mardi 19 juillet 2016

Une analyse mémétique de la psychiatrie

Par Luc.

Psychiatrie, psychopharmacologie: le marketing par les mèmes et les idées fausses.

Un mème est est un élément culturel reconnaissable répliqué et transmis par l'imitation du comportement d'un individu par d'autres individus. (Richard Dawkins, 1976).

La psychiatrie répond aux demandes qui ne respectent pas l'éthique.

Il me semble que les "maladies" psychiatriques ce ne sont pas des maladies mais des demandes. Demandes de violation des droits des personnes et demandes de fourniture de produits psychotropes, maquillées en demandes de soins médicaux. A mesure que la société ne tolère plus les abus, on a une explosion de ce type de demandes, faites d’hypocrisie, et cela fait vivre une industrie psychopharmacologique qui investit lourdement dans le marketing et la propagande. C’est un système de fourniture de services contraires à l’éthique. D’un coté fourniture de psychotropes, un peu comme l’industrie des boissons alcoolisées, caféinées, du coca ou du tabac, et de l’autre offre de services mafieux d’intimidation, de répression, de kidnapping, de dressage et d’esclavage pharmacologique des personnes. Le racket et le financement de cette mafia est assuré par les cotisations sociales obligatoires. La ruse consiste à faire passer cela pour de la médecine et de la science. La propagande est constituée d’un ensemble d’idées fausses et de maladies prétendues qui constituent un complexe mémétique.

Les "diagnostics" psychiatriques sont des mèmes, des entités culturelles propagées.

Plus un mème est utilisé, répété, assigné à des personnes, reconnu comme une identité, et faisant l'objet d'études et d'investissements financiers et légaux, plus on y croît, et plus il s'inscrit dans le langage et dans la culture.

Même si au départ ce n'est qu'un concept qui sert à maquiller et à médicaliser une demande de normalisation.

Le mème - diagnostic, objet de marketing.

Le mème psychiatrique est un objet de marketing pour l'industrie psychopharmacologique. Il sert à vendre des drogues dont les personnes deviendront dépendantes. Plus on en parle, plus on prescrira les médicaments supposés traiter la demande. C'est pourquoi l'industrie investit lourdement dans la promotion du mème, en finançant tous azimuts les publications, les études, la vulgarisation, l'endoctrinement du personnel de santé, de l'éducation, de la justice, du social,  les associations de patients, les médias, ou en faisant la promotion de la "prévention" qui est en fait une promotion de la "maladie", faite en élargissant la demande au lieu de la diminuer.

La promotion du mème va jusqu'à créer des modes, en présentant des artistes et célébrités "malades", c'est à dire demandeuses, en montrant le "cool" de se dire différent et "malade", en entretenant le mythe de l'artiste fou, etc...

Promotion d'idées fausses et de préjugés.

A ces mèmes directs s'ajoutent les mèmes des idées reçues, des préjugés, qui font aussi l'objet d'une promotion active. Le mème de la dangerosité, le mème de la nécessité de la contrainte, le mème de la prévention, comme la prétendue prévention du suicide, le mème du progrès des traitements, des nouvelles générations de produits, d'effets secondaires maîtrisés, tous ces mèmes sont des idées fausses utilisées comme des instruments de marketing.

Voici quelques unes de ces idées fausses

- Une demande psycho-sociale par défaut relève de la médecine, c'est l'objet de la psychiatrie, qui est compétente pour s'en charger selon le modèle patient/maladie/traitement. Faux: la convention ONU recommande de remplacer le modèle médical par le modèle psycho-social.

- Une telle demande psycho-sociale rentre dans le champ dit "santé mentale". Faux: le concept de "santé mentale" intègre le modèle médical dans le langage sans en démontrer la pertinence.

- Seuls les psychiatres (et à la rigueur les médecins) sont compétents pour tout ce qui touche à la "santé mentale", y compris les choix politiques. Faux: les choix politiques sont l'affaire des citoyens. Les usagers et survivants sont experts.

- Une demande médicale que la médecine ne comprend pas est une demande psychiatrique. Faux: c'est le mauvais médecin qui se tourne contre le patient et qui le drogue pour faire cesser la plainte.

- La médecine n'échoue pas, mais quand elle échoue ou s'avère inefficace, alors le recours à la psychiatrie est logique et approprié. Faux: Le médecin doit reconnaître et avouer ses limites au patient.

- Les psychiatres eux-mêmes sont immunisés contre le non-sens par une sorte d'immunité naturelle à caractère magique. Faux, l'histoire de la psychiatrie le prouve.

- Le modèle de la santé mentale idéale est défini par les croyances et les comportements des psychiatres eux-mêmes. Faux, un tel modèle n'existe pas.

- Ce qui diffère de ce modèle est suspect de maladie mentale. Faux, car la diversité humaine et culturelle est précieuse.

- Une croyance marginale ou non partagée est un délire, élément d'une psychose. Faux, les croyances majoritaires ne sont pas fondées, et la croyance doit être respectée au nom de la liberté de croyance dans les limites prévues par loi. La psychose correspond au rejet par le groupe provoqué par l'incompréhension.

- La diffamation et la violation des droits de la personne sont des demandes légitimes si le psychiatre identifie une marginalité de croyance ou de comportement. Faux: La liberté de croyance doit être respectée dans les limites prévues par loi. La loi est suffisante pour réprimer les comportements et doit respecter les principes de justice.

- Refuser une telle violation est un signe de psychose. Faux: c'est une saine réaction face à l'abus de pouvoir psychiatrique.

- Tout crime potentiellement n'en est pas un mais une maladie qui relève de la médecine. Faux: la médecine ne doit pas remplacer la pénologie. Justice équitable, sanction proportionnée. On le doit aux victimes, à l'auteur du crime, à la société elle-même.

- La médecine fait le bien, la psychiatrie aussi: c'est une qualité intrinsèque. Faux: l'erreur est humaine et les bonnes intentions ne suffisent pas.

- La médecine est scientifique, la psychiatrie aussi: c'est une qualité intrinsèque. Faux: les articles publiés en psychiatrie s'appuient sur des présupposés.

- Tout ce qu'entreprend un psychiatre est "thérapeutique" par définition. Faux: la privation des droits n'est pas une thérapie, ni la menace, ni le traumatisme, ni la coercion, ni la torture, ni la contention, ni l'isolement, ni le droguage, ni le dommage cérébral, ni l'endoctrinement.

- Refuser la psychiatrie, refuser ladite thérapeutique, et les personnes désignées elles-mêmes, tout cela est très dangereux. Faux: refuser la psychiatrie c'est assumer ses responsabilités, et les personnes ne sont pas dangereuses.

- La rémission de ladite maladie mentale est confondue avec la soumission au psychiatre, sauf pour les cas criminels qui eux, ne connaissent pas de rémission. Faux: la soumission au psychiatre est un conditionnement et le résultat d'un dressage, une forme d'esclavage moderne. Et la psychiatrie n'a pas à remplacer la pénologie.

- La guérison de ladite maladie mentale n'existe pas et n'est pas démontrable. Faux: La maladie n'a pas été démontrée non plus. La cessation de la demande est la guérison.

- La prescription d'une drogue par un médecin transforme la drogue prescrite en médicament et la personne dépendante de la drogue en patient traité. Faux: la prescription déresponsabilise l'usager seulement.

et caetera ...

La psychiatrie est une croyance, une sorte de culte psychopharmacologique.

A mon avis, l'ensemble de ces idées fausses constitue une mythologie, une croyance qui s'entretient et se propage par elle-même. Cet ensemble est le socle d'un complexe mémétique.



Lire:

Explosion de la prévalence des diagnostics psychiatriques:
https://psychiatriedroit.wordpress.com/2017/01/10/folie-en-amerique-centuplement-de-la-prevalence-de-la-maladie-mentale-en-un-siecle/


"Big brother is watching you" dans le film (1956) tiré du roman de G. Orwell "1984".

mercredi 18 mai 2016

Debat debout educ pop 27 mai 2016 à Paris: Abolition du traitement forcé en psychiatrie

Par Luc.

Débat du vendredi 27 mai 14h, Paris, place de la République:



https://educpopdebout.org/2016/05/31/jules-est-venu-nous-parler-de-labolition-de-la-psychiatrie/


J'ai présenté ces planches:







L'enregistrement est là:
https://www.mixcloud.com/Debout_Education_Populaire/jules-vient-nous-parler-de-labolition-de-la-psychiatrie-2705-14h/

La page avec les liens de bibliographie:
https://educpopdebout.org/2016/05/31/jules-est-venu-nous-parler-de-labolition-de-la-psychiatrie/




Torture psychiatrique: Isolement et contention dans les établissements dits de "santé mentale" en France:

La Controlleure générale des lieux de privation de liberté publie un dossier sur les pratiques d'isolement et contention en France:
http://www.cglpl.fr/2016/isolement-et-contention-dans-les-etablissements-de-sante-mentale/
Le rapport d'activité 2015 est là:
http://www.cglpl.fr/2016/rapport-dactivite-2015/

L'association Neptune a adressé le 25/3/16 au Comité ONU contre la torture un rapport alternatif à propos des conditions d’hospitalisation en hôpital psychiatrique au cours des années 2014/2015/2016 en France.
http://www.forumpsy.net/t1117-rapport-alternatif-du-25-mars-2016-au-comite-contre-la-torture-de-l-organisation-des-nations-unies#6569

Les statistiques de contrôle judiciaire 2015 sur le site du CRPA:
https://psychiatrie.crpa.asso.fr/IMG/pdf/2016-02-01-statistiques-2015-controles-judiciaires-hsc.pdf

Statistiques 2015 Scan-santé
http://www.scansante.fr/applications/statistiques-activite-PSY/submit?snatnav=&snatdoc=&mbout=&SeAnnee=15&SeReg=0&SePP=0&SeTailEt=0&SeAge18=0&SeNat=99&Submit=lancer+le+traitement
Statistiques 2014 ATIH France
http://www.atih.sante.fr/sites/default/files/public/content/2790/rapport_2014_psychiatrie.xlsx

Un article du journal Libération
http://www.liberation.fr/france/2016/05/25/un-rapport-fustige-les-derives-d-hopitaux-psychiatriques_1455035

Et ici:
http://www.allodocteurs.fr/maladies/psychiatrie/hopitaux-psychiatriques-un-rapport-denonce-des-pratiques-indignes_19553.html

vendredi 15 avril 2016

Abolition des electrochocs. Samedi 7 Mai, Montréal : Dixième rassemblement d'opposition aux électrochocs, réalisé à l'occasion de la fête des mères.

Samedi 7 Mai, Montréal : Dixième rassemblement d'opposition aux électrochocs, réalisé à l'occasion de la fête des mères.
Ce rassemblement a pour thème "Arrêtons la violence à l'égard des femmes, des mères et des grands-mères.
Deux électrochocs sur trois sont administrés à des femmes!
Les femmes de plus de 60 ans reçoivent le plus d'électrochocs!
Ce rassemblement est organisé par le Comité Pare-Chocs en collaboration avec le groupe Action Autonomie.

https://www.facebook.com/comite.parechocs/?fref=photo

http://www.actionautonomie.qc.ca/parechocs/parec.html

Même jour, Mind Freedom Ireland appelle à manifester contre les électrochocs à Cork.

http://www.mindfreedomireland.com/

https://www.facebook.com/MindFreedom-Ireland-153584088036335/

Une enfant de 16 ans condamnée par le juge irlandais à avoir le cerveau endommagé par électrochocs forcés.

http://www.irishtimes.com/news/crime-and-law/courts/high-court/hse-seeks-order-to-allow-depressed-girl-be-treated-with-ect-1.2614947



mardi 29 mars 2016

La psychiatrisation forcée nuit gravement à la santé

Même sans discuter le modèle médical, ni évoquer la question des droits de la personne, il est prouvé que le traitement forcé est gravement nuisible.

La psychiatrisation forcée n'est pas dans l'intérêt médical de la personne mais au contraire lui nuit gravement : risque de suicide accru, destruction de la relation thérapeutique, psychomédication de long terme, iatrogénie, mauvais résultats.

L'article de Robert Whitaker dans le cadre de la campagne "No Forced Treatment" (en anglais):

"Medical Science Argues Against Forced Treatment Too"

http://www.madinamerica.com/2016/03/medical-science-argues-against-forced-treatment-too/


jeudi 24 mars 2016

12 trucs que croient les psychiatres et qui vont vous énerver par Pink Belette

1: Sur la souffrance : si vous souffrez autant, c'est disproportionné, donc pathologique. C'est donc votre cerveau qui déconne. Inutile de chercher d'ou vient la souffrance, c'est congénital, vous n'y pouvez rien.

2: Si vous êtes schizo, maniaco, etc... , c'est à vie. Mais bon, une maladie mentale, c'est comme un diabète, ça se traite mais ne se guérit pas. (Citation d'une infirmière : « la psychiatrie n'a pas pour vocation de guérir »)

3: Tout médicament a des effets secondaires, c'est normal, donc.

4: Vous voulez dire que c'est le vécu de la personne qui l'a rendu malade ? « Oh, vous savez, c'est comme l'histoire de la poule et de l'oeuf, on ne peut pas savoir qui était là avant » (cit.!)

5: Si vos parents toxiques persistent à s'inviter dans la loge du psychiatre, sachez que : les parents ont toujours raison et sont évidemment toujours bienveillants à l'égard de leur enfant. Ils déforment tous vos propos, faits et gestes ? C'est vous qui n'êtes pas dans la réalité et c'est vous qui les faites beaucoup souffrir avec votre maladie, soyez-en conscients

6: Plus la dose prescrite est forte, plus vous allez vous remettre rapidement, on pourra toujours baisser après, pour un « traitement au long cours »...

7: Vous parlez de votre âme comme si elle existait et avait la plus grande importance, c'est forcément un délire mystique de votre cerveau malade

8: Vous demandez des preuves scientifiques, le Vidal, des explications, bref vous êtes en opposition et il faut vous remettre à votre place de malade qui est censé écouter et obéir au médecin.

9: Règle absolue : Il ne faut jamais dire à un psychiatre « vous n'avez pas le droit » (bien sûr, les psychiatres ont tous les droits même s'ils n'ont pas d'arguments).

10 : Vous trouvez que l'ambiance dans le service est totalitaire et osez émettre des critiques : c'est donc que vous avez un grave trouble du comportement.

11 : « Ah non, les neuroleptiques n'affectent pas les capacité intellectuelles »...
Mais non, ils ne rendent pas malheureux, dépressif, angoissé, c'est votre maladie et il faut donc revoir votre traitement à la hausse ou changer pour une molécule plus lourde qui va vous anesthésier la conscience, vous verrez, vous n'aurez même plus conscience d'être dans la merde...

12 : « Vous êtes en soins sous contrainte, donc c'est nous qui sommes responsables de vous, vous perdez vos droits, etc »...
Le patient : « et vous, vis-à-vis de moi, vous êtes redevable de quoi ? »
« Je vous triple la dose, vous avez de graves troubles du comportement » (cit. d'une psychiatre lors d'un premier entretien)

samedi 19 mars 2016

La psychiatrie en France, zone de non-droit par Pink Belette

Une patiente française sous contrainte fait son « audit » dans le cadre de la campagne pour soutenir l’Abolition totale des soins et de l’hospitalisation sans consentement en application de la CDPH de l’ONU

 

Pourquoi je suis contre les « soins sous contrainte » :

On pourrait croire que, au pays de la liberté, on a encore droit à son intégrité morale et physique.
Rien n'est plus faux. Par experience, impossible pour quiconque d'échapper à un soin sous contrainte (SPDT, « soin à la demande d'un tiers » ou « péril imminent »).
Il suffit que : une personne la demande (que ce soit la famille, un voisin...), qu'on soit « pas bien », déstabilisé, agité, « instable », en colère, dépressif, sur la défensive, « en opposition », « délirant », amaigri, boulimique, fumeur de shit, drogué...
Il suffit aussi qu'on refuse l'hospitalisation ou un traitement pour que les médecins se relaient pour demander un soin sous contrainte. Une fois hospitalisé, « on » vous fait comprendre que vous perdez vos droits à la personne, l'argument étant : « maintenant on est responsable de vous pour TOUT »... Par contre, vis-à-vis de vous, « on » n'est responsable de rien...

Depuis la loi Bachelot du 5 Juillet 2011, en particulier si on a le malheur de contester le diagnostic ou le traitement, c'est alors après la sortie d'hospitalisation qu'on ne peut plus se débarrasser de la contrainte, et c'est là que c'est le plus pervers : injections forcées, consultations obligatoires avec un praticien hospitalier non choisi (à la rigueur, on a le choix entre deux médecins).
Le pire : si on refuse de se rendre au centre médico-psychologique du secteur assigné, la police vient gentiment vous cueillir chez vous pour vous hospitaliser en soins obligatoires à un degré encore plus coercitif (SPDRE, « sur la demande de l'Etat ») et sur un temps plus long et sans contact autorisé avec l'extérieur (!) jusqu'à ce qu'il aient réussi à réduire votre volonté à néant. Ainsi, il arrive que les personnes concernées doivent abandonner leur logement pour « vivre » en psychiatrie (parfois pendant des dizaines d'années, voir le cas de Dimitri Fargette)...

Je suis témoin : en France, il y a réellement du souci à se faire...
  1. Il n'y a aucune alternative à la psychiatrie institutionnelle (lobbying des psychiatres ET de l'industrie pharmaceutique contre d'autres formes de thérapies) ;
  2. Aucune littérature ou culture antipsychiatrique (des « survivants », il n'y en a pas...)
  3. L'Ordre des Medecins Psychiatres qui suspend : tout psychiatre « en décalage » avec le système consensuel (d'après le Dr. O.G, psychiatre libéral et ex-chef de clinique) ;
  4. L'Ordre des Medecins Psychiatres qui suspend : un psychiatre responsable de la mort d'une patiente... seulement pour 2 semaines (voir l'affaire Florence Edaine)
  5. La « Mafia des tutelles » : tout patient faisant des séjours répétés est automatiquement placé sous curatelle ou tutelle (sans consentement, c'est renforcé)...
  6. Des mères se voient enlever leurs enfants immédiatement après la pose d'un diagnostic de maladie mentale ; jamais de scandale médiatique...
  7. On fait comprendre aux femmes en âge de procréer qu'il faut surtout adopter la contraception, en sous-entendant qu'on leur enlèverait leur enfant de toute façon. Ce qu'on ne leur dit pas, c'est que tous les neuroleptiques passent la barrière placentaire, c'est pourquoi j'ai entendu parler d'autant de cas d'avortements spontanés chez les femmes sous traitement. Dixit une infirmière, on donne de l'Haldol aux femmes enceintes, ce qui « prouverait » soi-disant « le peu de nocivité de l'Haldol » (!). Jamais d'étude là-dessus ni de scandale médiatique...
  8. Des services fermés qui regorgent de dépressifs qui ne sont pas en « péril imminent » et qui se sentent surtout mal de recevoir par exemple 4(!) antidépresseurs à la fois...
  9. Une cellule d'isolement toujours occupée (appelée « chambre de soins intensifs »!), ce qui participe du « folklore »...
  10. « Abonné une fois, abonné toujours » : les traitements qu'on ne peut plus JAMAIS arrêter ;
  11. Aucune étude à long-terme sur les effets des psychotropes...
  12. Aucun recours en cas d'abus psychiatriques (système interne de « médiation » caduc : mal vous en prend d'écrire une lettre au directeur de l'établissement...)
Pourquoi je suis contre ce nouveau système de « Juge des Libertés et Détentions » (relatif à la loi du 27 septembre 2013) :

On vous fait croire que c'est une voie de recours. Rien n'est plus faux, à part en cas de vice de forme (ce qui n'arrive quasiment jamais, puisque les psychiatres ont intérêt à ce que la procédure se passe en bonne et dûe forme). Au contraire, c'est un enfermement de plus...
  1. Le juge n'est pas psychiatre, il se garderait bien de remettre en question le jugement des médecins sur le fond. Par contre, on lui a expliqué que tout patient qui conteste le traitement est en « opposition », ce qui constitue déjà une preuve de « déni de maladie ».
  2. Les médecins y trouvent donc une voie bien pratique pour se décharger de leurs responsabilités, puisque « c'est le juge qui décide ». Et alors on voit défiler les patients dans le bureau du juge, accompagnés d'un soignant : « on vous amène Mme X »...
  3. On vous octroie un avocat commis d'office une semaine avant, mais qu'on ne peut pas contacter avant. Le jour de l'audience, c'est 15 minutes pour faire connaissance et se préparer, et ceci « dans les cases »...
  4. Ce qui est très alarmant, c'est qu'on ne trouve pas d'avocat en libéral, à part peut-être à Paris, et seulement pour un recours aux assises.
  5. Le juge prétexte qu'il ne peut lever le soin sous contrainte si c'est à la demande du directeur de l'établissement. Or, toutes les demandes de mise en soins sous contrainte passent par l'approbation du directeur. Tout le monde se donne bonne conscience, donc ;
  6. Une fois l'audience terminée (10 minutes), où l'on se voit déstabilisé, accusé et mis en doute, le juge « ordonne » le maintien en hospitalisation complète et de la mesure de contrainte, ce qui confère force de loi aux médecins (et donc une impunité totale) et SURTOUT donne encore plus de poids à la mesure.
  7. Inutile de préciser que si on était encore crédible avant, on ne l'est plus du tout et c'est définitif. Si on refuse de signer la feuille ou de comparaître, c'est pire, et on s'attire les foudres des médecins et du personnel soignant, qui vous mettent la pression, vous humilient et vous maltraitent. On ne peut pas non plus refuser que l'audience ait lieu.
  8. Le juge sait pertinemment qu'il s'agit d'une volonté potitique de faire taire les « récalcitrants » par voie chimique et coercitive. Il y adhère donc pleinement.

Pourquoi je suis contre les traitements forcés :

J'insiste sur le fait que les psychiatres hospitaliers ont les pleins pouvoirs sur le choix et le dosage des traitements, il ne s'agit JAMAIS d'un consentement éclairé. La « balance bénéfice-risque » est toujours de leur côté, même en cas de surdosage, même si la personne prend déjà 17 médicaments et pèse 200kg (ce qui est le cas d'une amie à qui on a donné Zyprexa ET Xeroquel suite à quoi elle a fait un accident vasculaire cérébral). Ils ne sont jamais responsables des effets secondaires non plus et vous orientent « gentiment » vers votre généraliste...

De plus, c'est toujours les médecins qui « décident » à votre place si vous allez bien ou non, et ce, même s'ils ne vous connaissent pas ou vous on vu seulement 5 minutes...
L'effet pervers de la chose, c'est que c'est tellement insupportable d'être enfermé et camisolé chimiquement qu'au bout d'un mois, on fait semblant d'aller mieux, on renie ses opinions et on arrête de se plaindre des effets secondaires pour pouvoir sortir, sous peine de se voir diagnostiquer en plus des « troubles du comportement » et un « déni de la maladie»...

J'AI ETE TORTUREE : au Zyprexa (surdosage), au Solian, au Tercian, au Risperdal (8 mg pour un poids de 50 kg), à l'Haldol (90 gouttes par jour) et « shootée » au Valium (40mg!)...
Le médecin et le personnel infirmier refusaient de prendre en compte : les troubles de l'élocution, tremblements, convulsions, dyskinésies, impatiences insupportables, angoisses mortelles, envie de mourir et tortures psychiques (« enfer » mental) qui ont apparu immédiatement et ont même empiré avec le temps. Je me suis battue en vain en plaidant que les neuroleptiques anesthésient la conscience, font perdre la mémoire, rendent docile et influençable, rendent dépressif et encore plus anxieux, affectent les capacités intellectuelles et détruisent l'âme.
J'ai également été mise plusieurs fois en isolement avec violences de la part du personnel ET des employés de la sécurité, alors que je n'ai JAMAIS été agressive. J'ai été mise sous contention, j'ai été déshabillée de force, j'ai été déshydratée, humiliée, bafouée, maltraitée...

Aujourd'hui, même si j'ai droit à un traitement « moins inhumain », l'Abilify en injectable (après une 4ème tentative de suicide), je reste « accro » au Valium, traumatisée et toujours en alerte, dans l'angoisse de manquer à mes « obligations » ou de faire mauvaise impression, sans parler de l'absence totale de perspectives, de motivation et de joie dans ma vie, sans parler de ma vie affective qui est une misère (mort spirituelle, isolation, dépression, anxiété...).

Ma carrière artistique, qui avait débuté avec succès, a été définitivement brisée pendant mes meilleures années (la trentaine) et je suis aujourd'hui dans l'incapacité de créer alors qu'avant je foisonnais d'idées et me donnais les moyens pour les mettre en œuvre. Il est également trop tard et trop compliqué pour moi maintenant pour devenir mère.
Je vis dans la précarité à la charge de l'Etat.

Pourquoi j'ai toujours été opposée à leurs « diagnostics » pathologisants :

Je suis une personne ayant vécu les pires traumatismes dans la petite enfance (viols et abus, harcèlement), dont la plupart des souvenirs sont remontés plus de trente ans après, ce qui a grandement affecté mon équilibre psychique. J'ai malheureusement dû constater que, d'après les psychiatres (pour autant qu'ils m'aient crue...), il n'y aurait aucune relation de cause à effet entre ce que j'ai subi et mes troubles (!), ce qui est tellement énorme et risible qu'on aurait plutôt envie d'en pleurer...

J'ai pu constater, à l'instar de la Dre Muriel Salmona, seule psychiatre en France à ma connaissance qui aborde la souffrance psychique sous l'angle du trauma, qu'en France, aucune prise en charge spécifique n'est prévue ou proposée, et après 8 ans de psychiatrie, aucun médecin à ce jour ne m'a diagnostiqué un syndrôme de stress post-traumatique avec dissociation, ce qui pourtant devrait être le cas après des viols dans la grande majorité des cas selon la Dre muriel Salmona ( Association Mémoire Traumatique et Victimologie ). Je n'ai quasiment jamais pu faire de travail thérapeutique avec un psychiatre.

Quant à leur diagnostic de schizophrénie, il n'a jamais été étayé, expliqué ou argumenté, et mon dossier a été établi sur des « observations » des médecins et de simples « impressions » du personnel soignant... J'ai constaté également que parler de spiritualité conduisait immanquablement à un diagnostic de « délire mystique », donc, selon eux, de schizophrénie.

J'en conclus que l'enfermement et leurs mauvais soins n'ont fait qu'en rajouter à mes traumatismes, je ne crois pas un seul instant que leurs maladies imaginaires résultent d'un déséquilibre chimique dans mon cerveau ou d'une quelconque « maladie » biologique, je sais que les effets des neuroleptiques sont catastrophiques à long-terme et je suis totalement en accord avec de nombreux anti-psychiatres à l'international, dont le Dr. Peter Breggin, Joanna Moncrieff, David Healy, Robert Whitaker, Thomas Szasz, Peter Goetzsche et autres... (cf. le site madinamerica.com).

CONFORMEMENT À LA CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR LES DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES, ARTICLES 12, 14 ET 15, TEL QU’INTERPRÉTÉ DANS L’OBSERVATION GÉNÉRALE NO. 1 ET LES LIGNES DIRECTRICES SUR L’ARTICLE 14, ET AUX PRINCIPES DE BASE ET LIGNES DIRECTRICES PUBLIEES PAR LE GROUPE DE TRAVAIL SUR LA DETENTION ARBITRAIRE DE L’ONU, PRINCIPE 20 ET LIGNE DIRECTRICE 20, JE PLAIDE POUR L’ABOLITION TOTALE DE LA PSYCHIATRIE COERCITIVE ET DES TRAITEMENTS FORCES.
 
JE REVENDIQUE TOUS MES DROITS A LA PERSONNE EN TANT QUE FEMME MAJEURE PROTEGEE, PERSONNE HANDICAPEE, EN PARTICULIER LE DROIT INALIENABLE DE DISPOSER PLEINEMENT DE MON CORPS ET DE MON ESPRIT SANS CHIMIE IATROGENE, DE MA LIBERTE INCONDITIONNELLE.
 
JE CONSIDERE LA PSYCHIATRIE INSTITUTIONNELLE ET SES PRATIQUES COERCITIVES COMME UN CRIME CONTRE L'HUMANITE, UNE ATTEINTE A LA DIGNITE ET A LA LIBERTE DE PENSEE.

Pink Belette, Mars 2016