lundi 13 juillet 2020

Une analyse du système de soins en psychiatrie, par Danièle Prost

Ce système de santé qui coûte extrêmement cher à l’état est pourri jusqu'à l'os, et particulièrement, le domaine de la psychiatrie.

Des associations, des professionnels de santé dont quelques pédopsychiatres, des psychiatres et des psychologues, des journalistes, etc. tentent d'alerter depuis des décennies sur cette terrible situation.

Tout ça pourquoi ? Parce que l’on profite des personnes en souffrance de la psyché, c’est le business de la tristesse. Les patients ou leurs proches qui se sentent lésés ne pourront que rarement obtenir justice car il leur faut des certificats médicaux et ils n’en obtiendront quasiment jamais.

La grande majorité des patients subissent des pratiques de contention chimique, avec des conséquences désastreuses sur leur cerveau, et des méthodes de contention physique, sans justification valable. Ils souffrent de stigmatisation, vu que, entre autres, le fait de prendre des psychotropes se voit souvent sur le visage, surtout dans leur regard, et dans leur attitude, ils marchent parfois au ralenti, la bouche béante.

Bourrés de médicaments, on leur fait un lavage de cerveau ou bien on les réveille d’un sommeil profond pour leur faire signer des demandes de tutelles ou de curatelle. Les plus faibles, les personnes âgées sont les plus touchés par ce genre de pratiques inacceptables.

Ils peuvent rester dans les hôpitaux pendant des semaines, des mois, des années, à vie. On leur fait croire souvent que leur maladie est irréversible alors que peut-être elle ne l’est pas.

On fait faire des activités (sorties, sport, activités thérapeutiques, de soins bien-être etc.)  dans les CMP et dans les hôpitaux au patients dit “stabilisés” pour, il semble évident, les amadouer et les récompenser d’accepter d'être drogués sur ordonnance et de supporter les effets secondaires de leur traitement qui sont parfois irréversibles, voire mortels. Alors ils ont trouvé la parade, par exemple, en prescrivant encore  d’autre médicaments, les correcteurs d’effets secondaires qui ne les corrigent pas tous, loin de là.

C’est pareil pour l’AAH, qui, pour les “handicapés mentaux”, s'apparente à une indemnisation pour accepter d’être cobaye, pour des médicaments qui sont souvent mis sur le marché sur la base d'études  biaisées, orientées au maximum sur les bénéfices et non sur les risques, et dont les effets se constatent après des années sur les ”patients clients”, d'où les nombreux scandales.  

Quand ils sont hospitalisés sous contrainte; parfois à cause de dénonciations sans preuves, rédigées pour les faire soumettre, ils sont tellement cachetonnés qu'ils n'arrivent pas à s'exprimer correctement devant le juge des libertés.

Ils doivent suivre un protocole de soins, dont la médication psychotrope, qui peut, certes, calmer certains de leurs symptômes dans un premier temps, mais contribue, bien souvent et rapidement, à une détérioration de leur santé mentale plutôt qu'une amélioration. D’autant plus qu'on leur prescrit trop rapidement une ordonnance sans même chercher à analyser avec eux, les causes de leurs souffrances et à en trouver des solutions. Ils sont traités de façon déshumanisante et de ce fait condamnés à souffrir.

Ils sont catalogués, porteurs d'une maladie qui, quasiment, ne relève que d'un manuel de diagnostic psychiatrique très controversé car, entre autre, il est accusé d’avoir des liens avec les vendeurs de médicaments et réputé fait par des scientifiques, qui n’ont quasiment même pas fait de recherches scientifiques sur les causes organiques aux souffrances psychiques

L'usage massive des psychotropes fait que leur taux de mortalité est élevée. La cause dite de la mort dans les hôpitaux psychiatriques est souvent la fausse-route, mais alors, le fait d'avaler de travers est-il spécifiquement lié à la maladie mentale ?

Ils sont quasiment toujours considérés comme incapables, dépendants des autres car ils sont lourdement assistés et quasiment pas orientés vers la rémission et l'autonomie.

L'organisation des soins en psychiatrie fait que l'on répond trop souvent à la souffrance en attachant et en médicalisant lourdement et parfois sur de longues périodes, ce qui contribue à aggraver les souffrances de la psyché. Imaginez vous, rien que le sentiment, d’angoisse qui émane de telles pratiques.

La priorité n'est pas axée sur l'intérêt des patients, mais basée sur une politique de sécurité et du rendement.

Les causes de pathologies sous-jacentes aux "troubles" sont rarement recherchées sauf en cas de traumatisme avéré (comme un trauma crânien) sauf si le patient, dans le cas où ses "troubles" le lui permettent, ou l'un de ses proches, a la présence d'esprit de faire des recherches pour demander des examens complémentaires. Sinon, ils restent dans l'ignorance, leurs plaintes, leurs symptômes sont considérés en priorités comme psychosomatiques (même si cela existe aussi) surtout si l’on considère que les "troubles" sont “d'origine héréditaire”. Et ils demeurent dans des souffrances qui auraient peut-être pu être épargnées.

Bien sûr que que la complexité du corps humain fera toujours que les médecins ne pourront jamais tout trouver et qu'ils ne sont pas des magiciens.

Que la gestion de la souffrance de la psyché est quelque chose d'extrêmement compliqué et qu'on a besoin de spécialistes de la santé mentale.

Les psychotropes sont aussi prescrits aux enfants, dès l'âge de trois ans, alors que pourtant de nombreuses voix s'élèvent pour alerter sur leurs possibles effets néfastes et à vie dans leurs petits cerveaux en pleine croissance. Ils les empêchent, comme pour les adultes, de s’exprimer librement et d’apprendre à gérer leurs pensées, leurs émotions, leurs sentiments eux mêmes.

On menace parfois les parents du placement de leurs enfants s’ils refusent la médication psychotrope pour eux-mêmes ou pour leurs enfants.

Ce système en matière de santé mentale fait que sans cesse les personnels des services de l’état tentent d'orienter la population pour le moindre problème, vers des psychologues, et ceux-ci, principalement ceux des CMP et des hôpitaux publics, certes écoutent les récits des patients mais ne les motivent pas beaucoup psychologiquement pour qu'ils aillent mieux dans la durée. Ils prennent des notes qui serviront souvent à détecter, avec le psychiatre, une maladie mentale.

Leurs solutions, en de nombreux cas, est d'orienter les patients vers celui-ci, avec des tentatives de persuasions (comme la gentillesse), de harcèlement psychologique ou de chantage (comme par exemple en refusant de continuer la thérapie si le patient ne souhaite pas prendre des psychotropes même s’il trouve que ceux-ci ne l’aident pas).

Ils sont toujours d'accord avec l'avis du psychiatre, tentent, avec lui de faire un lavage de cerveau au patient pour lui faire accepter leur protocole de soins. Si ce dernier n'est pas du tout d'accord, ils lui imposent le fait qu'il a des problèmes psychologiques, qu'il est malade mental et qu'il le nie.

Tous les personnels des services de l’état sont  quasiment toujours d’accord avec l’avis des psychiatres et des psychologues ce qui les amène à la pratique de la maltraitance institutionnelle envers les personnes en souffrance physique.

Les juges sont toujours d'accord avec l'avis des expertises psychiatriques.

Bien sûr qu'ils ne sont pas experts en santé mentale et qu'ils ont besoin d'un avis. Mais la plupart des ces expertises relève de la manipulation car elles expliquent aux uns les "troubles" psychologiques des autres, et en se basant sur leurs comportements et l’avis d’autres psychiatres sans prendre en compte des facteurs psychosociaux, culturels ou organiques.

On dirait une secte, car les personnes n'ont pas leur mots à dire sur leurs propres pensées, leurs émotions, leurs sentiments, ce qui pourrait déterminer de quoi ils souffrent réellement.

Même si les gouvernements consécutifs ont pris quelques mesures, la devise "liberté, égalité, fraternité" n'est pas appliquée dans ce domaine.

Vous justifiez que cette situation est due au manque de moyens financiers des services de santé, de la surcharge de travail des soignants. Je vous réponds que si on l'on arrêtait de vouloir sur-diagnostiquer en psychiatrisant tout et de soigner tout le monde de la même façon, cela ferait des économies et il y aurait moins de patients.

Vous justifiez l'utilisation massive des psychotropes et les pratiques de contention physique en mettant en avant les cas, certes pénibles pour les soignants, de "malades psychiques" difficiles et/ou violents.

Je vous réponds qu'on ne soigne pas tout le monde de la même façon et que certaines des drogues qu'on leur impose peuvent peut-être les calmer dans un premier temps, mais que dans la durée elles les empirent.

Vous allez prétendre que je ne suis pas un médecin bourré de diplômes, une savante qui a eu un prix Nobel, une réalisatrice avec un Oscar, une observatrice mandatée par l’état, que je n'ai pas eu la légion d'honneur, donc que je ne possède pas suffisamment de savoir pour que mon analyse du système de soins dans ce pays, la France, ne reflète pas la réalité.

Déjà je ne suis pas un dictateur, j’accepte que les autres ne soient pas d’accord avec mon analyse de ce système de soins en matière de psychiatrie. C'est selon moi, ce système psychiatrique qui est une dictature, et je vous réponds qu'elle est basée sur les témoignages que j'ai pu lire ou entendre, sur ma propre expérience, sur tout ce que j'ai vu et subi dans l'enfer de la psychiatrie.

Je sais de quoi je parle, j’ai toujours été suivie par des pédopsychiatres, des psychiatres et des psychologues. J’ai fait tous les services de la psychiatrie conventionnelle, foyers spécialisées, CMP et hôpitaux, depuis petite.

J’ai d’abord eu, depuis l’enfance, une pathologie organique avec "troubles" psychiques, et qui n'a été détectée que très tardivement à l'âge adulte, mais qui aurait pu facilement l'être avant.

Après j’ai gravement souffert du retard de diagnostic de celle-ci mais on a préféré considérer que c'était moi la malade mentale et que je devais me faire soigner plutôt que d’admettre que c’est ce système psychiatrisé qui est malade et qui doit se faire soigner.

J'y ai perdu presque la moitié de ma vie et encore si je meurs très vieille.

Je m'en suis sortie, non pas grâce à la "science" psychiatrique, mais en cherchant des solutions à mes problèmes de souffrance de la psyché, notamment grâce à internet, car heureusement qu'on a encore la liberté d'expression dans ce pays par ce biais là; et je les ai trouvées.

Je peux vous certifier qu'il y a des personnes bien plus compétentes que les "professionnels" en santé psychique. Que j'ai toute ma tête, que vos psycho-drogues m’ont plus enfoncée qu’aidée et même que tous mes problèmes de santé se sont arrangés.

Car j'ai fini par moi-même comprendre les mécanismes physiologiques que cette "science" n'avait jamais pu trouver. Et j'ai cessé d'être manipulée par ce système psychiatrisé.

Et mes derniers mots seront que, je pense que si vous continuez à ne pas prendre de mesure concrète pour que cette situation cesse et que justice soit faite pour les victimes de la psychiatrie c'est que, je pense:

Premièrement que vous êtes contrôlés par une organisation mondiale, qui est elle même contrôlée pour la santé mentale par une célèbre association de psychiatrie, les rédacteurs de ce manuel controversé.

Deuxièmement, c'est parce certains d’entre vous magouillent avec d’autres.

Troisièmement, c'est parce que cette situation engendre des emplois et que vous avez peur que les chiffres du chômage augmentent sous votre mandat.

Sur ce dernier point, je pense que les emplois pourraient être maintenus, si l’on procéde autrement en matière de santé mentale. D’autres, principalement les pays scandinaves de l'union européenne fonctionnent autrement dans ce domaine avec une meilleure qualité de soins et il n’ont pas forcément des taux de chômage plus élevés que le nôtre.

dimanche 14 juin 2020

Kit de survie en santé mentale et sevrage des médicaments psychiatriques.

Nouveau livre de Peter Gotzsche en anglais.

"Mental Health survival kit and withdrawal from psychiatric drugs."

Kit de survie en santé mentale et sevrage des médicaments psychiatriques.

Bientôt disponible en français!


https://www.deadlymedicines.dk/books/

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dimanche 7 juin 2020

La schizophrénie de Bleuler est une théorie, mais pas un fait établi.

Ouvrir le dialogue.

En 1908, le psychiatre suisse Eugen Bleuler, affirma avoir identifié une nouvelle maladie dans son livre "Dementia praecox oder Gruppe der Schizophrenien."[1]  Il appella cette maladie le groupe des schizophrénies ou, pour simplifier, la schizophrénie.

Bleuler prétendait décrire une maladie constitutionnelle, biologique, qui ne guérit pas, mais qui peut seulement s'améliorer et qui, selon lui, se présente sous 4 formes cliniques: "Paranoid", "Katatonie", "Hebephrenie" et "einfache Schizophrenie".

S'agit-il d'une maladie?

En médecine, une maladie est un trouble que l'on a caractérisé par des signes objectifs, mesurables, d'anomalies biologiques, qui sont spécifiques. Or Eugen Bleuler n'a produit aucun signe d'anomalie biologique, mais seulement des symptômes et des observations d'interprétation subjective. En toute rigueur, on devrait parler plutôt du syndrome de Bleuler, c'est à dire d'une collection de symptômes qui seraient associés d'après lui chez certains de ses patients.

S'agissait-il de syphilis?

Bleuler considérait son invention comme une description meilleure de la "dementia praecox" ou démence précoce décrite par Emil Kraepelin. Or Kraepelin pratiquait à une époque où on ne savait pas bien diagnostiquer la syphilis. Dans les faits, la démence précoce de Kraepelin, dans un certain nombre de cas, était en réalité la syphilis tertiaire, qui est une atteinte cérébrale d'aggravation progressive. La démence est une condition neurologique sévère qui ne correspond pas aux demandes de la plupart des personnes concernées. Eugen Bleuler n'a pas explicité cette confusion.

Cela guérit-il?

Eugen Bleuler semble se contredire sur ce point dans son livre. D'un coté, il affirme que la maladie qu'il décrit ne guérit pas, et de l'autre coté, il décrit des cas de personnes qui n'ont plus besoin de ses services. Il parle seulement de guérison sociale. En fait 60% des patients de Bleuler retournaient travailler (sans médicaments car les neuroleptiques n'existaient pas) [4].

Bleuler était un eugéniste convaincu [2] et sa maladie inguérissable sert cette idéologie: en affirmant une maladie constitutionnelle à composante génétique, ce psychiatre recommandait de faire pratiquer la stérilisation ou la castration à large échelle, des personnes catégorisées au moyen de sa théorie.

La théorie de Bleuler a-t-elle été confirmée?

Après plus d'un siècle et des sommes considérables investies dans la recherche, cette maladie supposée n'a jamais été confirmée par des anomalies biologiques spécifiques.

La fausse expertise médicale.

Le diagnostic en psychiatrie n'a pas le même sens qu'un diagnostic en médecine. Voir le guide de Santé Mentale Europe [3]. Or le public confond les deux, et certains psychiatres aussi: c'est alors une fausse expertise qui a des conséquences négatives pour la personne.

Voilà ce qui est faux:
  • Affirmer que la personne a une maladie du cerveau ou un déséquilibre chimique du cerveau.
  • Que cela ne guérit pas.
  • Qu'il faudra prendre des médicaments toute sa vie.
  • Que la personne est dangereuse.
  • Que ce qu'elle dit n'a pas de sens.
  • Que ses choix ne sont pas valides.
  • Qu'elle doit être mise sous tutelle.
  • Qu'elle ne doit pas procréer, ni élever ses enfants.

Voilà ce qui est vrai:
  • Il n'y a pas d'anomalie biologique causale caractéristique à la condition que l'on connaisse. Le cerveau peut présenter des anomalies, mais on ne sait pas si c'est la conséquence des médicaments ou non.
  • Cela guérit naturellement dans un certain nombre de cas [4].
  • Cela guérit mieux dans les pays n’ayant pas adopté la psychiatrie occidentale moderne [5].
  • Cela guérit mieux chez les personnes qui n'ont pas de traitement neuroleptique de long-terme [6].
  • La personne n'est pas plus dangereuse que les autres mais il s'agit d'un stéréotype [7].
  • Les facteurs socio-économiques sont importants. La population des patients psychiatriques en hospitalisation involontaire est surreprésentée en personnes de bas revenu, personnes noires et personnes issues de minorité ethnique [8].
  • Les personnes hospitalisées de force sont traumatisées par l'expérience [9].
  • Les personnes se suicident davantage après une hospitalisation psychiatrique [10].
  • Les décisions de la personne doivent être respectées. Les systèmes de prises de décision substitutives doivent être remplacées par des prises de décision assistées. La personne ne doit pas subir de discrimination par rapport à son handicap. Elle a le droit de procréer et d'élever ses enfants [17].

A cause de son caractère théorique et non prouvé, toutes les études basées sur le présupposé de Bleuler sont à considérer comme plus ou moins caduques.

Coller l'étiquette au pifomètre.

Un certain nombre de conditions somatiques peuvent donner des troubles psychologiques et des pertes de contact avec la réalité. Le médecin doit les rechercher au moyen d'une enquête diagnostique rigoureuse. C'est important parce que chacune de ces différentes conditions demande une réponse appropriée.

Les conditions liées à des intoxications:

Dans une étude de 2020 [11], les personnes qui font une "psychose" à la suite de la consommation de drogues ou de médicaments reçoivent une étiquette de schizophrénie. C'est à dire que les psychiatres confondent les deux. Ils rangent pêle-mêle des conditions très différentes sous une étiquette de "schizophrénie".

Les troubles psychologiques d'origine toxique ou médicamenteuse devraient être identifiés comme tels. Il y a plusieurs mécanismes possibles, par exemple: effet direct, effet par métabolites, effet par association de toxiques, effet sur le métabolisme, effet sur le système immunitaire, effet sur le système endocrinien, effet sur le système nerveux autonome et sur le système cardio-vasculaire, adaptation du corps à l'intoxication, syndrome de sevrage, dommages et séquelles, effets d'apparition retardée et effets retardés survenant inopinément des années après (flashbacks).

Les produits à considérer sont les produits psychoactifs, en particulier alcool, cannabis, hallucinogènes (PCP), stimulants (drogues et médicaments, antidépresseurs et methylphenidate), sédatifs et régulateurs de l'humeur (drogues et médicaments, neuroleptiques, benzodiazepines, etc.), autres produits et médicaments (mefloquine, tretinoine, antimigraineux, anti-hypertenseurs, anti-émétiques neuroleptiques, antalgiques forts, produits utilisés en rhumatologie, anticancéreux, etc.)

Les neuroleptiques en particulier sont accusés de fabriquer, entre autres, l'anhédonie, l'akathisie, les psychoses de sevrage et d'hypersensibilité adaptative, certaines catatonies (clozapine), les déficiences cérébrales chroniques, les dyskinésies.

Penser aussi aux polluants environnementaux, le plomb, le mercure, les autres métaux, les produits chimiques actifs industriels, agricoles ou domestiques.

Le traitement de l'intoxication repose sur l'arrêt de l'exposition au toxique. Dans le cas d'un médicament, le traitement c'est le sevrage, qui doit être aidé par le médecin.

D'autres conditions doivent être recherchées, en particulier:
  • La neuroborréliose, et d'autres infections.
  • Les maladies auto-immunes: le lupus et l'encéphalite à anticorps anti-NMDA.
  • Les traumatismes et les autres conditions neurologiques.
  • Les hypotensions orthostatiques chroniques qui peuvent donner des troubles psychologiques.
  • Des carences, en particulier en vitamine B12.
  • Des troubles endocriniens, cardio-vasculaires, respiratoires, rénaux.
  • Des conditions génétiques comme le syndrome de Di George.
  • Ce qu'on ne sait pas encore.

L'hypothèse des traumatismes émotionnels anciens non résolus et la diversité humaine

L'entente de voix, la médiumnité, la canalisation ou "channelling", le voyage astral, les talents chamaniques naturels, ne sont pas en soi un trouble, en particulier si la personne ne s'en plaint pas, mais ce peut être la simple diversité humaine.

Le rôle des traumatismes émotionnels présents et passés, connus ou non connus, en particulier ceux de la petite enfance, et aussi ce qui a trait aux vies antérieures, cela semble important dans la manifestation des troubles. Les études le confirment mais cette perspective est ignorée [12]. Certains usagers affirment que leur demande a été satisfaite par des approches psychocorporelles de réintégration de traumatismes émotionnels anciens. Tout cela suggère que les approches psychologiques, émotionnelles, psychocorporelles, de régression et de résolution pourraient aider certaines des personnes qui choisiraient ce chemin.

Certains usagers témoignent que les approches de mieux-être, par le changement des habitudes, des aliments, du mode de vie, du rapport à soi, à ses émotions, à son corps, à son entourage, à son environnement, tout cela a participé à leur guérison. Certaines personnes recommandent une démarche de développement personnel et l'épanouissement de sa spiritualité.

Les approches psychologiques permettant de mieux appréhender les émotions, les expériences, les croyances et les comportements peuvent aider aussi certaines personnes.

Les approches psychosociales de reprise de pouvoir sur sa vie, sur ses choix, ou "empowerment", de rétablissement ou "recovery" [14], ainsi que le soutien de pairs-aidants, tout cela peut aider certaines des personnes qui entreprennent ces démarches.

Que devrait-on dire?

Certaines personnes demandent à recevoir le diagnostic de schizophrénie, et considèrent que c'est un diagnostic médical et biologique valide. Certaines personnes trouvent que cela les aide. Pourtant cette étude montre que cela ne diminue pas la stigmatisation [13]. Mais au contraire le diagnostic peut-être un prétexte pour abuser de la personne et pour violer ses droits. Il semble très difficile de retirer l'étiquette du diagnostic de schizophrénie une fois que celui-ci a été porté. Certains survivants expliquent qu'ils ont du se libérer eux-mêmes de l'étiquette de schizophrénie.

Le médecin doit respecter le choix d'une personne qui refuse l'étiquette. Les étiquettes présentées abusivement comme des diagnostics médicaux se recoupent entre elles, et elles risquent de stigmatiser les personnes. Le médecin doit faire preuve de modestie, de modération, de prudence. "Primum non nocere", ne pas nuire à la personne. Le médecin ne doit pas accuser la personne, ni dire qu'elle est le problème. Le médecin doit rester au service de la personne elle-même, être de son coté, et non pas se mettre du coté de la famille ou de la société. Le médecin ne réprime pas, ne menace pas, ne punit pas, mais plutôt le médecin écoute, dédramatise, désamorce, désescalade, informe, propose et respecte la règle du consentement éclairé. Le médecin applique les directives anticipées. Le médecin doit respecter le secret médical et la vie privée de la personne.

On ne doit pas dire que la condition est inguérissable: c'est une contre-vérité. Non seulement les personnes guérissent mais davantage de personnes guérissent quand celles-ci n'ont pas été placées sous traitement neuroleptique de long-terme. On peut même supposer que chez certaines personnes, le traitement neuroleptique empêche la guérison naturelle.

Pour certaines personnes, cela fonctionne comme un piège. C'est comme une construction psychosociale qui comprendrait à la fois la condition, les médicaments, l'étiquette diagnostique, les systèmes de prises de décision substitutives, le traumatisme des hospitalisations forcées, le conditionnement idéologique reçu, le désespoir et le renoncement qui s'ensuivent.

Sortir peu à peu de cette construction psychosociale, c'est le rétablissement ou "recovery" [14]. Redonner pouvoir à la personne sur ses choix, la laisser prendre en charge son traitement, honorer ses demandes de baisser les doses ou d'arrêter le traitement par un sevrage progressif, proposer et accepter les approches non-médicamenteuses. La personne élabore un projet pour elle-même, on doit l'aider à réaliser cela.

L'approche médicale est-elle appropriée?

Par rapport à notre ignorance des causes des symptômes et des demandes, il semble dangereux de proposer d'emblée l'approche médicale, et de prescrire les médicaments neuroleptiques dits antipsychotiques. Ces médicaments sont des inhibiteurs des émotions, et ils empêchent la personne de fonctionner avec son potentiel. Les produits prescrits fabriquent certains symptômes, altèrent les moyens de la personne, masquent la nature des demandes, donnent des maladies, et endommagent le système nerveux et le cerveau de façon irréversible. Des usagers rapportent que leurs talents sont perdus à cause des traitements. Ces médicaments causent la mort prématurée de beaucoup de personnes [15]. Il est très difficile d'arrêter ces médicaments, et on a alors fabriqué une condition iatrogène chronique qui est la dépendance aux neuroleptiques. Cependant certaines personnes trouvent que les médicaments leur sont utiles et leur choix doit être respecté.

Il existe des approches non intoxicantes qui ont prouvé qu'elles donnaient de très bons résultats. L'approche Open-Dialogue [16] a démontré en Laponie de l'Ouest qu'elle empêchait la chronicisation des troubles, c'est à dire leur persistance sur plus de 6 mois.

Dans tous les cas, l'approche médicale proposée doit respecter la règle du consentement éclairé de la personne. C'est un viol des droits de la personne, et c'est assimilé à de la torture [20] que d'incapaciter une personne de force au moyen d'une camisole chimique de médicaments neuroleptiques qui sont souvent prescrits et re-prescrits à durée indeterminée. Les doses de cheval, les polymédications forcées, l'escalade dans la violence psychiatrique avec les contentions, les mises à l'isolement, les punitions, les humiliations, l'interdiction des visites, les endoctrinements forcés, les menaces, les destructions de biens et de réputation, tout cela représente des coups et blessures et des tortures infligées à la personne et ce sont des actes criminels.

On doit garantir plutôt le plein respect non-discriminatoire des droits de la personne (Convention CDPH ONU) [17], et la satisfaction des besoins sociaux: logement, sécurité, revenus et allocations, accès aux soins, aide judiciaire, reconnaissance du handicap.

On peut proposer les approches d'ouverture du dialogue avec l'entourage, les groupes d'entendeurs de voix, les lieux alternatifs gérés par les usagers. (Voir la liste ENUSP [18] de ces approches.)

Ronald David Laing, 1965. The Divided Self: An Existential Study in Sanity and Madness.



Références

[1] Dementia praecox oder Gruppe der Schizophrenien, Eugen Bleuler, 1911:
https://archive.org/details/b21296157/page/n6/mode/2up

[2] Eugenic theory and practice at the Burgholzli in the_beginning of the 20th century, B. Küchenhoff, 2003.
https://www.researchgate.net/publication/292895746_Eugenic_theory_and_practice_at_the_Burgholzli_in_the_beginning_of_the_20th_century

[3] Santé Mentale Europe: Petit Guide du Diagnostic en Psychiatrie.
https://mhe-sme.org/wp-content/uploads/2019/04/Petit-Guide-du-Diagnostic-en-Psychiatrie-FINAL.pdf

[4] Recovery from Schizophrenia: Psychiatry and Political Economy. Richard Warner
Psychology Press, 2004  (l'édition de 1985 est sur ce site.)

[5] World Health Organization. (‎1979)‎. Schizophrenia : an international follow-up study. Chichester : Wiley. https://apps.who.int/iris/handle/10665/41598

[6] Does treatment of schizophrenia with antipsychotic medications eliminate or reduce psychosis? A 20-year multi-follow-up study, M. Harrow, 2014:
https://www.mentalhealthexcellence.org/wp-content/uploads/2013/08/HarrowJobePsychMedMarch2014.pdf

Wunderink L., 2013. Recovery in Remitted First-Episode Psychosis at 7 Years of Follow-up of an Early Dose Reduction/Discontinuation or Maintenance Treatment StrategyLong-term Follow-up of a 2-Year Randomized Clinical Trial. JAMA Psychiatry.
http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1707650

[7] Link et al., (1999).Public Conceptions of Mental Illness: Labels, Causes, Dangerousness, and Social Distance. American Journal of Public Health, 89(9), 1328-1333; Perscosolido, et al. (2013). The ‘Backbone’ of Stigma: Identifying the Global Core of Public Prejudice Associated With Mental Illness. American Journal of Public Health, 103(5), 853-860.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1508784/

[8] Salize, H. J., Dressing, H. & Peitz, M. (2002). Compulsory Admission and Involuntary Treatment of Mentally Ill Patients – Legislation and Practice in EU-Member States. Brussels: European Commission.

[9] Priebe, Stefan & Bröker, Matthias & Gunkel, Stefan. (1998). Involuntary admission and posttraumatic stress disorder in schizophrenia patients. Comprehensive psychiatry. 39. 220-4. 10.1016/S0010-440X(98)90064-5.
http://www.researchgate.net/publication/13608566_Involuntary_admission_and_posttraumatic_stress_disorder_symptoms_in_schizophrenia_patients

[10] Large MM, Ryan CJ. Disturbing findings about the risk of suicide and psychiatric hospitals. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol 2014;49:1353–5.

[11] Transition of Substance-Induced, Brief, and Atypical Psychoses to Schizophrenia: A Systematic Review and Meta-analysis, B. Murrie, 2020:
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31618428/

[12] Heterogeneity in psychiatric diagnostic classification, Kate Allsopp, 2019:
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0165178119309114

Mark Shevlin Ph.D. Martin J. Dorahy D.Clin.Psych., Ph.D. Gary Adamson Ph.D. 2007:Trauma and Psychosis: An Analysis of the National Comorbidity Survey https://ajp.psychiatryonline.org/doi/full/10.1176/ajp.2007.164.1.166

Bebbington Paul E. et collègues, 2004: "Psychosis, victimisation and childhood disadvantage: Evidence from the second British National Survey of Psychiatric Morbidity" http://bjp.rcpsych.org/content/185/3/220.long

[13] Angermeyer MC, Holzinger A, Carta MG, Schomerus G. Biogenetic explanations and public acceptance of mental illness: systematic review of population studies. Br J Psychiatry. 2011;199(5):367-372. doi:10.1192/bjp.bp.110.085563

[14] Guide to Personal Recovery in Mental Health par Santé Mentale Europe:
https://www.mhe-sme.org/guide-to-personal-recovery/

[15] Do antipsychotics protect against early death: a review of the evidence. Robert Whitaker, 2020:
https://www.madinamerica.com/2020/05/do-antipsychotics-protect-against-early-death-a-review-of-the-evidence/

[16] The Comprehensive Open-Dialogue Approach in Western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care, Seikkula Jaakko et collègues, 2010:

[17] Convention Droits des Personnes Handicapées de l'ONU:
https://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/ConventionRightsPersonsWithDisabilities.aspx

Observation générale N°1 sur article 12:
https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

[18] Updated List of Good Practices Recommended by ENUSP, Olga Kalina, 2020.
http://enusp.org/2020/01/05/updated-list-of-good-practices-recommended-by-enusp/

Traduit en français:
https://depsychiatriser.blogspot.com/2020/04/la-liste-des-bonnes-pratiques.html

[19] Van Os Jim, 2016,  "Schizophrenia does not exist."
http://www.bmj.com/content/352/bmj.i37

Etude du collectif néerlandais "Schizophrenia does not exist", 2015
https://www.schizofreniebestaatniet.nl/schizophrenia-does-it-exist-or-not/

[20] Les interventions psychiatriques non-consenties "pourraient fort bien représenter des tortures". explique le Rapporteur de l'ONU sur la torture, dans son rapport du 14/2/2020 au Conseil des Droits de l'Homme.
https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/RegularSessions/Session43/Documents/A_HRC_43_49_AUV.docx

[21] Mary V. Seemana and Philip Seemanb, "Is schizophrenia a dopamine supersensitivity psychotic reaction?" Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry Volume 48, 3 January 2014, Pages 155-160
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278584613002194

[22] Chouinard G1, Samaha AN, Chouinard VA, Peretti CS, Kanahara N, Takase M, Iyo M.
"Antipsychotic-Induced Dopamine Supersensitivity Psychosis: Pharmacology, Criteria, and Therapy."
Psychother Psychosom. 2017;86(4):189-219. doi: 10.1159/000477313. Epub 2017 Jun 24.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28647739

[23} Moncrieff J., 2015. Antipsychotic Maintenance Treatment: Time to Rethink?
https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1001861

[24] Mathew Lander et collègues, 2018: Review of withdrawal catatonia: what does this reveal about clozapine?
https://www.nature.com/articles/s41398-018-0192-9

[25] Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217.
http://www.omicsonline.org/open-access/pharmacological-iatrogenesis-substancemedicationinduced-disordersthat-masquerade-as-mental-illness-2161-1165-1000217.php

[26] Un guide bien documenté sur les neuroleptiques
http://www.madinamerica.com/wp-content/uploads/2015/08/Guide-to-Minimal-Use-of-Neuroleptics-.pdf

[27] Effets secondaires des neuroleptiques:
Dr. David Healy "Side Effects of Antipsychotics", 2016
http://rxisk.org/side-effects-of-antipsychotics/

[28] Comment et pourquoi faire le sevrage des médicaments.
Peter Breggin, "Psychiatric Drug Withdrawal", 2013

[29] Les recherches d'un parent concerné par les produits prescrits à son enfant.
http://www.psychiatric-drug-effects.com/?Health_and_Social_Care_Practitioners_Mental_Health_Information___Antipsychotics_Side_Effects

[30] Le rétrécissement cérébral des patients étiquetés schizophrénie est du aux drogues administrées.
Beng-Choon Ho et al., 2011: "Long-term Antipsychotic Treatment and Brain VolumesA Longitudinal Study of First-Episode Schizophrenia"
http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=211084

[31] Goetsche P, 2015: "Does long term use of psychiatric drugs cause more harm than good?"
http://www.bmj.com/content/350/bmj.h2435

[32] Les "symptomes négatifs" sont liés à la toxicité des produits administrés, au traumatisme et au désespoir que la psychiatrisation provoque.

Luther L. et collègues, 2015: "Expectancies of success as a predictor of negative symptoms reduction over 18 months in individuals with schizophrenia."
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26162662/

[33] Akathisie aux neuroleptiques.
RxISK Medical Team, 2016, "What is akathisia?"
http://rxisk.org/akathisia/

[34] La cécité des médecins aux conséquences néfastes de leurs prescriptions.
Venomagnosia by David Healy
https://davidhealy.org/venomagnosia/

[35] La corruption par les laboratoires pharmaceutiques
Gøtzsche, Peter C (2015). Deadly Psychiatry and Organised Denial.

[36] Szasz, Thomas (1961). The myth of mental illness.
Szasz, Thomas (1987). Insanity: The idea and its consequences.
Szsaz, Thomas (1988) Schizophrenia - The Sacred Symbol of Psychiatry.

Ronald David Laing, 1965. The Divided Self: An Existential Study in Sanity and Madness.

[37] Collectif BPS, 2014: "Understanding Psychosis and Schizophrenia: A report by the Division of Clinical Psychology, Why people sometimes hear voices, believe things that others find strange, or appear out of touch with reality, and what can help."
https://www.bps.org.uk/system/files/user-files/Division%20of%20Clinical%20Psychology/public/understanding_psychosis_-_final_19th_nov_2014.pdf

[38] Gosden Richard, 2001, "Punishing the patient: How Psychiatrists Misunderstand and Mistreat Schizophrenia.
https://sites.google.com/site/punishingthepatient/

[39] The harmful concept of Schizophrenia: A cause related alternative for the harmful concept of
schizophrenia. Prof. Dr. Marius Romme.   
Annual Conference of M.H.N.A., Bournemouth 9 Nov. 2005
http://hearingvoicescymru.org/wp-content/uploads/2014/01/The_harmful_concept_of_schizophrenia.pdf

[40] Hickey Philip, juin 2014, "La psychiatrie n'a jamais établi la preuve de ses présupposés".
http://www.behaviorismandmentalhealth.com/2014/06/26/lingering-doubts-about-psychiatrys-scientific-status/

[41] Le Conseil Supérieur de la Santé Belge met en garde contre les classifications des "problèmes de santé mentale": DSM et CIM. Juin 2019.
https://www.health.belgium.be/sites/default/files/uploads/fields/fpshealth_theme_file/css_9360_dsm5.pdf

[42] Rosenham David, 1973, "On being sane in insane places".
http://www.bonkersinstitute.org/rosenhan.html

[43] Le témoignage de Will Hall: J'ai du me remettre du diagnostic de schizophrénie.
https://www.youtube.com/watch?v=0JmvGuGc17E

[44] De Leede-Smith Sakia, Barkus Emma, 2013, "A comprehensive review of auditory verbal hallucinations: lifetime prevalence, correlates and mechanisms in healthy and clinical individuals."
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3712258/

[45] Johns L.C,... 2014, Auditory Verbal Hallucinations in Persons With and Without a Need for Care
chizophrenia Bulletin, Volume 40, Issue Suppl_4, July 2014, Pages S255–S264,
https://doi.org/10.1093/schbul/sbu005

[46] Réseau français sur l’entente de voix
http://revfrance.org/

#Schizophrénie #Bleuler #Eugénisme #Ronald Laing

vendredi 5 juin 2020

Il n'y a pas une pilule pour chaque problème.

On ne doit pas faire de l'approche médicale une sorte de religion qui répondrait à toutes les demandes et à tous les besoins. Il n'y a pas une pilule pour chaque chose qui ne va pas. La réponse médicale appropriée à une condition somatique n'est pas forcément une procédure médicale ni un médicament. Cela peut être plutôt l'arrêt d'un médicament, l'arrêt d'une intoxication, un changement d'habitudes, un régime, la correction d'une carence. Toute demande et tout besoin n'est pas non plus une maladie du corps. Je pense qu'il faut se rappeller qu'en pratique l'approche médicale agit de façon plus ou moins appropriée ou inappropriée sur la matière biologique, mais elle ignore les dimensions sociales, relationnelles, psychologiques, émotionnelles et spirituelles de l'être humain. D'autres approches sont nécessaires: respect des droits de l'homme, satisfaction des besoins sociaux, ouverture du dialogue avec l'entourage et résolution des conflits, écoute, approches psychologiques, approches spirituelles.

Références:

"Il n'y a pas une pilule pour chaque problème". C'est Allen Frances qui le dit dans cette vidéo de 2019.

Le Dr Allen Frances a présidé la rédaction du DSM IV. Il explique le besoin de mettre un code, que les émotions ne sont pas des diagnostics, et qu'on ne devrait porter un tel jugement subjectif qu'au crayon, en minimisant le plus possible..

Cet homme dénonce aussi le droguage généralisé, inutile et nuisible de la population pour des déséquilibre chimiques bidon. Il dénonce le droguage des enfants pour déficit de l'attention, alors qu'il ne s'agit que d'immaturité. La psychiatrisation des difficultés psychosociales. Le droguage des personnes agées qui donne des maladies iatrogènes. Il propose des "Black Boxes" signalant le surdiagnostic sur les boites de médocs, l'arrêt du marketing et de la corruption par les labos, de prendre le temps de voir la personne longtemps et de façon répétée avant de prescrire les médocs pour laisser la résolution naturelle se faire. Eduquer le public et les médecins qu'il n'y a pas "une pilule pour chaque problème", il n'y a pas une solution facile aux difficultés de la vie. Souvent le traitement fait plus de mal que de bien, il rappelle la règle, qui est de ne pas nuire au patient: "primum non nocere".

jeudi 4 juin 2020

Halte au jargon en médecine!

Quand on représente l'autorité, quand on prétend à l'expertise, on ne doit pas employer les mots maladie, pathologie, diagnostic, à tort et à travers.

Pour permettre aux usagers de se défendre par rapport au jargon et aux abus de langage pratiqués par certaines spécialités, je vous propose quelques définitions de médecine.

- Un symptôme est un ressenti de la personne ou de son entourage. Un symptôme est plus ou moins subjectif, c'est à dire qu'il reflète la perspective de la personne ou de son entourage. Par exemple: "je me sens fatigué."

- Un signe (dit clinique c'est à dire observé au lit du patient) est une observation faite par le médecin lors d'un examen. Un signe est en principe objectif, c'est à dire qu'il est mesurable, avec un résultat à peu près identique si différents médecins répètent la même observation sur le même patient à un moment donné. Par exemple: Une mesure de tension artérielle.

- La sémiologie est l'étude des signes. Une "sémiologie" n'est pas une maladie, c'est du jargon. Se contenter d'identifier un syndrome c'est faire de la sémiologie, ce n'est pas faire un diagnostic.

- Un syndrome est un ensemble de symptômes et de signes, qui semblent corrélés statistiquement. C'est à dire que ces symptômes et ces signes se retrouvent souvent ensemble chez les patients, ce qui permet de supposer qu'il s'agit d'une condition commune. Par exemple: le syndrome prémenstruel.

- Une condition médicale est un état du corps particulier qui peut être caractérisé ou non. Ce n'est pas forcément une maladie. Par exemple la grossesse est une condition médicale mais ce n'est pas une maladie.

- Une condition génétique est une caractéristique de l'ADN. Il s'agit d'un signe qui n'est pas forcément péjoratif et qui peut refléter la diversité humaine.

- Un trouble est un syndrome ou un symptôme isolé qui est perçu de façon péjorative, c'est à dire quelque chose dont la personne se plaint, ou dont l'entourage se plaint. Par exemple: un trouble du sommeil.

- La nosologie est l'étude des troubles. Un trouble est par définition une entité nosologique. Cette expression "entité nosologique" ne désigne pas une maladie mais c'est du jargon.

- Une maladie est un trouble en principe caractérisé, c'est à dire que le trouble comprend un ou des signes spécifiques, caractéristiques, qui sont toujours présents, et qui sont exclusifs, c'est à dire qu'on ne les rencontre pas associés de cette façon dans d'autres conditions. Ces signes traduisent une ou des anomalies biologiques, et quelquefois des lésions. Par exemple la maladie migraineuse, qui comprend des signes neurologiques, vasculaires et inflammatoires présentant des caractéristiques spécifiques.

- La pathologie est l'étude des maladies. Une maladie n'est pas une "pathologie", c'est du jargon. La physiopathologie est l'étude des anomalies biologiques évoluant au cours d'une maladie. L'anatomopathologie est l'étude des lésions biologiques au niveau des tissus, qui peuvent être caractéristiques d'une maladie. Par exemple une lésion cancéreuse.

- Une blessure est une condition somatique consécutive à un traumatisme physique. Le traumatisme peut être occasionné par une procédure médicale. La blessure peut évoluer en maladie.

- Une intoxication est une condition somatique consécutive à l'exposition à un produit toxique. L'exposition au toxique peut résulter d'une prescription médicamenteuse. L'intoxication peut évoluer en maladie.

- Une infection est une condition somatique consécutive au développement d'un microbe ou,d'un parasite dans ou sur le corps. Le développement du microbe peut résulter d'une procédure médicale. L'infection peut évoluer en maladie. Si il ne s'agit que des conséquences de l'infection, on parle de maladie infectieuse.

- L'étiologie est l'étude des causes des conditions médicales observées. Les causes ne sont pas toujours des maladies. Ces causes peuvent être aussi des conditions génétiques, des blessures, des intoxications, des infections, des prescriptions et des procédures médicales, des gestes, des habitudes, des évènements, des conditions de vie, et tout ce qu'on ignore ou qu'on n'appréhende pas.

- Un diagnostic est le processus d'attribution causale des symptômes et des signes. Le diagnostic est une enquête qui consiste à soupçonner un ensemble de causes possibles. Toutes ces causes ne sont pas des maladies. On appelle quelquefois cette liste de causes possibles des diagnostics différentiels. L'enquête cherche à tester et à éliminer les causes possibles les unes après les autres. Le diagnostic n'est pas toujours certain. Il est quelquefois difficile de tester et d'éliminer certaines causes. Quand on a éliminé la plupart des causes, on parle d'un diagnostic d'élimination. Un diagnostic n'est pas une maladie, mais confondre les deux c'est du jargon.