lundi 5 décembre 2016

Présidentielles 2017: mes propositions aux candidats concernant la psychiatrie

France, des réalités ignorées:

Les prescriptions psychopharmacologiques provoquent des maladies iatrogènes coûteuses, handicapantes, non diagnostiquées comme telles (Lucire, 2016, Breggin 2013, Healy 2016) (une maladie iatrogène est une maladie provoquée par les pratiques médicales elles-mêmes).

La "schizophrénie" guérit chez les personnes qui font le sevrage des produits psychiatriques (Wunderlink 2013, Harrow 2014).

La "schizophrénie" ne se constitue pas, là où les approches psychothérapeutiques inclusives de dialogue ouvert sont pratiquées (Seikkula 2011).

Les droits des personnes ne sont pas respectés en psychiatrie en France. Les personnes psychiatrisées sans consentement ont moins de droits que les détenus et les abus sont en augmentation constante. Le traitement forcé et les contentions sont des tortures psychiatriques commises avec l'argent des cotisants. (Rapport de la Controleure des lieux de privation de liberté 2016, Statistiques ATIH Santé 2015).

Les engagements français vis à vis de la Convention Droits des Personnes Handicapées de l'ONU ne sont pas respectés (Convention CDPH, Commentaire Général 1 sur article 12, et Guidelines on article 14).

La profession médico-psychiatrique française s'arqueboute sur un modèle médical dépassé (Convention CDPH, introduction). La corruption pratiquée par l'industrie psychopharmaceutique concerne les médecins, les médias, les universitaires, les associations (Base transparence santé).


Psychopharmacologie: changer les règles du jeu.

Le mode de fourniture des substances psychoactives est un choix politique citoyen et non pas l'apanage d'une corporation.

Les produits psychoactifs sont des pièges pour la condition humaine. Les choix sont politiques: pourquoi faire la guerre à la drogue d'un coté et prescrire les mêmes drogues à des enfants de l'autre coté ? Pourquoi prescrire le droguage forcé des personnes qui nous ennuient ? (Szasz)

Psychopharma c'est une industrie comme celle du tabac ou des boissons alcoolisées. Les choix politiques déterminent les conditions des marchés. La prescription forcée est à bannir. La publicité est à interdire. La responsabilisation de l'usager est nécessaire. La prescription doit se limiter aux adultes demandeurs et doit s'accompagner d'une information authentique, complète sur les dangers des produits. Toute demande de sevrage doit être facilitée. La profession médicale qui se laisse corrompre par le pouvoir et l'argent doit être punie et dépouillée de ses prérogatives. Il n'y a pas à tolérer la corruption médicale.

Les systèmes actuels de validation des indications psychopharmacologiques sont aberrants, car ils reposent sur les présupposés psychiatriques, sur du court terme, qu'ils ignorent les phénomènes de sevrage et les difficultés que les personnes psychomédiquées éprouvent pour apprécier leur condition. Enfin, ils se prêtent aux manipulations des données (Whitaker). Les inventions des psychiatres sont à dénoncer et à sanctionner comme du charlatanisme (Szsaz, Davies). Les médias, les revues scientifiques et les universités ne doivent pas recevoir d'argent de psychopharma non plus (Davies, Gøtzsche).

Je pense qu'idéalement, il faudrait séparer les industries de la pharmacologie non psychoactive de psychopharma et qu'aucun labo ne fasse les deux types de médicaments. Puis appliquer des contrôles spécifiques plus sévères sur psychopharma, en particulier vis à vis des effets sur la mémoire, la conscience de sa condition, le caractère neurotoxique des produits, les dépendances, accoutumances et syndromes de sevrage et les effets à long terme sur le système nerveux.


Les produits psychoactifs sont des pièges pour la condition humaine.

En plus des phénomènes d'accoutumance, de dépendance, des syndromes de sevrage et des dommages chroniques, les points importants me semblent:
  • Mémoire. en particulier mémoire à court terme, dont l'absence expose à agir dangereusement, et mémoire de la condition antérieure à la prise du produit.
  • Conscience de sa condition, et comment elle est affectée par le produit (Breggin).
  • Sensibilité à autrui, empathie, compassion: son absence expose aux transgressions morales.
  • Préservation des facultés intellectuelles qui sont indispensables pour s'informer et disponibilité d'une aide à l'information sinon.
  • Préservation de la volonté, possibilité d'assumer responsabilité sur ses actes et sa consommation: cela demande aussi que la personnalité soit respectée.
  • Non-incitation culturelle, médicale ou légale. Culturelles, par exemple alcoolisme professionnel, les pires sont la contrainte légale, la contrainte familiale, la prescription aux enfants et la contrainte éducative, enfin la prescription médicale qui fait que la consommation devient un devoir et une raison "scientifique".
  • La possibilité de se sevrer et d'être aidé pour cela.
  • La possibilité d'être aidé pour faire face à ses difficultés personnelles financières, sécurité, logement, mais aussi personnelles, existentielles ou spirituelles, familiales, professionnelles, juridiques.


Pourquoi agir ?

Parce que le système actuel est humainement désastreux, parce que les enfants sont déjà victimes et que leur futur est compromis, parce que les droits des personnes sont violés, parce que la torture psychiatrique devient de plus en plus répandue et banalisée, parce que l'éthique médicale n'existe plus, parce que la corruption et la déresponsabilisation se généralisent, parce que la dystopie psychiatrique dénoncée depuis des décennies par les usagers devient réalité (Toronto 1982).

La France doit honorer ses engagements envers l'ONU et progresser enfin en direction de l'implémentation de la Convention CDPH, dans ses lois et dans ses pratiques.


Quelques idées:

  • Redonner pouvoir à la personne sur son traitement. (Approche centrée sur la personne, Breggin).

  • Accepter les demandes de sevrage des produits psychiatriques et former les médecins au sevrage (Breggin).

  • Mieux communiquer avec les patients sur les limites des produits psychiatriques et sur leurs dangers. Privilégier les durées de prescription courtes. Arrêter la prescription psychiatrique aux enfants.

  • Apprendre aux médecins à reconnaître les effets des produits sur les fonctions cognitives, à diagnostiquer un syndrome de sevrage aux produits psychiatriques, à rechercher des signes de dyskinésies, d'hypertonie, d'akathisie et à diagnostiquer le dommage cérébral chronique provoqué par la consommation des produits psychiatriques (Breggin).

  • Mettre en place des approches de type Dialogue Ouvert, dédramatiser les situations, sortir l'entourage de la peur (Seikkula).

  • Renoncer au modèle médical et aux diagnostics qui n'ont pas été caractérisés biologiquement par des pathologistes, parce que ces étiquettes pérennisent les situations, et qu'elles constituent une stigmatisation et fabriquent des dépendances. A moins que la personne elle-même n'en fasse la demande, et qu'elle puisse faire abroger l'étiquette sur simple demande.

  • Conformer la législation française à la Convention Droits des Personnes Handicapées: arrêt des sytèmes de prise de décision substitutives comme le traitement forcé, les hospitalisations forcées ou les tutelles.

  • Redonner pouvoir aux usagers et aux citoyens sur les questions psycho-sociales. Le rapport 2016 de Michel Laforcade me semble dicté par la corporation medico-psychiatrique et n'audite que les associations de familles, mais pas les usagers. Conflit d'intérêts non mentionnés, ignorance des documents ONU.

  • Briser le monopole idéologique et ouvrir l'espace universitaire médical aux usagers et aux survivants de la psychiatrie, ainsi qu'aux critiques des présupposés psychiatriques.

  • Il n'y a pas à tolérer la corruption médicale pratiquée par l'industrie psychopharmacologique. L'éthique médicale doit être rétablie et des sanctions imposées.


Références:

Lucire Y (2016) Pharmacological Iatrogenesis: Substance/Medication-Induced Disorders That Masquerade as Mental Illness. Epidemiology (sunnyvale) 6:217. doi:10.4172/2161-1165.1000217.
http://www.omicsonline.org/open-access/pharmacological-iatrogenesis-substancemedicationinduced-disordersthat-masquerade-as-mental-illness-2161-1165-1000217.php

Breggin Peter, (2013), Psychiatric Drug Withdrawal: A Guide for Prescribers, Therapists, Patients and their Families.
http://breggin.com/

Healy David (2016)  Side Effects of Antipsychotics.
http://rxisk.org/side-effects-of-antipsychotics/

Wunderink L. (2013) Recovery in remitted first‐episode psychosis at 7 years of follow‐up of an early dose reduction/discontinuation or maintenance treatment strategy: long‐term follow‐up of a 2‐year randomized clinical trial. JAMA Psychiatry 2013;70:913–920.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23824214

Harrow M.
(2014) Does treatment of schizophrenia with antipsychotic medications eliminate or reduce psychosis? Psychological Medicine:doi:10.1017/S0033291714000610doi:10.1017/S0033291714000610
http://www.mentalhealthexcellence.org/wp-content/uploads/2013/08/HarrowJobePsychMedMarch2014.pdf

Seikkula, J., Alakare, B., & Aaltonen, J. (2011). The comprehensive open-dialogue approach in western Lapland: II. Long-term stability of acute psychosis outcomes in advanced community care. Psychosis, 3(3), 192–204.
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17522439.2011.595819

Statistiques ATIH Santé 2015
http://www.atih.sante.fr/analyse-de-l-activite-hospitaliere-2015

Rapport 2015 de la Controleure des lieux de privation de liberté:
http://www.cglpl.fr/wp-content/uploads/2016/03/2015_DP_entier_DEF.pdf

La convention ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH)
http://www.un.org/french/disabilities/default.asp?id=1413

L’Observation générale n° 1 sur l’article 12
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/CRPD/Pages/GC.aspx

Guidelines on article 14
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CRPD/GC/GuidelinesArticle14.doc

Rapport 2016 de Michel Laforcade sur la psychiatrie:
http://social-sante.gouv.fr/ministere/documentation-et-publications-officielles/rapports/sante/article/rapport-de-michel-laforcade-relatif-a-la-sante-mentale


Base transparence santé France:
https://www.transparence.sante.gouv.fr/

Szasz, Thomas (1961). The myth of mental illness.

Szasz, Thomas (1987). Insanity: The idea and its consequences.

Szasz, Thomas, (2007): The medicalization of everyday life.


Whitaker, Robert, (2011) : "Anatomy of an Epidemic: Magic Bullets, Psychiatric Drugs, and the Astonishing Rise of Mental Illness in America"

Davies, James (2014). Cracked, the unhappy truth about psychiatry.


Gøtzsche, Peter C (2013). Deadly Medicines and Organised Crime: How big pharma has corrupted healthcare.

Healy, David (2012). Pharmageddon.

Toronto 1982: Déclaration de principes de la 10 éme Conférence internationale sur les droits de l'homme et l'oppression psychiatrique.
http://www.psychiatricsurvivorarchives.com/phoenix/phoenix_rising_v3_n2.pdf




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