.

M'ont été rapportés:
- Contention systématique aux urgences quelque soit le motif, contention prolongée.
- Mise en rétention d'urine, en occlusion.
- Mise à l'isolement, nudité, non-communication.
- Torture par akathisie.
- Idéation suicidaire induite par les produits prescrits.
- Doses punitives, 5 ampoules d'un coup, 14 ampoules par mois, avec menace d'abattre la personne.
- Déni d'un syndrome sérotoninergique.
- Impossibilité de se plaindre, refus du personnel d'arrêter l'empoisonnement.
- Endoctrinement par le personnel, vidéos des labos.

Les personnes sont traumatisées. La plupart ont peur de témoigner et présentent des conduites d'évitement. Certaines sont contraintes à s'exiler hors de France.

La demande dite de 'protection' est en réalité une demande pénale d'incapacitation des personnes. Le médecin ne doit pas être le juge d'une peine d'incapacitation pour des faits qui n'ont pas été sanctionnés par le code ni jugés contradictoirement. Cette peine se fait par l'hospitalisation forcée et par la médication forcée de camisole chimique. Sa durée n'est pas spécifiée. La médication prive la personne de ses moyens, endommage sa santé, réduit son espérance de vie, et provoque des séquelles neurologiques définitives.

Il s'agit du viol de l'intégrité physique et mentale de la personne, commis de façon délibérée, sous l'autorité médicale, avec l'intention de changer la personne. Les rapporteurs spéciaux des Nations Unies expliquent que cela peut constituer des actes de torture.

Au nom du Collectif francophone Absolute Prohibition:

Nous demandons l'abolition absolue des pratiques de traitements forcés et d'hospitalisations forcées en France.

Nous demandons l’abrogation de la loi discriminatoire de 2011/2013 et la participation majoritaire des personnes en situation de handicap psychosocial aux textes futurs les concernant.

Nous demandons le respect de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, Commentaire général 1 sur article 12, Guidelines sur article 14.

Nous demandons le retrait du projet du Conseil de l'Europe de protocole additionnel à la convention d'Oviedo.

Nous demandons la mise en place d'une Commission de Vérité et Réconciliation.



Lien pétition:
https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

Collectif Absolute Prohibition:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/

Rapport Juan Mendez A.HR.22.53
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session22/A.HRC.22.53_English.pdf

Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017
http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

La campagne ENUSP contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo: http://enusp.org/2018/04/18/enusp-started-campaign-against-the-draft-additional-protocol-to-the-oviedo-convention/

Le courrier adressé au Conseil de l'europe par les ONG:
European Disability Forum www.edf-feph.org
European Network of (Ex)-Users and Survivors of Psychiatry (ENUSP) www.enusp.org
Mental Health Europe www.mhe-sme.org
Inclusion Europe www.inclusion-europe.eu
Autism-Europe www.autismeurope.org
International Disability Alliance www.internationaldisabilityalliance.org
http://edf-feph.org/newsroom/news/disability-organisations-urge-council-europe-withdraw-addition-protocol-oviedo





Autres liens:

La situation du CHU de Saint-Etienne n'est pas unique, les abus continuent:
https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/25092-Adeline-Hazan-En-psychiatrie-recours-l-hospitalisation-consentement

Le manifeste de Confcap:
https://confcap2017.wordpress.com/2018/06/06/manifeste-tou-te-s-vulnerables-tou-te-s-capables/

Lien journal libération:
http://www.liberation.fr/debats/2018/06/06/toutes-et-tous-vulnerables-toutes-et-tous-capables_1656820

#torture #psychiatrie

jeudi 10 mai 2018

Appel contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo

A l'initiative de l’ENUSP (European Network of (ex)users and survivors of psychiatry - Réseau européen des (ex)usagers et survivants de la psychiatrie) qui est l'organisation représentative indépendante des usagers de services de santé mentale, ex-usagers et survivants de la psychiatrie au niveau européen et au nom de l’association Advocacy-France, adhérente de l’ENUSP, ainsi qu’au nom des associations et personnes signataires en France et en Europe.


Appel contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo


Qu'est-ce que le "Projet de protocole additionnel concernant la protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux en matière de placement involontaire et de traitement involontaire" actuellement proposé par le Conseil de l'Europe ?

L'objectif de ce projet de protocole est de continuer à développer dans un instrument juridiquement contraignant les dispositions de l'article 7 de la Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine et celles de l'article 5 § 1 (e) de la Convention européenne des droits de l'homme. En termes simples, l'objectif du projet de protocole est d'établir des normes pour les mesures forcées en psychiatrie et de les intégrer aux droits de l'homme tel qu'établis par le Conseil de l'Europe. Le texte précédent du projet de protocole daté de 2015 et les commentaires reçus lors de la consultation publique peuvent être consultés ici 1

Comment le projet de protocole a été initié:

La décision d'élaborer un instrument juridiquement contraignant en matière de "protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux en matière de placement et de traitement involontaires" a été prise sur la base des observations du Comité directeur pour la bioéthique (CDBI) qui a constaté des lacunes juridiques dans certains États membres du Conseil de l'Europe dans la mise en œuvre de la Recommandation (2004)10 concernant la protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux. Cependant, cette recommandation a été élaborée avant la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées 2 ( (CDPH de l’ONU) et est basée sur des normes aujourd'hui obsolètes qui vont à l'encontre de la CDPH de l'ONU.

Pourquoi le projet de protocole additionnel est dangereux pour nos droits:
  • Le projet de protocole additionnel représente une tentative d'outrepasser les normes de la CDPH de l'ONU et de maintenir le statu quo en psychiatrie.

    Ce projet de protocole est très problématique en ce qui concerne la non-discrimination, l'égalité de reconnaissance devant la loi, la liberté et la sécurité des personnes, le droit à la santé et l'interdiction de la torture et des mauvais traitements.

    Le projet de protocole est en soi discriminatoire : seules les personnes atteintes de "troubles mentaux" peuvent être détenues de force pour des raisons de prévention des risques et être traitées sans leur consentement.

    L'approche globale tout comme le langage utilisé dans le projet de protocole additionnel reflètent l'ancien modèle bio-médical du handicap où les personnes étaient considérées comme des objets de soins plutôt que comme des titulaires de droits.

    Ce projet de protocole additionnel autorise la détention pour des raisons relatives à la santé mentale et des traitements psychiatriques non consensuels. Le titre même du projet de protocole contient des termes médicaux et fait référence au placement involontaire et au traitement involontaire comme s'il s'agissait d'une pratique normalisée et acceptable, ce qui est contraire à la CDPH de l’ONU, qui exige la fin du placement et du traitement involontaires en raison d’un handicap.

  • Le traitement et le placement involontaire sont considérés dans le projet de protocole comme une forme de "thérapie" ou de "soins".

    Le projet de protocole permet de refuser la communication de la personne avec sa personne de confiance et avec d'autres personnes et organismes, en disant simplement qu'une telle communication "ne doit pas être restreinte de façon déraisonnable". Il n'est pas nécessaire de vous dire que ce qui sera considéré "raisonnable" sera soumis à l'avis d'un psychiatre.

    Il y a eu un manque total d'implication et de consultation significative des organisations de personnes handicapées et en particulier des organisations représentant les personnes en situation de handicap psychosocial dans l'élaboration et la rédaction de ce document, contrairement à l'article 4 (3) de la CDPH de l’ONU.

    Ce projet de protocole va à l'encontre des dispositions de la CDPH de l’ONU et de son interprétation par le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU, ainsi que de la jurisprudence récente de la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg, dont la compétence est reconnue par tous les membres du Conseil de l'Europe lui-même.

Conséquences potentielles

Il est important de savoir que l'acceptation par les Etats membres du Conseil de l'Europe du projet de protocole additionnel entraînerait une confusion parmi les décideurs politiques et retardera considérablement, voire mettra un terme aux réformes en cours dans le domaine de la santé mentale. Par conséquent, il ne contribuera en aucun cas à la protection des droits humains des personnes atteintes de "troubles mentaux", mais soutiendra plutôt le statu quo caractérisé par des déséquilibres de pouvoir et la négligence continue des besoins réels des personnes atteintes de handicaps psychosociaux et conduira à la poursuite des violations des droits humains en psychiatrie. L'adoption du projet de protocole entraînerait également une confusion dans le domaine juridique en créant des normes contradictoires où les "droits de l'homme européens" seraient de moins bonne qualité que les normes internationales en matière de droits de l'homme. De nombreux tribunaux nationaux fondent leurs décisions sur des instruments de ce type approuvés par le Conseil de l'Europe, ainsi que sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, dont les décisions changeraient en conséquence au moment même où elles sont progressivement en train d'être fondées de plus en plus souvent sur des références directes aux dispositions de la CDPH de l’ONU.

Que peut-on faire ?

Après avoir consacré beaucoup de temps, d'efforts et de moyens financiers pour tenter d'influencer la rédaction de ce protocole additionnel avec d'autres alliés et parties prenantes depuis 2014, l'ENUSP est fermement convaincu qu'aucune amélioration du texte de ce projet de protocole additionnel ne peut changer la situation. Nous avons demandé à plusieurs reprises2 au Comité bioéthique du Conseil de l’Europe responsable de sa rédaction, en personne et par écrit, de retirer ce projet de protocole et de nombreuses autres organisations ont fait de même, y compris le Forum européen des personnes handicapées (FEPH), Santé Mentale Europe (SME), le HCDH, le Comité CDPH de l'ONU, le Rapporteur spécial pour les droits des personnes handicapées, le MDAC, Human Rights Watch, et bien d'autres encore. Malgré tous les arguments avancés, le Comité de bioéthique (DH-BIO) a continué à travailler sur le projet de protocole. Il semble clair à ce stade qu'aucun autre retour d'information et consultations ne peut améliorer le processus et qu'il est nécessaire de s'adresser à toutes les parties prenantes concernées aux niveaux national et européen, y compris nos membres directement.

La prochaine discussion du projet de protocole additionnel par le Comité de bioéthique (DH-BIO) est prévue du 23 au 25 mai 2018 en vue d'une décision de l'envoyer pour avis à d'autres organes/comités du Conseil de l'Europe. Les membres du DH-BIO ont été invités à envoyer leurs commentaires sur le projet de texte avant le 27 avril 2018. Après cette étape, l'Assemblée générale du Conseil de l'Europe se prononcera sur l'adoption ou non de ce projet de protocole additionnel avant la fin de cette année
Nous vous suggérons de contacter les membres du Comité de bioéthique de vos pays, sous toute forme appropriée et de leur faire savoir que le projet de protocole additionnel n'est pas compatible avec la CDPH de l'ONU et ne nous protégera pas contre la violation de nos droits. Vous trouverez ci-joint un projet de lettre comme suggestion sur le type d'arguments que vous pouvez présenter. En outre, il serait bon de s'adresser à d'autres acteurs dans vos pays, qui sont censés voter sur le projet de protocole additionnel ou peuvent nous rejoindre en tant qu'alliés, à savoir :

  • Représentant-es du Ministère de la Santé
  • Représentant-es du Ministère des Affaires Étrangères
  • Médiateur ou médiatrice de votre pays
  • Organisme national de prévention contre la torture dans votre pays
  • Conseils nationaux des personnes handicapées
  • Associations de personnes handicapées
  • Associations de juristes
  • Associations travaillant dans le domaine de la santé mentale
  • Associations travaillant en faveur des droits des personnes LGBTI
  • Toute autre association travaillant en faveur des droits de groupes fragilisés

La liste est ouverte et n'est donnée qu'à titre indicatif. Veuillez nous faire savoir si vous avez à l'esprit d'autres intervenants clés et potentiels à contacter.

Nous espérons que cette note vous a convaincus de la nécessité urgente de combattre ce « projet de protocole additionnel sur la protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux en matière de placement involontaire et de traitement involontaire », car il représenterait un pas en arrière total par rapport aux progrès que nous avons déjà réalisés et que nous prévoyons de réaliser à l'avenir depuis l'adoption de la CDPH de l'ONU, comme la capacité juridique dans tous les cas, la liberté, le droit de ne pas être soumis à la torture et à d'autres mauvais traitements, et le droit à des soins de santé fondés sur le consentement libre et éclairé. ENUSP souligne que le projet de protocole additionnel doit être retiré et remplacé par un instrument qui soutient et conduit à la mise en œuvre complète de la CDPH de l’ONU en ce qui concerne son application aux soins de santé mentale et du soutien social dans toute l'Europe, y compris le passage de l'exclusion à l'inclusion et le passage de la coercition à de véritables soins de santé mentale.

Il ne devrait pas exister un système de droits de l'homme "à deux vitesses", en fonction de la CDPH de l’ONU et des instruments promulgués par le Conseil de l'Europe. Avec l'adoption éventuelle du projet de protocole additionnel, les gouvernements auraient une excuse formelle pour ne pas mettre en œuvre les réformes importantes encore nécessaires, permettant ainsi aux violations graves des droits de l'homme à l'encontre des personnes en situation de handicap psychosocial de se poursuivre et générant des conflits entre les différents systèmes juridiques régissant les droits de l'homme dans le monde entier.

Heureusement, le Portugal a officiellement déclaré qu'il ne votera pas en faveur de ce projet de protocole et est le seul État membre du Conseil de l'Europe à avoir présenté cette position jusqu’à présent. Toutefois, une fois qu'un État membre retire son soutien, il est beaucoup plus facile pour les autres États membres de faire de même.

ENUSP compte sur vous pour prendre d'urgence des mesures contre le projet de protocole dans votre pays et nous restons à votre disposition pour toute question ou tout soutien dont vous pourriez avoir besoin à cet égard.

S'il vous plaît, aidez-nous à défendre notre rêve européen partagé afin que chaque citoyen et citoyenne d'Europe puisse jouir pleinement de ses droits humains.

Olga Kalina
ENUSP - European Network of (Ex)Users and Survivors of Psychiatry
Vesterbrogade 103, 1.sal
1620 Copenhagen, Denmark

enusp.info@gmail.com / www.enusp.org
1 version française : https://www.coe.int/fr/web/bioethics/news/-/asset_publisher/EV74osp47zWZ/content/public-consultation-on-a-working-document?inheritRedirect=false
2 Pour plus d'informations sur la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées voir : http://www.ecoute.ch/files/upload/Convention%20ONU%20droits%20des%20personnes%20handicap%C3%A9es%20prise%20de%20position%20forom%20%C3%A9coute%20FAQ.pdf
2  Voir : Joint letter https://mhe-sme.org/statement-of-enusp-and-mental-health-europe-on-additional-protocol/

Et les réponses de l'ENUSP:
http://enusp.org/wp-content/uploads/2016/03/ENUSP_response-to-draft-Protocol-Oviedo_2017.pdf, http://enusp.org/wp-content/uploads/2016/03/ENUSP_response-to-draft-Protocol-Oviedo_involuntary-2015.pdf


Joignez vous à cette campagne pour la défense de nos droits. 
 
La campagne ENUSP: http://enusp.org/2018/04/18/enusp-started-campaign-against-the-draft-additional-protocol-to-the-oviedo-convention/

Le courrier adressé au Conseil de l'europe par les ONG:
European Disability Forum www.edf-feph.org
European Network of (Ex)-Users and Survivors of Psychiatry (ENUSP) www.enusp.org
Mental Health Europe www.mhe-sme.org
Inclusion Europe www.inclusion-europe.eu
Autism-Europe www.autismeurope.org
International Disability Alliance www.internationaldisabilityalliance.org
http://edf-feph.org/newsroom/news/disability-organisations-urge-council-europe-withdraw-addition-protocol-oviedo

La lettre ouverte adressée aux membres français du Comité de bio-éthique DH BIO du Conseil de l’Europe:
http://enusp.org/wp-content/uploads/2018/04/Lettre-aux-membres-fran%C3%A7ais-Comit%C3%A9-DH-BIO-26-04-18.pdf

Contactez ENUSP, Advocacy-France ou utilisez le formulaire de contact sur ce blog, colonne de droite.

D'autres articles:

Sur le blog Zinzin Zine: http://www.zinzinzine.net/contre-le-projet-de-protocole-additionnel.html

En Italie aussi: http://www.ilcappellaiomatto.org/2018/05/v-i-scriviamo-per-informarvi-sulla.html
#withdrawoviedo

vendredi 13 avril 2018

Consultation sur la participation des personnes handicapées dans l'application et le suivi de la CDPH de l'ONU

L'International Disability Alliance lance une consultation sur la participation des personnes handicapées dans l'application et le suivi de la CDPH de l'ONU (Convention Droits des Personnes Handicapées).

Je pense que c'est important que les assos et groupes français y participent, car la non participation me semble forte dans notre pays, en particulier pour le handicap psychosocial.

Le lien en français est là:

https://www.surveymonkey.com/r/J5F9MLL

En anglais c'est là:

http://www.internationaldisabilityalliance.org/consultation…

Il y a un document word à télécharger ou bien un questionnaire en ligne, c'est très ouvert.

C'est urgent. Clôt le 30 avril.

La convention ONU CDPH interdit la psychiatrie forcée, articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, Commentaire général 1 sur article 12, guidelines on article 14.

La convention en français:
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

Commentaire Général 1 sur article 12:
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Guidelines on article 14:
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/GC/GuidelinesArticle14.doc


Pétition France:
https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu


https://quotefancy.com/quote/1673011/Judi-Chamberlin-Nothing-about-us-without-us


samedi 31 mars 2018

Remplacer le DSM par la théorie des détresses mentales "Power Threat Meaning Framework" de la BPS

La British Psychological Society (BPS) nous présente le système théorique: "Power Threat Meaning Framework", un système conçu par une équipe de psychologues cliniciens et d'usagers survivants de la psychiatrie.

Lui redonner pouvoir positivement au lieu de juger la personne négativement

Un objectif de cette théorie est d'éviter les diagnostics psychiatriques du modèle médical, de type DSM. C'est une approche à mettre en pratique aussi. Le diagnostic psychiatrique représente le jugement social selon une perspective négative. On recherche plutôt une approche positive de pouvoir face aux situations de menaces vécues. Selon cette théorie, la détresse mentale résulte d'un déséquilibre de pouvoir. Selon les personnes, les menaces vécues peuvent se traduire par des réactions très variées au stress. Ce sont des moyens de survie, qui représentent la plupart des symptômes psychiatriques.

"Que vous est-il arrivé?"

Au lieu de demander: "Qu'est ce qui ne va pas chez vous ?", on propose de demander plutôt:

- "Que vous est-il arrivé?" c.à.d. Comment les relations de pouvoir fonctionnent-t-elles dans votre vie?

- "Comment cela vous a-t-il affecté?" c.à.d. Quelles sortes de menaces vous ont affecté?

- "Quel sens donnez-vous à ceci?" c.à.d. Quelle est la signification de ces expériences pour vous?

- "Qu'avez vous du faire pour survivre à cela?" c.à.d. Quelle sorte de réponse à la menace utilisez-vous?

Cela fait référence au type de réponse au stress, soit: Combat, Fuite ou Immobilité, en anglais: Fight / Flight / Freeze.

- Quelles sont vos forces, vos ressources?

et finalement:

- Quelle est votre histoire?


(D'après Lucy Johnstone and Mary Boyle.)

Le combat, la fuite ou l'immobilité.

Ainsi la détresse mentale est-elle une réaction au stress, aux menaces, au déséquilibre de pouvoir. Cela prend des formes variées selon les personnes, comme de croire des trucs bizarres, d'entendre des voix désagréables, de se faire du mal, de s'agiter ou de se replier sur soi, de paniquer, de vouloir dissoudre sa personne dans le néant, de se dissocier de son corps ou de ses émotions ou de ses pensées. Ce sont des formes de la réponse au stress par le combat, la fuite ou l'immobilité.

Adoptons ce modèle et chacun en bénéficiera.

Je trouve cette approche excellente, éclairante, libératoire. Il me semble qu'on aurait tout bénéfice à l'adopter: les usagers seront mieux compris et renforceront leurs moyens de se défendre et de résoudre les conflits à l'origine de leur situation. Les psychiatres peuvent sortir avec cette approche de l'impasse du modèle médical, et s'y retrouvent car le système s'articule sur les réponses physiologiques aux situations de stress. Les travailleurs sociaux peuvent aider les personnes sans recourir à un modèle médical qui ne leur appartient pas et qui est inadapté aux besoins. Ici la notion de déséquilibre de pouvoir intègre la dimension sociale des situations vécues. Le système me semble assez développé et riche de potentialités.

Liens:

https://www.bps.org.uk/news-and-policy/introducing-power-threat-meaning-framework

jeudi 1 mars 2018

Pédopsychiatrie sous influence = DANGER !!!

La psychiatrie sous influence

Plusieurs enquêtes ont prouvé que la psychiatrie aujourd'hui est sous l'influence de l'idéologie conçue et financée par les perspectives de ventes des psychomédicaments. Cet effort considérable de l'industrie pharmaceutique est insidieux, universel, résilient, et extrêmement habile. On peut dire qu'aujourd'hui, le business des labos est la promotion de cette idéologie conçue pour faire prescrire leurs produits, bien avant la recherche ou la production. C'est déjà vrai pour la médecine, mais cela atteint des proportions extrêmes quand il s'agit de psychiatrie.


L'effort de rendre la population malade

L'effet pervers de cette mécanique de recherche du profit est le ‘disease-mongering’, en français cela désigne l’effort de rendre la population malade ou bien de la convaincre qu'elle est malade ou en danger de le devenir. Afin de vendre des psychomédicaments, on n'en fait pas la publicité directe, mais plutôt on invente des maladies, et on vend ces maladies-concepts aux personnels médicaux et à leurs clients. Ou bien on crée directement les maladies en faisant prescrire des produits qui peuvent rendent maniaque, halluciné, insomniaque, akathisique, désespéré, replié, hypersensible, qui font passer à l'acte, qui altèrent définitivement le système nerveux, et qu'on ne peut pas arrêter, en instituant des comportements d'addiction aux psychomédicaments, en faisant la promotion de la psychiatrie comme instrument de répression sociale et d'incapacitation médicalisée, c'est à dire par lobbying en faveur des traitements forcés.


Big Pharma et le disease-mongering: rendre la population malade pour faire des profits




Les moyens de promotion des concepts psychiatriques sont extrêmement variés.

- En orientant et en finançant la conception de l'idéologie.

- En orientant les efforts de recherche sur les concepts hypothétiques et les présupposés.

- Par des essais qui valident a priori les présupposés et qu'il est facile de truquer et d'interpréter de façon erronée. Par exemple interprétation de court terme, population non vierge, syndromes de sevrage sous placebo, population sans métaboliseurs lents, données complètes non accessibles, retraits pour suicide non comptabilisés.

- Par extension du champ des psychomaladies.

- Par financement des journaux et des universités, et par campagne de promotion d'une psychomaladie.

- Par recrutement des personnes clé qui font la tendance, par la rédaction des articles sous des prête-nom et par l'usage des noms des participants aux colloques financés.

- Par renommage des produits et des concepts.

- Par financement des associations de personnes qui s'identifient à la psychomaladie et des associations de familles aussi.

- Par lobbying et financement politique.

- En incitant les médias importants à propager et à entretenir les idées fausses et les préjugés sur lesquels s'élabore la demande d'une population pour la psychiatrie coercitive.

- En faisant la promotion active des efforts dits de 'prévention', de 'dépistage', qui s'appuient sur des concepts qui ne sont pas valides et sur des psychomédicaments qui sont surtout nuisibles.

- Enfin en discréditant ou en interdisant toute espèce d'alternative ou de concurrence, même si les usagers les demandent.

C'est ainsi qu'on produit de véritables épidémies de 'maladies-concepts' et de psychomaladies.


Mais ce qui est le plus prometteur d'espérances de ventes sur le long terme c'est d'intoxiquer les enfants avec les psychomédicaments.

Pédopsychiatrie = DANGER !!!

La psychomédication d'un enfant représente un abus qui endommage de façon définitive le système nerveux et la santé de nos enfants. Les produits, qui sont comme des drogues légales, induisent des conduites d'addiction, et la perte de confiance en soi. Cela peut être vécu comme la perte de l'intégrité physique et mentale imposée par les parents, une menace sur la vie et ce traumatisme ne peut être compris car l'enfant n'a pas les moyens de se distancier du charlatanisme qui infeste une société jusqu'au plus haut niveau de l'état.

Un diagnostic mental c'est un jugement porté contre l'enfant

L'imposture la plus nuisible de la psychiatrie est qu'elle est un instrument de répression des comportements. C'est à dire que le psychiatre juge la personne désignée, la condamne au moyen d'une étiquette diagnostique, puis punit le comportement incriminé, généralement au moyen de la psychopharmacologie, qui s'efforce de réaliser le plus souvent une incapacitation.

Conflits parents-enfants, déficit d'attention parentale, pédagogie inadaptée.

Or cette parodie de jugement déguisée en psychomédecine se pratique de préférence sur les personnes qui n'ont pas les moyens de se défendre. Les enfants sont des victimes faciles. C'est ainsi que les enfants deviennent les boucs émissaires qui servent à masquer des dysfonctionnements relationnels ou sociaux, comme la pauvreté, des conflits parents-enfants, des parents mal-aimants ou absents: un déficit d'attention parentale, une pédagogie inadaptée...

Pédiatrie = pas de traitement sans preuve biologique et nécessité absolue.

La règle en pédiatrie c'est de ne jamais prescrire un produit dangereux comme tous les psychomédicaments le sont, sans preuve biologique et sans que cela soit rendu absolument nécessaire.

Parents, enseignants, soyez vigilants !

Ne laissez-pas les psychiatres influencés par big pharma passer au peigne fin les enfants d’âge scolaire, cherchant à détecter les critères pifométriques d’une idéologie conçue pour droguer et rendre malade.

Si vous les laissez faire, vous allez traumatiser des enfants qui s’en seraient bien passés, ils n’auront plus confiance en eux-mêmes, ils seront rejetés, exclus, institutionalisés, montrés du doigts, considérés comme déficients, et leurs parents seront influencés aussi et les aimeront moins.

Cela ne s’arrête pas là: l'intoxication des enfants aux psychomédicaments est une maltraitance aggravée, et le moyen d'entrée dans la psychomaladie avérée par dommage neurologique.

Franchement c’est criminel et ce sont des psychiatres eux-mêmes qui le disent.





Références:

Whitaker, RH (2010). Anatomy of an Epidemic. New York: Random House.

Whitaker, RH (2015). Psychiatry Under the Influence: Institutional Corruption, Social Injury, and Prescriptions for Reform .

Caplan, PJ (1995) They Say You’re Crazy: How The World’s Most Powerful Psychiatrists Decide Who’s Normal  (Perseus Books: http://www.aw.com/gb).

Healy, David (2012). Pharmageddon.

Peter Breggin, "Psychiatric Drug Withdrawal", 2013

Davies, James (2014). Cracked, the unhappy truth about psychiatry.

Gøtzsche, Peter C (2013). Deadly Medicines and Organised Crime: How big pharma has corrupted healthcare.

Gøtzsche, Peter C (2015). Deadly Psychiatry and Organised Denial.

Moncrieff, Joanna (2009). The myth of the chemical cure: A critique of psychiatric drug treatment.

Frances, Allen, Saving normal: An insider's revolt against out-of-control psychiatric diagnosis, DSM-5, big pharma and the medicalization of ordinary life, Psychotherapy in Australia
Volume 19 Issue 3 (May 2013)
https://search.informit.com.au/documentSummary;dn=464019439257830;res=IELHEA

Article du New York Times, 2006: Plus de la moitié des rédacteurs du DSM IV ont touché de l'argent des labos.
http://www.nytimes.com/2006/04/20/health/20psych.html?_r=0

C. Hjorthøj, Risk of suicide according to level of psychiatric treatment—a nationwide nested case control study. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol (2014) 49: 1357-65.

Jick, H.; Kaye, JA; Jick, SS (2004). "Antidepressants and the Risk of Suicidal Behaviors". JAMA. 292 (3): 338–43. doi:10.1001/jama.292.3.338. PMID 15265848.

Chouinard Guy, Chouinard Virginie-Anne, 2008: "Atypical Antipsychotics: CATIE Study, Drug-Induced Movement Disorder and Resulting Iatrogenic Psychiatric-Like Symptoms, Supersensitivity Rebound Psychosis and Withdrawal Discontinuation Syndromes."

Aust N Z J Psychiatry. 2004 Nov-Dec;38(11-12):933-9.
Do nations' mental health policies, programs and legislation influence their suicide rates? An ecological study of 100 countries.Burgess P1, Pirkis J, Jolley D, Whiteford H, Saxena S.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15555028

Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217.
http://www.omicsonline.org/open-access/pharmacological-iatrogenesis-substancemedicationinduced-disordersthat-masquerade-as-mental-illness-2161-1165-1000217.php

etc...