samedi 29 septembre 2018

Appel contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo (suite)

Suite de l'article du 10 mai.

10 octobre twittons tous le Conseil de l'Europe !  #withdrawOviedo et taguer @coe

10 octobre, audience du conseil de l'europe:
Tous sur:   twitter.com
adresser à:  @coe
hashtag:   #withdrawOviedo

French petition against forced psychiatry
https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

Et ceci: Forced psychiatry is torture. It's a crime against humanity. Criminals go to jail ! 

Explications

Le Comité de Bioéthique du Conseil de l'Europe persiste dans son projet rétrograde et criminel autorisant la psychiatrie forcée, et les différentes formes de torture psychiatrique.

C'est là:
https://www.coe.int/fr/web/bioethics/psychiatry/about


Absence de dialogue

Ce Comité auto-suffisant, qui prétend décider au nom des usagers de ce qui les concerne, ignore aussi l'opposition des ONG suivantes à ce projet:

Le Forum Européen des personnes handicapées (European Disability Forum - EDF)
Le Réseau Européen des (ex-)usagers et survivants de la psychiatrie (ENUSP)
Santé Mentale Europe (Mental Health Europe)
Inclusion Europe
Autisme-Europe
International Disability Alliance
Human Rights Watch



Ignorance de l'opposition des états membres à ce projet

La Bulgarie, le Portugal, la Macédoine ont annoncé qu'ils ne signeraient pas ce projet.




Ignorance des engagements des états européens et de l'Union Européenne envers les traités ONU.

Le comité de Bioéthique ignore l'opposition des instances ONU suivantes à ce projet:

- Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU
- le Groupe de travail sur la détention arbitraire
- la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées
- le Rapporteur spécial sur le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible



Ces messieurs-dames du Comité de bioéthique habitent-ils sur une autre planète que la notre ?



Le 9 octobre prochain aura lieu une audience publique de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe au sujet du projet de protocole à Strasbourg.

La sanction du projet par le Comité des droits des personnes handicapées est en français comme suit:
En anglais ici: https://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/Statements/StatementOviedo_CRPD20th.docx


Déclaration du Comité des droits des personnes handicapées appelant les États parties à s’opposer au projet de Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo1


Adoptée lors de la 20e session du Comité tenue du 27 août au 21 septembre 2018,
à Genève


Le Comité appelle les États parties à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées à s’opposer au projet de Protocole additionnel à la Convention du Conseil de l’Europe pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine : Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine (STE n°164) (ci-après « Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo »).
Le projet de Protocole additionnel, qui viserait à protéger les droits de toutes les personnes atteintes de « troubles mentaux » à l’égard du recours au placement et au traitement involontaires, est en contradiction manifeste avec les droits fondamentaux des personnes handicapées reconnus par la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Il constitue notamment une violation de l’article 5 sur l’égalité et la non-discrimination combiné avec l’article 12 sur la reconnaissance de la personnalité juridique dans des conditions d’égalité, l’article 14 sur la liberté et la sécurité de la personne, l’article 17 sur la protection de l’intégrité physique et mentale et l’article 25 sur le droit à la santé.
L’article 12 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées dispose que toutes les personnes handicapées, y compris celles présentant un handicap psychosocial, ont droit à la reconnaissance de leur personnalité juridique dans des conditions d’égalité, et jouissent de la capacité juridique sur la base de l’égalité avec les autres. Il énonce deux aspects positifs de l’autonomie individuelle : le respect des choix de la personne déterminés par la volonté et les préférences de celle-ci, et la promotion de l’autonomie individuelle grâce à un système de prise de décision assistée. À cet égard, les États parties ont l’obligation de ne pas priver les personnes handicapées de leur droit de prendre et de faire appliquer leurs propres décisions et de ne pas autoriser à ce que des tiers puissent donner un consentement en leur nom. Les États parties doivent au contraire mettre à disposition des personnes handicapées différentes mesures d’accompagnement leur permettant d’exercer leur capacité juridique, y compris d’exprimer leur consentement2.
L’article 14 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées interdit toute privation de liberté illégale ou arbitraire des personnes handicapées en précisant que l’existence d’un handicap ne saurait justifier une privation de liberté. Les lois actuellement en vigueur sur la santé mentale justifient la détention au motif d’une incapacité mentale réelle ou supposée de la personne concernée ou du danger qu’elle pourrait constituer pour elle-même ou pour autrui. Alors que ces critères se veulent objectifs et raisonnables, dans la pratique ils ont pour effet de viser les personnes handicapées, en particulier les personnes présentant des handicaps psychosociaux ou intellectuels, généralement considérées comme dangereuses et comme nécessitant un traitement ou une prise en charge. Ces mesures sont par conséquent discriminatoires et contraires à l’interdiction de la privation de liberté fondée sur le handicap et au droit à la liberté sur la base de l’égalité avec les autres, prévus par l’article 143. Les États sont tenus de remplacer le recours aux pratiques coercitives en psychiatrie par un accompagnement dans la prise de décision sur les questions liées à la santé et par de nouveaux modèles de services respectueux de la volonté et des préférences de la personne4.
Les personnes présentant des incapacités intellectuelles ou psychosociales sont souvent considérées comme constituant un danger pour elles-mêmes et pour autrui lorsqu’elles ne consentent pas et/ou s’opposent à un traitement médical ou thérapeutique. Toutes les personnes, y compris les personnes handicapées, ont le devoir de ne pas causer de préjudice. Les systèmes juridiques qui reposent sur l’État de droit ont mis en place une législation pénale ainsi que d’autres lois pour donner suite à toute violation de cette obligation. Les personnes handicapées sont souvent privées d’une protection égale au regard de ces lois dans la mesure où elles se voient appliquer un régime juridique distinct, notamment au moyen de lois sur la santé mentale. Le Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo viendra perpétuer cette situation. Ces lois et procédures appliquent généralement des normes moins rigoureuses en matière de protection des droits de l’homme, en particulier le droit à un procès équitable en bonne et due forme, et sont incompatibles avec l’article 13 combiné avec l’article 14 de la Convention5.
L’article 25 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées exige expressément des États qu’ils fournissent des soins de santé aux personnes handicapées sur la base du consentement libre et éclairé. Les professionnels de santé sont par conséquent tenus de veiller à ce que la personne concernée ait donné son consentement avant toute intervention médicale. Sur la base du respect du consentement de la personne, les personnes sont également en droit de refuser un traitement même lorsqu’il existe des motifs de croire que ce traitement pourrait avoir des effets bénéfiques sur leur santé6. Les personnes présentant un handicap psychosocial ne devraient subir aucune différence de traitement et en conséquence jouissent du même droit d’accepter ou de refuser un traitement médical.
Par ailleurs, le placement et le traitement involontaires représentent également une menace pour le droit à l’intégrité physique, tel qu’il est reconnu par l’article 17 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Dans la pratique, ces interventions non consenties supposent le recours à la force, à la contention chimique ou physique, à l’isolement ou à la sédation. Ces pratiques dépassent le champ d’application du droit à la santé et peuvent constituer une forme de torture ou un traitement cruel, inhumain ou dégradant7.
Le Comité rappelle que, bien que ces préoccupations aient été relayées auprès du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe dans une lettre conjointe datée du 29 septembre 2017 adressée par le Groupe de travail sur la détention arbitraire, la Présidente du Comité des droits des personnes handicapées, la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées et le Rapporteur spécial sur le droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible et auprès du Comité de bioéthique du Conseil de l’Europe dans des communications soumises par d’autres parties prenantes, des alternatives au Protocole additionnel qui respecteraient les droits fondamentaux des personnes handicapées n’ont pas été examinées.
Le Comité recommande vivement à tous les États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées qui sont membres du Conseil de l’Europe de s’opposer explicitement à l’adoption du Protocole additionnel à la Convention d’Oviedo. Le Comité se félicite également que le Portugal, la Bulgarie et « l’ex-République yougoslave de Macédoine » aient déjà manifesté leur opposition et les encourage à faire valoir leur point de vue devant le Comité de bioéthique du Conseil de l’Europe.

*****
1 Traduction non-officielle.
2 Voir Observation générale n°1 (2014) du Comité (CRPD/C/CG/1)
3 Voir Lignes directrices du Comité sur l’article 14 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, paragraphe 6. Voir également A/HRC/34/32, paragraphes 29 à 32.
4 Voir A/HRC/34/58, paragraphe 85 et A/HRC/35/21, paragraphe 29.
5 Voir Lignes directrices du Comité sur l’article 14 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, (para. 14) – voir également A/HRC/34/32, paragraphes 29 à 32
6 Voir E/CN.4/2006/120, paragraphe 82
7 Voir A/63/175, paragraphes 55 et 56

lundi 16 juillet 2018

Les maladies neurologiques provoquées par les produits psychiatriques qui persistent après l'arrêt des produits.

Les personnes qui font confiance aux prescriptions psychiatriques et celles qu'on intoxique de force sont en danger de devenir malades de façon définitive, même après l'arrêt des produits. Les maladies neurologiques consécutives aux traitements psychiatriques sont mal connues, ne sont pas indemnisées, et l'information à leur sujet n'est pas disponible. Ces maladies sont dites iatrogènes, elles sont provoquées par les traitements.


Le risque est cumulatif

Au moins chez certaines personnes, peut-être chez toutes, il existe un risque cumulatif en rapport avec la dose et la durée d'administration. Les personnes plus agées sont plus à risque. Les risques sont augmentés par les polymédications et par la consommation d'alcool.

Tous ces produits psychiatriques sont dangereux

- Les neuroleptiques (dits aussi antipsychotiques) peuvent provoquer des dyskinésies tardives, des hypertonies et des atrophies de substance cérébrale, des insuffisances cérébrales chroniques, des démences.

- Les benzodiazepines peuvent provoquer des insomnies chroniques, des douleurs chroniques, des constipations chroniques, des démences de type Alzheimer.

- Les antidépresseurs ISRS peuvent provoquer des troubles sexuels chroniques, des troubles digestifs chroniques, des troubles chroniques de la vessie.


La liste n'est pas complète.


Nous devons agir:

1 - Réinformer, alerter, reconnaître ces conditions.

2 - Les étudier et apprendre à les soigner et à les prévenir.

3 - Indemniser les victimes.

4 - Zéro tolérance par rapport à la corruption pratiquée par l'industrie pharmaceutique.

5 - Exiger des compagnies pharmaceutiques qu'elles s'assurent vis à vis des risques de pharmacovigilance des produits fournis et que la reconnaissance des conditions iatrogènes et leur indemnisation ne soient plus entravées par des intérêts financiers.


Quelques liens internet:
Syndrome de dysfonction sexuelle après antidépresseurs ISRS
https://rxisk.org/post-ssri-sexual-dysfunction-pssd/

Sur les dyskinésies tardives
http://breggin.com/antipsychotic-drugs-and-tardive-dyskinesia-resources-center/

Les neuroleptiques récents sont aussi dangereux que les anciens:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3109728/

Séquelles des benzodiazepines sur le fonctionnement cérébral:
https://www.madinamerica.com/2018/01/cognitive-impairment-long-term-benzodiazepine-use-remains-even-drug-withdrawal/

The Ashton manual (Dr Heather Ashton) sur les benzodiazepines.
https://benzo.org.uk/manual/bzcha03.htm#27

Dossier en français sur le site de l'association d'usagers Neptune
https://www.forumpsy.net/t568-benzodiazepines-anxiolytiques-hypnotiques-effets-secondaires-a-long-terme-apres-le-sevrage

21/10/2018 Le 'syndrome de sevrage prolongé aux benzodiazépines'
On a parlé récemment de la démence induite par les benzodiazépines. On parle moins du 'sevrage prolongé aux benzodiazépines'. Pourtant un certain nombre de personnes souffrent de cela pendant des années après le sevrage.

C'est connu depuis plus de 30 ans... Votre médecin vous a-t-il informé?

Article Benzodiazepine Awareness Day:

D'après les preuves actuelles, les symptômes les plus susceptibles de durer sont l'anxiété et l'insomnie, les troubles cognitifs, la dépression, divers phénomènes sensoriels et moteurs et les troubles gastro-intestinaux.

Symptômes - Cours habituel
Anxiété - Diminution progressive sur un an (peut persister *)
Dépression - peut durer quelques mois (peut persister *)
Insomnie - diminuant progressivement sur 6 à 12 mois (peut persister *)
Symptômes sensoriels: acouphènes, picotements, engourdissements, douleurs profondes ou brûlantes dans les membres, sensation de tremblement intérieur ou de vibrations, sensations cutanées étranges - Reculant graduellement mais pouvant durer au moins un an et parfois plusieurs années
Symptômes moteurs: douleurs musculaires, faiblesse, crampes douloureuses, tremblements, tremblements, spasmes, attaques par tremblements - Reculant graduellement mais pouvant durer au moins un an et parfois plusieurs années
Mémoire et cognition médiocres - En recul graduel mais pouvant durer au moins un an et parfois plusieurs années
Symptômes gastro-intestinaux - S'améliorant progressivement mais pouvant durer un an et parfois plusieurs années

(*)
Les témoignages des communautés de sevrage des benzodiazépines signalent que ces symptômes ,ainsi que de nombreux autres, persistent pendant plusieurs années, ainsi que dans les syndromes de sevrage prolongés.
Cela toucherait 10 à 15% des personnes qui ont pris des benzos pendant plus de 2-4 semaines.

Traduit depuis ce site:

Les benzodiazepines sont les anxiolytiques, somnifères, certains antiépileptiques et sédatifs et myorelaxants: xanax stilnox havlane imovane lexomil valium temesta veratran llikozam rivotril nordaz seresta lyzanxia tranxene urbanyl victan nuctalon havlane noctamide mogadon et génériques: Alprazolam, Bromazépam, Clobazam, Clorazépam, Clotiazépam, Diazépam, Ethyl loflazépate; Lorazépam, Nitrazépam, Oxazépam, Prazépam, Estazolam, Loprazolam, Lormétazépam, Midazolam, Nitrazépam, Zolpidem, Zopiclone, Clonazépam, etc



dimanche 1 juillet 2018

Opinion, Plan psychiatrie France: le crime contre l'humanité est perpétué.

Santé mentale et psychiatrie : Le ministère de la santé présente le plan dit 'feuille de route' pour, nous dit-on, 'changer le regard sur la santé mentale et les personnes atteintes de troubles psychiques.'

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/180628_-_dossier_de_presse_-_comite_strategie_sante_mentale.pdf


Non-dialogue avec les usagers et violations de leurs droits

- Ce gouvernement ignore les engagements pris envers l'ONU :

Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017.

http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

Dans ce document on peut lire:

  • L'approche du handicap doit être fondée sur les droits de l'homme. Les personnes handicapées sont sujets de droits et non pas objets de soins

  • La désinstitutionalisation des enfants handicapés doit constituer une priorité politique

  • L’égalité de reconnaissance s’agissant de la capacité juridique des personnes handicapées constitue une obligation fondamentale au titre de l'article 12 de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées.

  • J’exhorte la France à revoir son cadre juridique relatif aux soins psychiatriques sans consentement de façon que toute intervention thérapeutique soit fondée sur un consentement libre et éclairé.


- Ce gouvernement ignore la pétition de 4000 personnes demandant de mettre fin aux hospitalisations forcées et aux traitements forcés, qui constituent des formes de torture.

https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

- Ce gouvernement ignore les interpellations accablantes de torture présentées lors de la remise du manifeste Confcap à l'assemblée le 7 juin dernier.

https://depsychiatriser.blogspot.com/2018/06/mon-message-lassemblee-nationale.html

- Au lieu de répondre de façon responsable et résolue à ces interpellations, ce gouvernement institue un Comité Théodule qui servira de devanture à la perpétuation des abus: Le Comité stratégique de la santé mentale et de la psychiatrie (CSSMP) est une instance d’experts qui ne respecte pas l'article 4.3 de la Convention ONU CDPH:

"Dans l’élaboration et la mise en oeuvre des lois et des politiques adoptées aux fins de l’application de la présente Convention, ainsi que dans l’adoption de toute décision sur des questions relatives aux personnes handicapées, les États Parties consultent étroitement et font activement participer ces personnes, y compris les enfants handicapés, par l’intermédiaire des organisations qui les représentent."

Au lieu de cette participation active des usagers, on ne trouve dans ce comité que la présidence FNAPSY, supposée représenter certaines associations agrées par le gouvernement, à l'exclusion de toute organisation qui serait critique de la politique gouvernementale.

https://www.santementale.fr/actualites/un-comite-strategique-de-la-sante-mentale-et-de-la-psychiatrie-dedie-a-la-reinsertion.html



Un effort de propagande financé par les contribuables


Le document du gouvernement est un effort de promotion du concept de 'santé mentale'. Il me semble qu'il s'agit d'un effort de propagande d'une idéologie au service d'intérêts corporatistes et industriels.

A contrario, les études qui suivent démontrent que les efforts en 'santé mentale' sont nuisibles et provoquent des suicides, à l'exception des efforts engagés en addictologie:

Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals (Large, Matthew M. and Ryan, Christopher J. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology. September 2014. Volume 49, Issue 9, pp 1353-1355. DOI: 10.1007/s00127-014-0912-2)
https://link.springer.com/article/10.1007/s00127-014-0912-2

Risk of suicide according to level of psychiatric treatment: a nationwide nested case–control study (Hjorthøj, Carsten Rygaard et al. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology. September 2014, Volume 49, Issue 9, pp 1357-1365. DOI: 10.1007/s00127-014-0860-x)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24647741


La faillite du système est escamotée

Pourquoi est-ce ainsi ? La 'santé mentale' est un sanisme, qui place sous l'autorité de la corporation médicale les questions psychosociales, alors que les médecins ont démontré leurs faillites à aider les personnes, mais plutôt leur propension à les droguer de manière indéfinie, à les traumatiser par la coercition, à les stigmatiser par des pseudo-diagnostics. C'est la mise en œuvre du modèle médical, cette imposture qui consiste à transformer en maladie de la personne désignée comme victime, toute demande psychosociale qui arrive devant le système, qu'elle soit légitime ou non.

- La faillite est dans le chiffre qui manque dans le document du gouvernement: la consommation de psychotropes par les françaises et les français.

http://www.drogues-dependance.fr/medicaments_psychoactifs-chiffres_d_une_realite.html

Pourquoi ce cauchemar d'un pays drogué par les médecins ne figure-t-il pas dans ce document ?

- La faillite est l'aveu d'échec des politiques menées dans le chapitre sur les tortures psychiatriques, appelées 'soins sans consentement'. Les vœux pieux n'empêcheront pas les tortures de se multiplier.

- La faillite est dans la prétention à cesser les stigmatisations alors que le modèle médical les fabrique par ses pseudo-diagnostics et certificats qui sont des instruments pour priver les personnes de leurs droits et à les incapaciter brutalement et durablement par la camisole chimique et la lobotomie chimique. La discrimination est réalisée par les systèmes de prise de décision substitutive, le viol des droits et le fichage des personnes.

- La faillite est dans la fabrication de dépendances psychopharmacologiques et dans les incapacitations qui en résultent.

Au total, la fabrication du handicap est le résultat de la stigmatisation par le pseudo-diagnostic, du traumatisme de la psychiatrie forcée et des violations des droits des personnes, et de l'incapacitation résultant des prescriptions et des maladies iatrogènes qu'elles provoquent.


Le document point par point

Action 6: La prévention du suicide commence par le respect des droits des personnes: Abolition des hospitalisation forcées, des traitements forcés et des systèmes de prise de décision substitutive en application de la CDPH ONU.

Action 22: La torture psychiatrique appelée 'soins sans consentements'.
Nous demandons l'abolition immédiate de ce crime contre l'humanité conformément aux engagements de la France envers l'ONU CDPH, articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, Commentaire général 1 sur article 12, Guidelines sur article 14.

Actions 11, 14, 15:
Pourquoi les maladies iatrogènes provoquées par les prescriptions psychiatriques ne sont-elles pas mentionnées?

Pourquoi les sevrages des produits psychiatriques, qui sont extrêmement difficiles à traverser, ne sont-ils pas mentionnés?

Pourquoi n'aide-t-on pas les personnes qui le demandent à se sevrer des produits psychiatriques?

Pourquoi parle-t-on encore de 'schizophrénie' alors qu'il s'agit d'une construction psychosociale, qui n'apparait pas là où l'approche Open Dialogue est mise en place?

Seikkula Jaakko et collègues, 2010, "The Comprehensive Open-Dialogue Approach in Western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care."
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819?src=recsys

Action 12: Il me semble que le concept de 'pathologie mentale' est une concession inacceptable au modèle médical, et à l'imposture de la psychiatrie biologique. Ou bien une maladie est biologique, et caractérisée de façon biologique, ou bien elle n'est pas une maladie, mais une construction psychosociale. Une large part des personnes dites 'malades mentales' sont des personnes confrontées à des difficultés et qui sont fracassées par le traumatisme de la psychiatrie forcée, stigmatisées socialement, et rendues malades par les produits prescrits.

Action 13: la pédopsychiatrie biologique sans preuve biologique, le marquage diagnostique et la ségrégation, la prescription aux enfants des poisons de la psychiatrie, tout cela constitue un crime contre l'enfant, parce qu'il s'agit de l'imposture du modèle médical appliqué aux difficultés psychosociales de l'enfant. L'aide ne peut être que psychosociale, et respectueuse des choix de l'enfant. La France doit pratiquer l'inclusion et cesser la ségrégation institutionnelle des enfants désignés.

Action 30: Il ne sert à rien de financer la recherche sur un paradigme de psychiatrie biologique qui est erroné. Lisez l'aveu de Thomas Insel, directeur du NIMH, 20 milliards de dollars dépensés pour rien:

https://www.psychologytoday.com/intl/blog/theory-knowledge/201705/twenty-billion-fails-move-the-needle-mental-illness


Corruption et abus de pouvoir

Rien n'est proposé dans ce document pour arrêter la corruption du système par les laboratoires pharmaceutiques, et rien n'est fait pour limiter le pouvoir de la corporation médico-psychiatrique.

Mon sentiment est que ce plan perpétue et même renforce le crime contre l'humanité perpétré contre la population française et les enfants de France par la psychiatrie biologique, coercitive, tortionnaire et qui fait des médecins des fournisseurs de produits psycho-actifs. Ces produits dangereux fabriquent des dépendances et provoquent des conditions iatrogènes dont les conséquences sont extrêmement graves pour les personnes concernées.



Quelques liens internet:

Une autre réaction: Feuille de route. Santé mentale et psychiatrie. Faillite d'un paradigme générateur des impasses et des drames humains
http://cvjn.over-blog.com/2018/07/feuille-de-route.sante-mentale-et-psychiatrie.faillite-d-un-paradigme-generateur-des-impasses-et-des-drames-humains.html

Article du Dr Claude Beraud sur la corruption en France:
http://www.claudeberaud.fr/fraudes-corruption-systeme-soins/

Zyprexa, Seroquel, Geodon (neuroleptiques): Corruption massive à la FDA:
http://www.sciencemag.org/news/2018/07/hidden-conflicts-pharma-payments-fda-advisers-after-drug-approvals-spark-ethical


Professor Peter Gøtzsche: 'Psychiatric drugs do more harm than good', Les médicaments psychiatriques font plus de mal que de bien:
https://www.youtube.com/watch?v=RyHQRxQGBhI

John Read sur la 'psychose', l'entente de voix - Qui a raison - les psychiatres ou leurs patients ?
https://www.youtube.com/watch?v=gnJoSKktmSs


Cet article représente mes opinions personnelles.

samedi 9 juin 2018

Mon message à l'Assemblée nationale à l'occasion de la remise aux députés du manifeste de Confcap

C'était le 7 juin 2018:

Par pétition, 3800 personnes demandent d'abolir les pratiques de psychiatrie forcée dites 'sans consentement' en France.

M'ont été rapportés:
- Contention systématique aux urgences quelque soit le motif, contention prolongée.
- Mise en rétention d'urine, en occlusion.
- Mise à l'isolement, nudité, non-communication.
- Torture par akathisie.
- Idéation suicidaire induite par les produits prescrits.
- Doses punitives, 5 ampoules d'un coup, 14 ampoules par mois, avec menace d'abattre la personne.
- Déni d'un syndrome sérotoninergique.
- Impossibilité de se plaindre, refus du personnel d'arrêter l'empoisonnement.
- Endoctrinement par le personnel, vidéos des labos.

Les personnes sont traumatisées. La plupart ont peur de témoigner et présentent des conduites d'évitement. Certaines sont contraintes à s'exiler hors de France.

La demande dite de 'protection' est en réalité une demande pénale d'incapacitation des personnes. Le médecin ne doit pas être le juge d'une peine d'incapacitation pour des faits qui n'ont pas été sanctionnés par le code ni jugés contradictoirement. Cette peine se fait par l'hospitalisation forcée et par la médication forcée de camisole chimique. Sa durée n'est pas spécifiée. La médication prive la personne de ses moyens, endommage sa santé, réduit son espérance de vie, et provoque des séquelles neurologiques définitives.

Il s'agit du viol de l'intégrité physique et mentale de la personne, commis de façon délibérée, sous l'autorité médicale, avec l'intention de changer la personne. Les rapporteurs spéciaux des Nations Unies expliquent que cela peut constituer des actes de torture.

Au nom du Collectif francophone Absolute Prohibition:

Nous demandons l'abolition absolue des pratiques de traitements forcés et d'hospitalisations forcées en France.

Nous demandons l’abrogation de la loi discriminatoire de 2011/2013 et la participation majoritaire des personnes en situation de handicap psychosocial aux textes futurs les concernant.

Nous demandons le respect de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, Commentaire général 1 sur article 12, Guidelines sur article 14.

Nous demandons le retrait du projet du Conseil de l'Europe de protocole additionnel à la convention d'Oviedo.

Nous demandons la mise en place d'une Commission de Vérité et Réconciliation.



Lien pétition:
https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu

Collectif Absolute Prohibition:
https://absoluteprohibition.wordpress.com/

Rapport Juan Mendez A.HR.22.53
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session22/A.HRC.22.53_English.pdf

Observations préliminaires de la Rapporteuse spéciale ONU sur les droits des personnes handicapées, Mme Catalina Devandas-Aguilar au cours de sa visite en France, du 3 au 13 octobre 2017
http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22245&LangID=F

La campagne ENUSP contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo: http://enusp.org/2018/04/18/enusp-started-campaign-against-the-draft-additional-protocol-to-the-oviedo-convention/

Le courrier adressé au Conseil de l'europe par les ONG:
European Disability Forum www.edf-feph.org
European Network of (Ex)-Users and Survivors of Psychiatry (ENUSP) www.enusp.org
Mental Health Europe www.mhe-sme.org
Inclusion Europe www.inclusion-europe.eu
Autism-Europe www.autismeurope.org
International Disability Alliance www.internationaldisabilityalliance.org
http://edf-feph.org/newsroom/news/disability-organisations-urge-council-europe-withdraw-addition-protocol-oviedo





Autres liens:

La situation du CHU de Saint-Etienne n'est pas unique, les abus continuent:
https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/25092-Adeline-Hazan-En-psychiatrie-recours-l-hospitalisation-consentement

Le manifeste de Confcap:
https://confcap2017.wordpress.com/2018/06/06/manifeste-tou-te-s-vulnerables-tou-te-s-capables/

Lien journal libération:
http://www.liberation.fr/debats/2018/06/06/toutes-et-tous-vulnerables-toutes-et-tous-capables_1656820

#torture #psychiatrie

jeudi 10 mai 2018

Appel contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo

A l'initiative de l’ENUSP (European Network of (ex)users and survivors of psychiatry - Réseau européen des (ex)usagers et survivants de la psychiatrie) qui est l'organisation représentative indépendante des usagers de services de santé mentale, ex-usagers et survivants de la psychiatrie au niveau européen et au nom de l’association Advocacy-France, adhérente de l’ENUSP, ainsi qu’au nom des associations et personnes signataires en France et en Europe.


Appel contre le projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo


Qu'est-ce que le "Projet de protocole additionnel concernant la protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux en matière de placement involontaire et de traitement involontaire" actuellement proposé par le Conseil de l'Europe ?

L'objectif de ce projet de protocole est de continuer à développer dans un instrument juridiquement contraignant les dispositions de l'article 7 de la Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine et celles de l'article 5 § 1 (e) de la Convention européenne des droits de l'homme. En termes simples, l'objectif du projet de protocole est d'établir des normes pour les mesures forcées en psychiatrie et de les intégrer aux droits de l'homme tel qu'établis par le Conseil de l'Europe. Le texte précédent du projet de protocole daté de 2015 et les commentaires reçus lors de la consultation publique peuvent être consultés ici 1

Comment le projet de protocole a été initié:

La décision d'élaborer un instrument juridiquement contraignant en matière de "protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux en matière de placement et de traitement involontaires" a été prise sur la base des observations du Comité directeur pour la bioéthique (CDBI) qui a constaté des lacunes juridiques dans certains États membres du Conseil de l'Europe dans la mise en œuvre de la Recommandation (2004)10 concernant la protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux. Cependant, cette recommandation a été élaborée avant la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées 2 ( (CDPH de l’ONU) et est basée sur des normes aujourd'hui obsolètes qui vont à l'encontre de la CDPH de l'ONU.

Pourquoi le projet de protocole additionnel est dangereux pour nos droits:
  • Le projet de protocole additionnel représente une tentative d'outrepasser les normes de la CDPH de l'ONU et de maintenir le statu quo en psychiatrie.

    Ce projet de protocole est très problématique en ce qui concerne la non-discrimination, l'égalité de reconnaissance devant la loi, la liberté et la sécurité des personnes, le droit à la santé et l'interdiction de la torture et des mauvais traitements.

    Le projet de protocole est en soi discriminatoire : seules les personnes atteintes de "troubles mentaux" peuvent être détenues de force pour des raisons de prévention des risques et être traitées sans leur consentement.

    L'approche globale tout comme le langage utilisé dans le projet de protocole additionnel reflètent l'ancien modèle bio-médical du handicap où les personnes étaient considérées comme des objets de soins plutôt que comme des titulaires de droits.

    Ce projet de protocole additionnel autorise la détention pour des raisons relatives à la santé mentale et des traitements psychiatriques non consensuels. Le titre même du projet de protocole contient des termes médicaux et fait référence au placement involontaire et au traitement involontaire comme s'il s'agissait d'une pratique normalisée et acceptable, ce qui est contraire à la CDPH de l’ONU, qui exige la fin du placement et du traitement involontaires en raison d’un handicap.

  • Le traitement et le placement involontaire sont considérés dans le projet de protocole comme une forme de "thérapie" ou de "soins".

    Le projet de protocole permet de refuser la communication de la personne avec sa personne de confiance et avec d'autres personnes et organismes, en disant simplement qu'une telle communication "ne doit pas être restreinte de façon déraisonnable". Il n'est pas nécessaire de vous dire que ce qui sera considéré "raisonnable" sera soumis à l'avis d'un psychiatre.

    Il y a eu un manque total d'implication et de consultation significative des organisations de personnes handicapées et en particulier des organisations représentant les personnes en situation de handicap psychosocial dans l'élaboration et la rédaction de ce document, contrairement à l'article 4 (3) de la CDPH de l’ONU.

    Ce projet de protocole va à l'encontre des dispositions de la CDPH de l’ONU et de son interprétation par le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU, ainsi que de la jurisprudence récente de la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg, dont la compétence est reconnue par tous les membres du Conseil de l'Europe lui-même.

Conséquences potentielles

Il est important de savoir que l'acceptation par les Etats membres du Conseil de l'Europe du projet de protocole additionnel entraînerait une confusion parmi les décideurs politiques et retardera considérablement, voire mettra un terme aux réformes en cours dans le domaine de la santé mentale. Par conséquent, il ne contribuera en aucun cas à la protection des droits humains des personnes atteintes de "troubles mentaux", mais soutiendra plutôt le statu quo caractérisé par des déséquilibres de pouvoir et la négligence continue des besoins réels des personnes atteintes de handicaps psychosociaux et conduira à la poursuite des violations des droits humains en psychiatrie. L'adoption du projet de protocole entraînerait également une confusion dans le domaine juridique en créant des normes contradictoires où les "droits de l'homme européens" seraient de moins bonne qualité que les normes internationales en matière de droits de l'homme. De nombreux tribunaux nationaux fondent leurs décisions sur des instruments de ce type approuvés par le Conseil de l'Europe, ainsi que sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, dont les décisions changeraient en conséquence au moment même où elles sont progressivement en train d'être fondées de plus en plus souvent sur des références directes aux dispositions de la CDPH de l’ONU.

Que peut-on faire ?

Après avoir consacré beaucoup de temps, d'efforts et de moyens financiers pour tenter d'influencer la rédaction de ce protocole additionnel avec d'autres alliés et parties prenantes depuis 2014, l'ENUSP est fermement convaincu qu'aucune amélioration du texte de ce projet de protocole additionnel ne peut changer la situation. Nous avons demandé à plusieurs reprises2 au Comité bioéthique du Conseil de l’Europe responsable de sa rédaction, en personne et par écrit, de retirer ce projet de protocole et de nombreuses autres organisations ont fait de même, y compris le Forum européen des personnes handicapées (FEPH), Santé Mentale Europe (SME), le HCDH, le Comité CDPH de l'ONU, le Rapporteur spécial pour les droits des personnes handicapées, le MDAC, Human Rights Watch, et bien d'autres encore. Malgré tous les arguments avancés, le Comité de bioéthique (DH-BIO) a continué à travailler sur le projet de protocole. Il semble clair à ce stade qu'aucun autre retour d'information et consultations ne peut améliorer le processus et qu'il est nécessaire de s'adresser à toutes les parties prenantes concernées aux niveaux national et européen, y compris nos membres directement.

La prochaine discussion du projet de protocole additionnel par le Comité de bioéthique (DH-BIO) est prévue du 23 au 25 mai 2018 en vue d'une décision de l'envoyer pour avis à d'autres organes/comités du Conseil de l'Europe. Les membres du DH-BIO ont été invités à envoyer leurs commentaires sur le projet de texte avant le 27 avril 2018. Après cette étape, l'Assemblée générale du Conseil de l'Europe se prononcera sur l'adoption ou non de ce projet de protocole additionnel avant la fin de cette année
Nous vous suggérons de contacter les membres du Comité de bioéthique de vos pays, sous toute forme appropriée et de leur faire savoir que le projet de protocole additionnel n'est pas compatible avec la CDPH de l'ONU et ne nous protégera pas contre la violation de nos droits. Vous trouverez ci-joint un projet de lettre comme suggestion sur le type d'arguments que vous pouvez présenter. En outre, il serait bon de s'adresser à d'autres acteurs dans vos pays, qui sont censés voter sur le projet de protocole additionnel ou peuvent nous rejoindre en tant qu'alliés, à savoir :

  • Représentant-es du Ministère de la Santé
  • Représentant-es du Ministère des Affaires Étrangères
  • Médiateur ou médiatrice de votre pays
  • Organisme national de prévention contre la torture dans votre pays
  • Conseils nationaux des personnes handicapées
  • Associations de personnes handicapées
  • Associations de juristes
  • Associations travaillant dans le domaine de la santé mentale
  • Associations travaillant en faveur des droits des personnes LGBTI
  • Toute autre association travaillant en faveur des droits de groupes fragilisés

La liste est ouverte et n'est donnée qu'à titre indicatif. Veuillez nous faire savoir si vous avez à l'esprit d'autres intervenants clés et potentiels à contacter.

Nous espérons que cette note vous a convaincus de la nécessité urgente de combattre ce « projet de protocole additionnel sur la protection des droits de l'homme et de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux en matière de placement involontaire et de traitement involontaire », car il représenterait un pas en arrière total par rapport aux progrès que nous avons déjà réalisés et que nous prévoyons de réaliser à l'avenir depuis l'adoption de la CDPH de l'ONU, comme la capacité juridique dans tous les cas, la liberté, le droit de ne pas être soumis à la torture et à d'autres mauvais traitements, et le droit à des soins de santé fondés sur le consentement libre et éclairé. ENUSP souligne que le projet de protocole additionnel doit être retiré et remplacé par un instrument qui soutient et conduit à la mise en œuvre complète de la CDPH de l’ONU en ce qui concerne son application aux soins de santé mentale et du soutien social dans toute l'Europe, y compris le passage de l'exclusion à l'inclusion et le passage de la coercition à de véritables soins de santé mentale.

Il ne devrait pas exister un système de droits de l'homme "à deux vitesses", en fonction de la CDPH de l’ONU et des instruments promulgués par le Conseil de l'Europe. Avec l'adoption éventuelle du projet de protocole additionnel, les gouvernements auraient une excuse formelle pour ne pas mettre en œuvre les réformes importantes encore nécessaires, permettant ainsi aux violations graves des droits de l'homme à l'encontre des personnes en situation de handicap psychosocial de se poursuivre et générant des conflits entre les différents systèmes juridiques régissant les droits de l'homme dans le monde entier.

Heureusement, le Portugal a officiellement déclaré qu'il ne votera pas en faveur de ce projet de protocole et est le seul État membre du Conseil de l'Europe à avoir présenté cette position jusqu’à présent. Toutefois, une fois qu'un État membre retire son soutien, il est beaucoup plus facile pour les autres États membres de faire de même.

ENUSP compte sur vous pour prendre d'urgence des mesures contre le projet de protocole dans votre pays et nous restons à votre disposition pour toute question ou tout soutien dont vous pourriez avoir besoin à cet égard.

S'il vous plaît, aidez-nous à défendre notre rêve européen partagé afin que chaque citoyen et citoyenne d'Europe puisse jouir pleinement de ses droits humains.

Olga Kalina
ENUSP - European Network of (Ex)Users and Survivors of Psychiatry
Vesterbrogade 103, 1.sal
1620 Copenhagen, Denmark

enusp.info@gmail.com / www.enusp.org
1 version française : https://www.coe.int/fr/web/bioethics/news/-/asset_publisher/EV74osp47zWZ/content/public-consultation-on-a-working-document?inheritRedirect=false
2 Pour plus d'informations sur la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées voir : http://www.ecoute.ch/files/upload/Convention%20ONU%20droits%20des%20personnes%20handicap%C3%A9es%20prise%20de%20position%20forom%20%C3%A9coute%20FAQ.pdf
2  Voir : Joint letter https://mhe-sme.org/statement-of-enusp-and-mental-health-europe-on-additional-protocol/

Et les réponses de l'ENUSP:
http://enusp.org/wp-content/uploads/2016/03/ENUSP_response-to-draft-Protocol-Oviedo_2017.pdf, http://enusp.org/wp-content/uploads/2016/03/ENUSP_response-to-draft-Protocol-Oviedo_involuntary-2015.pdf


Joignez vous à cette campagne pour la défense de nos droits. 
 
La campagne ENUSP: http://enusp.org/2018/04/18/enusp-started-campaign-against-the-draft-additional-protocol-to-the-oviedo-convention/

Le courrier adressé au Conseil de l'europe par les ONG:
European Disability Forum www.edf-feph.org
European Network of (Ex)-Users and Survivors of Psychiatry (ENUSP) www.enusp.org
Mental Health Europe www.mhe-sme.org
Inclusion Europe www.inclusion-europe.eu
Autism-Europe www.autismeurope.org
International Disability Alliance www.internationaldisabilityalliance.org
http://edf-feph.org/newsroom/news/disability-organisations-urge-council-europe-withdraw-addition-protocol-oviedo

La lettre ouverte adressée aux membres français du Comité de bio-éthique DH BIO du Conseil de l’Europe:
http://enusp.org/wp-content/uploads/2018/04/Lettre-aux-membres-fran%C3%A7ais-Comit%C3%A9-DH-BIO-26-04-18.pdf

Contactez ENUSP, Advocacy-France ou utilisez le formulaire de contact sur ce blog, colonne de droite.

D'autres articles:

Sur le blog Zinzin Zine: http://www.zinzinzine.net/contre-le-projet-de-protocole-additionnel.html

En Italie aussi: http://www.ilcappellaiomatto.org/2018/05/v-i-scriviamo-per-informarvi-sulla.html
#withdrawoviedo

vendredi 13 avril 2018

Consultation sur la participation des personnes handicapées dans l'application et le suivi de la CDPH de l'ONU

L'International Disability Alliance lance une consultation sur la participation des personnes handicapées dans l'application et le suivi de la CDPH de l'ONU (Convention Droits des Personnes Handicapées).

Je pense que c'est important que les assos et groupes français y participent, car la non participation me semble forte dans notre pays, en particulier pour le handicap psychosocial.

Le lien en français est là:

https://www.surveymonkey.com/r/J5F9MLL

En anglais c'est là:

http://www.internationaldisabilityalliance.org/consultation…

Il y a un document word à télécharger ou bien un questionnaire en ligne, c'est très ouvert.

C'est urgent. Clôt le 30 avril.

La convention ONU CDPH interdit la psychiatrie forcée, articles 12, 14, 15, 17, 19, 25, Commentaire général 1 sur article 12, guidelines on article 14.

La convention en français:
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

Commentaire Général 1 sur article 12:
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Guidelines on article 14:
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/GC/GuidelinesArticle14.doc


Pétition France:
https://www.change.org/p/abolir-les-hospitalisations-forc%C3%A9es-et-traitements-forc%C3%A9s-en-application-de-la-convention-droits-des-personnes-handicap%C3%A9es-de-l-onu


https://quotefancy.com/quote/1673011/Judi-Chamberlin-Nothing-about-us-without-us


samedi 31 mars 2018

Remplacer le DSM par la théorie des détresses mentales "Power Threat Meaning Framework" de la BPS

La British Psychological Society (BPS) nous présente le système théorique: "Power Threat Meaning Framework", un système conçu par une équipe de psychologues cliniciens et d'usagers survivants de la psychiatrie.

Lui redonner pouvoir positivement au lieu de juger la personne négativement

Un objectif de cette théorie est d'éviter les diagnostics psychiatriques du modèle médical, de type DSM. C'est une approche à mettre en pratique aussi. Le diagnostic psychiatrique représente le jugement social selon une perspective négative. On recherche plutôt une approche positive de pouvoir face aux situations de menaces vécues. Selon cette théorie, la détresse mentale résulte d'un déséquilibre de pouvoir. Selon les personnes, les menaces vécues peuvent se traduire par des réactions très variées au stress. Ce sont des moyens de survie, qui représentent la plupart des symptômes psychiatriques.

"Que vous est-il arrivé?"

Au lieu de demander: "Qu'est ce qui ne va pas chez vous ?", on propose de demander plutôt:

- "Que vous est-il arrivé?" c.à.d. Comment les relations de pouvoir fonctionnent-t-elles dans votre vie?

- "Comment cela vous a-t-il affecté?" c.à.d. Quelles sortes de menaces vous ont affecté?

- "Quel sens donnez-vous à ceci?" c.à.d. Quelle est la signification de ces expériences pour vous?

- "Qu'avez vous du faire pour survivre à cela?" c.à.d. Quelle sorte de réponse à la menace utilisez-vous?

Cela fait référence au type de réponse au stress, soit: Combat, Fuite ou Immobilité, en anglais: Fight / Flight / Freeze.

- Quelles sont vos forces, vos ressources?

et finalement:

- Quelle est votre histoire?


(D'après Lucy Johnstone and Mary Boyle.)

Le combat, la fuite ou l'immobilité.

Ainsi la détresse mentale est-elle une réaction au stress, aux menaces, au déséquilibre de pouvoir. Cela prend des formes variées selon les personnes, comme de croire des trucs bizarres, d'entendre des voix désagréables, de se faire du mal, de s'agiter ou de se replier sur soi, de paniquer, de vouloir dissoudre sa personne dans le néant, de se dissocier de son corps ou de ses émotions ou de ses pensées. Ce sont des formes de la réponse au stress par le combat, la fuite ou l'immobilité.

Adoptons ce modèle et chacun en bénéficiera.

Je trouve cette approche excellente, éclairante, libératoire. Il me semble qu'on aurait tout bénéfice à l'adopter: les usagers seront mieux compris et renforceront leurs moyens de se défendre et de résoudre les conflits à l'origine de leur situation. Les psychiatres peuvent sortir avec cette approche de l'impasse du modèle médical, et s'y retrouvent car le système s'articule sur les réponses physiologiques aux situations de stress. Les travailleurs sociaux peuvent aider les personnes sans recourir à un modèle médical qui ne leur appartient pas et qui est inadapté aux besoins. Ici la notion de déséquilibre de pouvoir intègre la dimension sociale des situations vécues. Le système me semble assez développé et riche de potentialités.

Liens:

https://www.bps.org.uk/news-and-policy/introducing-power-threat-meaning-framework